Quand un pays sort des unes, la souffrance n arrête pas pour autant. L Afghanistan, décrit comme oublié et isolé au niveau international, accueille encore une population qui a subi des décennies de guerre. Lundi à Kaboul, la directrice des opérations du Comité international de la Croix-Rouge a plaidé pour que ce peuple ne soit pas abandonné. Son message, livré à l issue d une visite de plusieurs jours, repose sur des constats précis : des besoins humanitaires significatifs, un système de santé en train de s effondrer, un chômage important. Rien de plus, rien de moins. C est déjà assez pour comprendre pourquoi le silence médiatique pèse.
Une Population Qui Lutte Pour Survivre
Yasmine Praz Dessimoz a résumé la situation en une phrase nette. Nous voyons une population qui lutte pour survivre avec des besoins humanitaires significatifs, un système de santé qui est en train de s effondrer, un niveau de chômage important. Ces mots, prononcés à Kaboul, donnent le cadre de tout le reste. Ils ne décrivent pas une crise lointaine. Ils décrivent un quotidien observé pendant une visite de plusieurs jours.
Le pays n est pas souvent dans la lumière des médias ni même des discussions de haut niveau à l international. Cette absence de lumière n efface pas les cliniques qui ferment, ni les enfants en danger, ni les blessés des guerres. Elle rend seulement plus difficile le maintien de l aide. La responsable du CICR l a dit sans détour : les communautés afghanes ne doivent pas être abandonnées.
Nous voyons une population qui lutte pour survivre avec des besoins humanitaires significatifs, un système de santé qui est en train de s effondrer, un niveau de chômage important.
Yasmine Praz Dessimoz, directrice des opérations du CICR
Le Comité international de la Croix-Rouge n est pas épargné par la baisse des montants de l aide internationale et des dons. Pourtant, l organisation a gardé l Afghanistan dans le top 5 de ses opérations mondiales. Ce choix n a rien d anodin. Il signifie que, même avec moins de ressources, le pays reste parmi les priorités opérationnelles. Il signifie aussi que d autres programmes ont dû céder du terrain ailleurs pour permettre ce maintien.
Le Silence International Et Ses Conséquences
Aujourd hui, l Afghanistan n est pas souvent dans la lumière des médias. Il n est pas davantage au centre des discussions de haut niveau. Ce double éloignement crée un cercle : moins de visibilité, moins de dons, moins de cliniques ouvertes, plus de besoins. La directrice des opérations l a déploré. Elle a aussi insisté sur une ligne claire. Les communautés afghanes ne doivent pas être abandonnées.
Abandonner, ici, voudrait dire laisser s achever un système de santé déjà en train de s effondrer. Cela voudrait dire laisser un million d enfants en malnutrition aiguë sévère sans filet. Cela voudrait dire accepter que le chômage important reste le seul horizon d une population déjà éprouvée par des décennies de guerre. Le CICR refuse cette lecture. Il reste, tout en reconnaissant qu il a dû faire des choix très difficiles pour rester au côté de la population afghane.
CONSTAT SUR PLACE
Population en lutte pour survivre. Besoins humanitaires significatifs. Système de santé en effondrement. Chômage important. Pays hors des uns et hors des discussions de haut niveau.
Le gouvernement des talibans a repris le pouvoir il y a un peu plus de cinq ans. Il n est reconnu officiellement que par la Russie. Cette reconnaissance limitée alimente l isolement international décrit par la responsable du CICR. L isolement n est pas un mot abstrait. Il se traduit dans la baisse de l aide, dans la fermeture de structures, dans la difficulté à maintenir un personnel formé.
Un Million D Enfants En Danger De Mort
Mardi dernier, le Fonds des Nations unies pour l enfance a prévenu qu un million d enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère en Afghanistan se trouvaient en danger de mort si rien n était fait pour leur venir en aide. Cette alerte s inscrit dans le même paysage que celui décrit à Kaboul. Elle donne un chiffre. Elle donne une condition. Si rien n est fait, le danger de mort n est plus une hypothèse lointaine.
En raison de la baisse de l aide internationale, cent cliniques qui traitaient la malnutrition pédiatrique ont fermé dans ce pays. Cent lieux de soin en moins pour des enfants déjà en malnutrition aiguë sévère. Le lien entre la baisse de l aide et la fermeture des cliniques a été récemment regretté. Il n y a pas besoin d ajouter d autres causes : la cause énoncée suffit.
Le CICR soutient quarante-six cliniques en Afghanistan. Il soutient aussi sept centres de réhabilitation, en particulier pour les personnes blessées pendant les guerres. Ces chiffres sont ceux de la présence actuelle. Ils ne remplacent pas les cent cliniques de malnutrition pédiatrique fermées. Ils montrent seulement où l organisation a choisi de rester, après des choix très difficiles.
| Élément rapporté | Donnée |
|---|---|
| Enfants en malnutrition aiguë sévère | Un million, en danger de mort si rien n est fait |
| Cliniques pédiatriques fermées | 100, en raison de la baisse de l aide |
| Cliniques soutenues par le CICR | 46 |
| Centres de réhabilitation soutenus | 7, surtout pour blessés de guerre |
| Rang de l Afghanistan pour le CICR | Top 5 des opérations mondiales |
Un million d enfants. Cent cliniques fermées. Quarante-six cliniques encore soutenues. Sept centres de réhabilitation. Ces nombres ne se compensent pas. Ils se superposent. Ils disent qu une partie du filet a disparu pendant que l autre est maintenue à grand-peine. La directrice des opérations l a reconnu : avec l effondrement du système de santé partout, il faudrait être partout.
Nous avons dû nous aussi faire des choix très difficiles, pour rester au côté de la population afghane.
Yasmine Praz Dessimoz
Des Choix Opérationnels Dans Un Système Qui S Effondre
Rester au côté de la population afghane n a pas été un geste automatique. Le CICR a dû faire des choix très difficiles. La baisse des montants de l aide internationale et des dons touche aussi cette organisation. Garder l Afghanistan dans le top 5 mondial des opérations, c est donc un arbitrage. C est une décision prise en connaissance de cause, alors que le système de santé s effondre partout.
Il faudrait être partout, a-t-elle ajouté. La formule décrit l écart entre le besoin et la capacité. Le besoin est national. La capacité est limitée à quarante-six cliniques et sept centres de réhabilitation. Entre les deux, il y a les cent cliniques de malnutrition pédiatrique déjà fermées. Entre les deux, il y a aussi la ligne Durand, devenue une priorité.
Les sept centres de réhabilitation s adressent en particulier aux personnes blessées pendant les guerres. Des décennies de guerre ont laissé des corps à reconstruire. Ces centres ne traitent pas la malnutrition infantile. Ils traitent une autre couche de la même histoire : celle des blessures accumulées. Le CICR les maintient, comme il maintient les quarante-six cliniques, tout en admettant qu il ne peut pas être partout.
PRIORITÉ DÉCLARÉE
Rester au côté de la population afghane malgré la baisse des dons et de l aide internationale.
LIMITE RECONNUE
Il faudrait être partout tant le système de santé s effondre sur l ensemble du territoire.
La Ligne Durand, Frontière Et Priorité
Le CICR a aussi décidé de mettre la priorité le long de la ligne Durand, qui sert de frontière avec le Pakistan, où il y a un conflit international avec le Pakistan. Cette phrase de la directrice des opérations ajoute une géographie à la crise sanitaire. L Afghanistan n est pas seulement un pays isolé. Il est aussi un pays dont une frontière est le théâtre d affrontements.
Le CICR entretient des liens aussi bien avec Kaboul qu avec Islamabad. Cette double relation n est pas un détail diplomatique. Elle est présentée comme le cadre qui permet d agir le long de la ligne Durand. Sans ces liens, la priorité frontalière n aurait pas le même sens. Avec ces liens, l organisation peut parler aux deux capitales concernées par le conflit international.
Les affrontements entre ces deux États voisins s étaient intensifiés en octobre dernier et jusqu au printemps. Ils ont causé le déplacement de milliers de personnes en Afghanistan. Ils ont fait des centaines de morts et de blessés parmi les civils. Ces faits précisent pourquoi la ligne Durand est devenue une priorité. Des civils sont morts. Des civils ont été blessés. Des milliers de personnes ont été déplacées en Afghanistan.
Octobre jusqu au printemps : une saison entière d intensification. Puis le CICR place cette bande frontalière parmi ses priorités. Les sept centres de réhabilitation, destinés en particulier aux personnes blessées pendant les guerres, rencontrent ici une actualité plus récente. Les guerres des décennies et les affrontements de l hiver dernier se rejoignent dans les mêmes besoins de soin.
Nous avons aussi décidé de mettre la priorité le long de la ligne Durand où il y a un conflit international avec le Pakistan.
Yasmine Praz Dessimoz
Des milliers de déplacés. Des centaines de morts et de blessés civils. Une frontière qui n est pas seulement une ligne sur une carte. Une organisation qui parle à Kaboul et à Islamabad. Voilà le second front de l alerte, à côté de la malnutrition et de l effondrement du système de santé. Les deux fronts se tiennent dans le même pays oublié des discussions de haut niveau.
Femmes, Soins Et Avenir Des Professions Médicales
Interrogée sur les restrictions imposées par les autorités talibanes aux femmes qui, entre autres, n ont pas le droit de poursuivre leurs études au-delà du primaire ou d exercer certaines professions, la responsable du CICR a exprimé son inquiétude. Cette inquiétude porte sur l avenir des professions médicales. Elle porte aussi sur l accès des femmes aux soins.
Le CICR a pu garder son personnel féminin. Ce maintien est un fait actuel. Il n efface pas la question qui suit. La préoccupation principale est : que va-t-il se passer après ? Car si les nouvelles générations ne sont pas éduquées, il n y aura pas de remplaçantes. La phrase est nette. Elle relie l interdiction d étudier au-delà du primaire à la disparition future des soignantes.
Sans nouvelles générations éduquées, pas de remplaçantes. Sans remplaçantes, l avenir des professions médicales se ferme. Sans ces professions, l accès des femmes aux soins devient plus fragile encore. L inquiétude exprimée à Kaboul n ajoute pas d autres interdits que ceux déjà cités : études au-delà du primaire, certaines professions. Elle en tire la conséquence pour le personnel médical de demain.
QUESTION LAISSÉE OUVERTE
Le personnel féminin du CICR a pu être conservé. La préoccupation principale demeure : que va-t-il se passer après, si les nouvelles générations ne sont pas éduquées ?
Yasmine Praz Dessimoz a dit avoir abordé le sujet avec les autorités afghanes. Elle a ainsi rencontré le vice-Premier ministre taliban, Abdul Salam Hanafi. Il est important pour nous d être engagés avec eux et de faire part de nos préoccupations, a-t-elle commenté. L engagement n est pas présenté comme une reconnaissance politique. Il est présenté comme le moyen de dire l inquiétude.
Le gouvernement des talibans, qui ont repris le pouvoir il y a un peu plus de cinq ans, n est reconnu officiellement que par la Russie. Dans ce cadre, le CICR choisit l engagement opérationnel. Il parle des préoccupations sur l éducation des filles au-delà du primaire, sur certaines professions fermées, sur l avenir des soignantes, sur l accès des femmes aux soins. Il le dit à un vice-Premier ministre. Il le dit parce qu il juge important d être engagé.
Ce Que Signifie Ne Pas Abandonner
Ne pas abandonner, dans la bouche de la directrice des opérations, n est pas un slogan. C est le refus de laisser hors champ une population qui lutte pour survivre. C est le maintien de l Afghanistan dans le top 5 des opérations mondiales malgré la baisse des dons. C est le soutien à quarante-six cliniques et à sept centres de réhabilitation. C est la priorité donnée à la ligne Durand. C est aussi le fait de parler aux autorités de l avenir des professions médicales.
Ne pas abandonner, c est encore entendre l alerte sur un million d enfants en malnutrition aiguë sévère. C est relier cette alerte à la fermeture de cent cliniques pédiatriques. C est admettre qu avec l effondrement du système de santé partout, il faudrait être partout, tout en sachant que l on ne peut pas l être. C est donc choisir, difficilement, où rester.
Les communautés afghanes, a-t-elle insisté, ne doivent pas être abandonnées. Le verbe est au présent. Il s adresse à un moment où le pays n est pas souvent dans la lumière des médias ni dans les discussions de haut niveau. Il s adresse à un moment où l aide internationale baisse. Il s adresse à un moment où le chômage est important et où le système de santé s effondre.
- Une population marquée par des décennies de guerre, en lutte pour survivre.
- Des besoins humanitaires décrits comme significatifs.
- Un système de santé en train de s effondrer sur l ensemble du territoire.
- Un niveau de chômage important.
- Un million d enfants en malnutrition aiguë sévère, en danger de mort si rien n est fait.
- Cent cliniques de malnutrition pédiatrique fermées faute d aide suffisante.
- Quarante-six cliniques et sept centres de réhabilitation encore soutenus par le CICR.
Cette liste n invente rien. Elle aligne ce qui a été dit à Kaboul et ce qui a été prévenu mardi dernier. Elle sert de mémento. Elle rappelle que l oubli médiatique et l isolement international coexistent avec des faits mesurables. Un million. Cent. Quarante-six. Sept. Top 5. Des milliers de déplacés. Des centaines de civils morts ou blessés le long de la frontière.
Kaboul, Islamabad Et Le Fil De L Engagement
La visite de plusieurs jours s est achevée à Kaboul. C est de là que le plaidoyer a été formulé. C est de là que la rencontre avec Abdul Salam Hanafi a été mentionnée. C est de là que la priorité de la ligne Durand a été expliquée. Mais le fil de l engagement va aussi vers Islamabad. Le CICR entretient des liens avec les deux capitales.
Un conflit international avec le Pakistan, des affrontements intensifiés d octobre jusqu au printemps, des civils tués et blessés, des déplacements par milliers : ces éléments justifient, dans le propos rapporté, le choix de prioriser la bande frontalière. Ils ne remplacent pas la crise sanitaire intérieure. Ils s y ajoutent. Un pays peut être à la fois hors des discussions de haut niveau et au centre d un conflit de frontière.
Être engagé avec les autorités afghanes, faire part des préoccupations, garder le personnel féminin tout en interrogeant l après : cette séquence montre la méthode. La méthode n est pas de quitter le terrain. La méthode est de rester, de choisir, de parler. La responsable du CICR l a commenté ainsi : il est important pour nous d être engagés avec eux et de faire part de nos préoccupations.
Il est important pour nous d être engagés avec eux et de faire part de nos préoccupations.
Yasmine Praz Dessimoz, après sa rencontre avec Abdul Salam Hanafi
Cinq Ans De Pouvoir Et Une Reconnaissance Limitée
Le gouvernement des talibans a repris le pouvoir il y a un peu plus de cinq ans. Il n est reconnu officiellement que par la Russie. Cette phrase clôt le tableau politique minimal nécessaire pour comprendre l isolement. Elle n ajoute aucun autre État. Elle n ajoute aucun autre calendrier. Un peu plus de cinq ans. Une seule reconnaissance officielle.
Dans cet intervalle, les restrictions imposées aux femmes comprennent, entre autres, l interdiction de poursuivre les études au-delà du primaire et l interdiction d exercer certaines professions. Ces restrictions nourrissent l inquiétude sur les professions médicales et sur l accès des femmes aux soins. Elles nourrissent la question des remplaçantes. Elles ont été abordées avec les autorités.
Cinq ans, une reconnaissance unique, un pays hors lumière, une aide en baisse, un système de santé en effondrement : le plaidoyer du CICR se tient dans cette intersection. Il ne demande pas, dans les propos rapportés, une reconnaissance diplomatique. Il demande que les communautés afghanes ne soient pas abandonnées. La distinction compte. L action humanitaire décrite ici se poursuit sans attendre une reconnaissance plus large.
Le Poids Du Chômage Et De La Survie Quotidienne
Parmi les constats de la visite figure un niveau de chômage important. Ce n est pas un chiffre. C est une qualification. Importante. Elle accompagne la lutte pour survivre. Elle accompagne les besoins humanitaires significatifs. Elle accompagne l effondrement du système de santé. Dans un pays isolé, le chômage n est pas un thème séparé. Il est nommé dans la même phrase que la survie.
Une population qui lutte pour survivre, a dit Yasmine Praz Dessimoz. Le verbe lutter indique un effort continu. Il indique que la survie n est pas donnée. Les décennies de guerre ont précédé. Le chômage important est là maintenant. Les cliniques ferment. Les enfants en malnutrition aiguë sévère sont un million. Les déplacés de la frontière se comptent par milliers. La survie, ici, est un travail quotidien décrit depuis Kaboul.
Le CICR, touché lui aussi par la baisse des dons, choisit malgré tout de rester dans le top 5. Ce choix ne crée pas d emplois à l échelle du chômage décrit. Il maintient des cliniques et des centres de réhabilitation. Il maintient une présence le long de la ligne Durand. Il maintient un personnel féminin. Il maintient un canal de parole avec le vice-Premier ministre. C est le périmètre exact de ce qui a été dit.
Ce Que La Lumière Des Médias Ne Montre Plus
Aujourd hui, l Afghanistan n est pas souvent dans la lumière des médias. La phrase est un constat, pas une plainte isolée. Elle explique en partie pourquoi il faut encore plaider pour que le peuple afghan ne soit pas abandonné. Quand la lumière s éloigne, les fermetures de cliniques deviennent moins visibles. Un million d enfants devient une statistique lointaine. Des centaines de civils morts ou blessés à la frontière deviennent un écho.
La directrice des opérations a déploré cette absence de lumière et l absence parallèle des discussions de haut niveau. Puis elle a recentré le propos sur les communautés. Ce recentrage est le cœur du message. Peu importe que le pays soit sorti des uns. Les communautés, elles, sont toujours là. Elles luttent pour survivre. Elles subissent l effondrement du système de santé. Elles voient fermer des lieux de soin pour enfants.
Le rôle décrit ici n est pas de ramener le pays à la une. Le rôle décrit est de ne pas abandonner. De rester. De choisir la ligne Durand. De soutenir quarante-six cliniques. De soutenir sept centres pour blessés de guerre. De garder le personnel féminin. De dire aux autorités que l absence d éducation au-delà du primaire tarira les remplaçantes. De tenir ce discours après une visite de plusieurs jours.
Fil du propos tenu à Kaboul
1. Le pays est oublié et isolé, mais la population ne doit pas être abandonnée.
2. Les besoins sont significatifs, le système de santé s effondre, le chômage est important.
3. L aide baisse, le CICR baisse aussi ses moyens, mais garde le pays dans son top 5.
4. La frontière avec le Pakistan devient une priorité après des mois d affrontements.
5. L avenir des soignantes et l accès des femmes aux soins sont abordés avec les autorités.
Réhabilitation, Guerres Et Blessures Qui Restent
Les sept centres de réhabilitation existent en particulier pour les personnes blessées pendant les guerres. Cette précision ancre le travail du CICR dans la durée des décennies de conflit. Les guerres passent. Les blessures restent. La réhabilitation n est pas un soin d urgence comme celui de la malnutrition aiguë sévère. C est un soin de longue haleine, maintenu alors que le système de santé s effondre ailleurs.
Les affrontements d octobre jusqu au printemps ont ajouté des morts et des blessés civils. Ils ont ajouté des déplacements. Ils n effacent pas les blessés des guerres antérieures. Les centres de réhabilitation se tiennent donc à la jointure de plusieurs temps. Le temps long des décennies. Le temps récent de la frontière. Le temps présent de l isolement international.
Il faudrait être partout, a rappelé la responsable des opérations. Partout, cela voudrait dire les zones où les cent cliniques de malnutrition ont fermé. Cela voudrait dire les zones de déplacement le long de la ligne Durand. Cela voudrait dire les lieux où les femmes n ont plus accès à certaines professions ni à une éducation au-delà du primaire. Le CICR n est pas partout. Il est dans quarante-six cliniques, sept centres, une priorité frontalière, un dialogue à Kaboul.
Le Sens D Une Visite De Plusieurs Jours
Le plaidoyer n est pas formulé depuis une capitale lointaine. Il l est à l issue d une visite de plusieurs jours en Afghanistan. Cette durée donne au propos le statut d un constat de terrain. Nous voyons, a-t-elle dit. Voir une population qui lutte pour survivre. Voir un système de santé en train de s effondrer. Voir un chômage important. Voir, aussi, la possibilité de garder un personnel féminin tout en redoutant l après.
Plusieurs jours ne suffisent pas à être partout. Ils suffisent à justifier des choix très difficiles. Ils suffisent à rencontrer Abdul Salam Hanafi. Ils suffisent à rappeler que les communautés afghanes ne doivent pas être abandonnées. Ils suffisent à lier Kaboul et Islamabad dans une même présence humanitaire le long d une frontière devenue prioritaire.
Lundi à Kaboul, donc, le message a été tenu. Il s appuie sur l alerte de mardi dernier concernant un million d enfants. Il s appuie sur la fermeture de cent cliniques. Il s appuie sur le top 5 maintenu. Il s appuie sur des décennies de guerre et sur des mois d affrontements frontaliers. Il s appuie enfin sur une inquiétude pour les professions médicales de demain.
Ce Qu Il Faut Retenir Sans Rien Ajouter
Le peuple afghan ne doit pas être abandonné. L Afghanistan est oublié et isolé au niveau international. La population a subi des décennies de guerre. Elle lutte pour survivre. Les besoins humanitaires sont significatifs. Le système de santé s effondre. Le chômage est important. Un million d enfants en malnutrition aiguë sévère sont en danger de mort si rien n est fait. Cent cliniques pédiatriques ont fermé. Le CICR soutient quarante-six cliniques et sept centres de réhabilitation. Il a dû faire des choix très difficiles. Il priorise la ligne Durand. Il parle à Kaboul et à Islamabad. Des milliers de personnes ont été déplacées. Des centaines de civils sont morts ou blessés. Les femmes n ont pas le droit de poursuivre leurs études au-delà du primaire ni d exercer certaines professions. Le personnel féminin du CICR a pu être gardé. La question des remplaçantes reste ouverte. Le sujet a été abordé avec Abdul Salam Hanafi. Le gouvernement taliban, au pouvoir depuis un peu plus de cinq ans, n est reconnu officiellement que par la Russie.
Tout le reste de cette page n a fait que déployer ces faits, les remettre en ordre, les faire entendre une seconde fois, une troisième fois, parce qu un pays hors des uns a besoin que l on répète ce qui a été vu. Pas davantage. Pas autre chose. Le CICR reste. Les communautés, a-t-on insisté à Kaboul, ne doivent pas être abandonnées.
Si la lumière des médias revient un jour sur ce territoire, elle trouvera les mêmes éléments : une survie qui se gagne chaque jour, un système de santé à bout, des enfants en danger dès lors que rien n est fait, une frontière encore marquée par l hiver dernier, des soignantes présentes aujourd hui et incertaines demain. C est exactement le tableau dressé lundi. C est exactement la raison d un plaidoyer qui tient en peu de mots et en beaucoup de constance : ne pas abandonner.









