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Clarity Act Pourrait Ouvrir Onze Activités Crypto Aux Banques

Onze activités crypto pourraient basculer dans le périmètre des banques américaines. Le texte sénatorial va plus loin que la Chambre. Reste un vote, des récompenses stables et une question de dépôts.

Et si les banques américaines pouvaient demain souscrire des actifs numériques, en faire le commerce et les détenir au bilan comme on le fait déjà pour certaines obligations publiques ? Cette question n’est plus un exercice de prospective lointaine. Un rapport du Congressional Research Service, publié le 30 septembre, dresse la carte précise de ce que la version sénatoriale du Clarity Act ouvrirait aux organisations bancaires et aux credit unions. Onze familles d’activités crypto y apparaissent comme potentiellement licites. Derrière le chiffre, un basculement de doctrine : moins de cloison entre la banque assurée et la filiale non bancaire, plus de latitude sur des métiers qui, dans les marchés de titres classiques, restent encore très encadrés.

Ce Que Le Rapport Dit Vraiment Du Clarity Act

Le document s’intitule sobrement Crypto and Bank-Permissible Activities. Il compare les versions concurrentes du texte H.R. 3633 et s’attache à une question concrète : que pourra faire une banque, une holding financière ou une credit union si le Sénat impose sa rédaction. L’angle n’est pas idéologique. Il est institutionnel. Qui a le droit de faire quoi, à l’intérieur de l’établissement assuré, et qui doit rester à l’écart du bilan garanti.

Selon cette lecture non partisane, le texte rapporté au Sénat rendrait les onze catégories disponibles pour l’ensemble des organisations bancaires et des credit unions. Surtout, il n’entretiendrait plus la distinction habituelle entre ce qui se fait dans la banque assurée et ce qui doit être relégué à une filiale non bancaire. C’est un point technique. Il est décisif. Dans le droit bancaire américain, cette frontière protège le filet d’assurance des dépôts et limite la contamination des risques de marché.

La version adoptée à la Chambre dessine un autre paysage. Les banques pourraient y utiliser des actifs numériques ou la technologie de registre distribué pour exercer des activités déjà autorisées par la loi. Certaines prestations crypto seraient ouvertes aux financial holding companies, mais plutôt dans des filiales non bancaires. Autrement dit : on modernise les outils, on ne fusionne pas forcément les périmètres.

En une phrase

La Chambre modernise l’outillage. Le Sénat élargit le club des acteurs et brouille la ligne entre métier bancaire et activité financière au sens large.

Onze Catégories, Une Porte Plus Large Que Les Titres Classiques

Le rapport ne se contente pas d’un inventaire. Il souligne un écart de régime. La souscription et le dealing d’actifs numériques figureraient parmi les permissions nouvelles. Or, aujourd’hui, les banques ne peuvent souscrire et traiter que des catégories limitées de titres : instruments émis par le gouvernement fédéral, les États ou leurs agences, et quelques autres exceptions historiques.

Accorder la même liberté sur des cryptoactifs reviendrait, selon l’analyse, à dépasser le mandat actuel des banques sur des marchés comparables. Ce n’est pas un détail de jargon. C’est une décision de politique publique : faut-il traiter le bitcoin, un jeton de paiement ou un titre tokenisé comme une obligation municipale, ou comme un produit de marché qui reste hors du cœur de métier assuré ?

La sénatrice Cynthia Lummis a donné à ce débat une traduction très concrète pour le bitcoin. Selon elle, la législation permettrait aux banques américaines d’acheter et de détenir l’actif directement. Elle a même anticipé un effet de demande capable de faire monter les cours de façon « dramatique ». Cette prévision reste conditionnelle. Elle suppose un texte devenu loi, pas seulement un rapport d’étude ou une version de commission.

Les permissions dont on parle ici n’existent pas encore dans le droit positif. Elles naîtraient d’un vote, pas d’une interprétation administrative isolée.

Le 15 septembre, le Sénat a rejeté la clôture sur la motion visant à passer à l’examen de H.R. 3633, par 49 voix contre 50. Le seuil de 60 voix n’était pas atteint. Ce n’était pas un vote final sur le fond. Sept sénateurs démocrates ayant voté contre l’ouverture des débats ont ensuite présenté le résultat comme « pas la fin » et dit rester ouverts à la négociation. Le dossier a donc quitté le tapis de l’hémicycle pour rejoindre, en partie, la campagne et les couloirs.

Chambre Contre Sénat : Deux Architectures De Permission

Comprendre l’écart entre les deux rédactions, c’est comprendre pourquoi les associations bancaires, les procureurs d’État et les régulateurs ne parlent pas tous de la même chose quand ils disent « Clarity ».

Dans le texte de la Chambre, l’idée dominante est l’alignement. Si une banque a déjà le droit de faire une opération en monnaie fiduciaire ou sur un support traditionnel, elle pourrait la faire avec un actif numérique ou une chaîne de blocs. Les holdings financières obtiendraient, elles, des fenêtres crypto dans des filiales. Le risque de marché resterait, en théorie, à distance du bilan assuré.

Dans le texte sénatorial rapporté, la liste d’activités devient un catalogue commun. Tous les types d’organisations bancaires et les credit unions pourraient s’en emparer. Le texte ne séparerait plus clairement ce qui relève du « business of banking » et ce qui est seulement « financial in nature ». Cette fusion sémantique a des conséquences opérationnelles : capital, liquidité, supervision sur site, et surtout perception du risque systémique.

On peut le dire autrement. La Chambre dessine un corridor. Le Sénat dessine une pièce plus vaste, avec moins de cloisons intérieures. Les défenseurs y voient de la cohérence et de la compétitivité face aux plateformes non bancaires. Les sceptiques y voient une dilution du régime prudentiel qui a été construit, pierre après pierre, depuis les crises du siècle dernier.

Point Version Chambre Version Sénat rapportée
Qui peut agir Banques sur activités déjà licites ; holdings via filiales Toutes organisations bancaires et credit unions
Lieu de l’activité Souvent filiale non bancaire pour le crypto avancé Moins de séparation banque assurée / filiale
Souscription / dealing Plus prudent, calé sur le droit existant Permissions potentiellement plus larges que pour les titres classiques

Les Récompenses Sur Stablecoins, Nerf De La Guerre Bancaire

Avant le coup d’arrêt procédural, huit associations bancaires ont demandé aux législateurs de retravailler les dispositions sur les incitations versées aux détenteurs de stablecoins. Leur argument est simple et ancien : si une récompense ressemble à un intérêt sur dépôt, les clients peuvent retirer leur argent des banques pour le placer en jetons de paiement. Moins de dépôts, moins de capacité à prêter aux ménages, aux agriculteurs et aux entreprises.

« Les dépôts sont le fondement du système bancaire. »

Les objections se concentraient sur la section 10404. Les associations estimaient que le libellé pouvait autoriser des récompenses calculées en partie sur le solde de stablecoins d’un client, même si le prestataire ajoutait une autre condition au versement. Autrement dit, un habillage contractuel ne suffirait pas à écarter le caractère d’intérêt déguisé.

Une proposition républicaine révisée donnerait au secrétaire au Trésor le pouvoir de restreindre certaines récompenses si les stablecoins provoquaient des sorties substantielles de dépôts des banques communautaires. Les associations ont répondu que la loi devait interdire d’emblée les incitations de type intérêt, plutôt que d’attendre que l’argent ait déjà quitté le bilan pour intervenir.

Ce débat n’est pas seulement corporatiste. Il touche la transmission du crédit. Une banque communautaire vit de la transformation de dépôts stables en prêts locaux. Un jeton de paiement rémunéré, liquide, transférable 24 heures sur 24, est un concurrent d’un compte d’épargne, même s’il n’en porte pas le nom. Le législateur doit donc choisir : protéger le canal du crédit traditionnel, ou accepter une concurrence frontale au nom de l’innovation de paiement.

Les Procureurs D’État Et La Crainte D’Un Recul Sur La Fraude

Parallèlement, dix-sept procureurs généraux d’État ont contesté des dispositions qui, selon eux, pourraient affaiblir l’application des lois étatiques sur les valeurs mobilières et compliquer la poursuite des fraudes crypto. La coalition, menée par la procureure générale de New York, Letitia James, a jugé insuffisant l’ajout d’une compétence pour faire respecter les règles de conflit d’intérêts des élus.

Le message est politique autant que juridique. Les États américains ont longtemps servi de laboratoire et de filet de sécurité lorsque le cadre fédéral tardait. Réduire leur marge sur l’enregistrement des titres, c’est, pour ces magistrats, prendre le risque d’un angle mort au moment même où les arnaques se professionnalisent.

Le Clarity Act se présente comme un texte de structure de marché. Il redistribue les rôles entre agences fédérales, précise ce qui est commodité, ce qui est titre, ce qui est jeton de paiement. Mais toute clarification fédérale a un coût possible : l’éviction partielle d’autres polices du marché. C’est précisément ce que les États disent refuser.

Pendant Que Clarity Patine, Le Genius Act Avance À La Fed

Le contraste est saisissant. La législation de structure de marché reste coincée. Le Genius Act, déjà promulgué, continue d’être mis en œuvre. La Réserve fédérale a publié le 24 septembre deux projets de règles sur les stablecoins de paiement.

Le premier projet imposerait aux émetteurs supervisés de couvrir intégralement les jetons en circulation par des actifs autorisés : bons du Trésor à court terme et certains autres avoirs liquides. Il traite aussi des exigences de fonds propres, de la gestion des risques et des entités qui gardent les réserves.

Le second projet organise la demande d’autorisation pour les banques supervisées qui veulent émettre. Dossiers de plan d’affaires, informations financières, procédures d’audience, d’appel et de décision finale. Pour une banque membre d’État assurée, l’émission passerait par une filiale. C’est la banque qui déposerait le dossier auprès de sa Banque de Réserve fédérale compétente, et non la filiale seule.

La Fed s’engagerait à dire sous 30 jours si le dossier est substantiellement complet. Une fois complet, le délai de décision de 120 jours prévu par le Genius Act commencerait à courir. Le Trésor a indiqué le 18 janvier 2027 comme date attendue d’entrée en vigueur des principales restrictions applicables aux émetteurs. La loi permet aussi un démarrage plus tôt, 120 jours après la publication des règles finales par les régulateurs responsables.

On voit donc deux horloges. L’une, législative, bat irrégulièrement au Capitole. L’autre, réglementaire, avance déjà dans les couloirs de la Fed. Les banques qui veulent émettre un jeton de paiement n’attendent pas forcément Clarity. Elles préparent un dossier Genius.

Le Blanchiment N’Attend Pas Un Vote De Structure

Pour les entreprises crypto américaines déjà couvertes, l’échec de la clôture n’efface rien. Identification du client, filtrage des sanctions, déclaration d’activité suspecte : ces devoirs restent ceux du Bank Secrecy Act. Fernando Castellanos, responsable mondial des actifs numériques et des banques sponsors chez Prove, l’a rappelé clairement. Clarity traite surtout de la structure de marché. Il n’aurait pas remplacé ces obligations.

Les sociétés doivent continuer de vérifier la propriété effective, de surveiller les flux et de déclarer lorsque les seuils et les typologies l’exigent. Le règlement plus rapide et le caractère difficilement réversible de certains paiements laissent moins de temps pour détecter une fraude ou un transfert illicite. C’est un argument opérationnel, pas un slogan.

Quand une banque sponsor évalue un acteur crypto, elle regarde la vérification client, le criblage des portefeuilles, les contrôles sanctions et la surveillance des transactions tout au long de la relation. Elle veut aussi la preuve que ces dispositifs fonctionnent réellement, et pas seulement sur papier. Les politiques écrites ne suffisent plus. Il faut des traces, des alertes traitées, des dossiers clos avec méthode.

Cette exigence explique pourquoi l’ouverture de onze activités bancaires, si elle advient, ne sera pas un sésame automatique. Une permission légale n’est pas une autorisation prudentielle. Un établissement pourra « avoir le droit » et se voir malgré tout refuser un modèle trop fragile sur la conformité.

Credit Unions : Le Plafond D’Investissement Des Réserves

Les credit unions regardent le même horizon avec une contrainte propre. America’s Credit Unions a souligné le traitement des réserves au regard des plafonds d’investissement des credit union service organizations. L’association a demandé à la NCUA de clarifier que les réserves apportées par les credit unions propriétaires ne doivent pas entrer dans le plafond agrégé de 1 %.

Sans cette clarification, émettre un stablecoin pleinement adossé pourrait se heurter à une règle conçue pour autre chose : limiter l’exposition aux filiales de services, pas empêcher la constitution d’un stock d’actifs ultra-liquides servant de garantie au jeton. Le diable, encore une fois, est dans le ratio.

Ce point illustre une vérité plus large. On peut voter une grande loi de marché et laisser intacte une règle comptable ou prudentielle qui bloque le modèle économique. Les onze catégories du rapport CRS n’auront de chair que si les superviseurs spécialisés, Fed, OCC, FDIC, NCUA, alignent leurs notices et leurs examens.

Pourquoi La Souscription Numérique Change La Donne

Revenons à l’exemple que le CRS met en avant : underwriting et dealing. Dans le monde des titres, une banque qui souscrit prend un risque d’inventaire. Elle achète pour revendre, elle tient un carnet, elle encaisse un écart de prix. Ce métier est historiquement encadré parce qu’il peut faire entrer la volatilité de marché dans un bilan qui collecte des dépôts garantis.

L’étendre aux actifs numériques, c’est accepter que le même bilan puisse porter un inventaire dont la liquidité dépend d’un carnet d’ordres mondial, ouvert le week-end, sensible aux récits de réseaux sociaux autant qu’aux données macroéconomiques. Les partisans diront que les banques savent déjà gérer des books de change et de taux. Les opposants répondront que le bitcoin n’est pas une obligation d’agence, et qu’aucune convention de tenue de marché historique ne s’y applique de la même façon.

Si les banques peuvent acheter et détenir du bitcoin pour compte propre, comme le suggère la lecture politique de Cynthia Lummis, deux marchés se rencontrent. D’un côté, la demande institutionnelle réglementée. De l’autre, l’offre d’un actif dont l’offre nouvelle est contrainte par le protocole. Le choc d’allocation peut être réel. Il peut aussi être surestimé : les limites de fonds propres, les tests de stress et l’appétit des conseils d’administration resteront des freins puissants.

Ce Que Les Banques Gagneraient, Ce Qu’Elles Risqueraient

Le gain le plus évident est concurrentiel. Depuis des années, les établissements se plaignent d’un terrain de jeu inégal. Les plateformes non bancaires innovent. Les banques, elles, reçoivent des lettres de supervision, des interprétations restrictives, parfois un climat de « chokepoint » sur l’accès aux comptes. Une liste claire de onze activités réduirait l’incertitude juridique.

Le risque le plus évident est réputationnel et prudentiel. Un incident sur un book crypto, une panique sur un jeton émis par une filiale, une confusion entre dépôt assuré et solde de stablecoin, et c’est toute la confiance dans la banque de détail qui vacille. Les associations l’ont dit à leur manière en parlant de fondation du système : le dépôt.

Il y a aussi un risque de capture réglementaire inversée. Si la loi est trop large, le superviseur devra inventer au fil de l’eau des limites que le Congrès n’a pas voulues écrire. Si la loi est trop étroite, l’innovation se déplacera hors des banques, vers des acteurs moins examinés. Le CRS ne tranche pas ce dilemme. Il le documente.

Une Lecture Politique Du 49-50

Le 49 contre 50 n’est pas une tombe. C’est un signal de négociation. Dans le Sénat américain, échouer à la clôture signifie surtout que personne n’avait encore le paquet de compromis nécessaire : récompenses de stablecoins, pouvoirs des États, place exacte des activités dans la banque ou dans la filiale, traitement du bitcoin au bilan.

Les sept démocrates qui ont voté non tout en parlant d’avenir possible dessinent le corridor. Ils veulent un texte. Ils ne veulent pas de celui-là, tel quel. Les républicains, de leur côté, ont déjà montré qu’ils pouvaient proposer un filet au Trésor sur les fuites de dépôts des banques communautaires. La matière d’un amendement existe. La volonté de le voter avant un calendrier électoral chargé est une autre affaire.

D’où ce basculement observé : le dossier quitte le plancher du Sénat pour la piste de campagne. Les slogans seront plus gros que les sections. « Banques et bitcoin » d’un côté. « Protection des dépôts et des États » de l’autre. Le rapport du 30 septembre, lui, restera l’outil des négociateurs : froid, technique, utile.

Ce Que Les Épargnants Et Les Entreprises Devraient Retenir

Pour un client de banque, rien ne change demain matin. Pas de nouveau bouton « acheter du bitcoin » garanti par la FDIC. Pas de rémunération automatique sur un jeton de paiement émis par sa banque de quartier. Les devoirs anti-blanchiment des plateformes qu’il utilise déjà restent en place.

Pour une entreprise qui encaisse en dollars tokenisés, le Genius Act est aujourd’hui plus concret que Clarity. Réserves, dossier d’émission, calendrier 2027 : voilà le cadre qui se construit. Pour une credit union tentée par l’émission, le plafond de 1 % est un verrou à faire sauter ou à interpréter avant tout prospectus.

Pour un investisseur qui écoute les prévisions de demande bancaire sur le bitcoin, la prudence s’impose. Une permission législative n’est pas un ordre d’achat des trésoreries bancaires. Les comités des risques aiment les phrases nettes du Code. Ils aiment encore plus les limites internes.

À surveiller dans les prochaines semaines

  • Le sort des récompenses liées au solde de stablecoins
  • La place exacte des activités dans la banque assurée
  • Les règles finales Genius sur les réserves et les dossiers d’émission
  • La position de la NCUA sur le plafond des CUSO
  • Le ton des États sur l’application des lois titres

Une Structure De Marché N’Est Pas Une Politique De Crédit

Il faut séparer deux objets que le débat public mélange. Clarity, c’est la carte des compétences et des métiers. Genius, c’est le régime des jetons de paiement. Le crédit aux ménages et aux PME, c’est encore autre chose : des dépôts, des fonds propres, une appétence au risque, une supervision. On peut clarifier le marché crypto sans pour autant inonder l’économie réelle de nouveaux prêts. On peut aussi, à l’inverse, craindre qu’une guerre des rendements sur jetons assèche le financement local.

Les huit associations bancaires ont choisi ce second récit. Les promoteurs du texte sénatorial privilégient le premier : sans banques dans le crypto, le crédit moderne se fera ailleurs, moins contrôlé, moins américain. Les deux récits peuvent être partiellement vrais. C’est pourquoi le rapport CRS a de la valeur. Il ne choisit pas le récit. Il compte les activités et compare les rédactions.

Onze catégories. Un écart Chambre-Sénat. Un 49-50. Des réserves à 100 % côté Genius. Des devoirs BSA qui ne bougent pas. Un plafond de 1 % qui agace les credit unions. Voilà les faits durs. Le reste est interprétation, lobbying, calendrier.

Le Style Humain Du Droit Bancaire, Version 2026

On a longtemps décrit la crypto comme un monde sans intermédiaire. Le mouvement actuel dit l’inverse : les intermédiaires historiques veulent entrer, à condition que la loi leur ouvre la porte assez grand, et que le régulateur ne la referme pas le lendemain par une notice. Les plateformes, elles, veulent rester dans le jeu sans devenir des banques. Les États veulent garder un bâton. Le Trésor veut un levier si les dépôts s’enfuient. La Fed écrit déjà les formulaires.

Ce n’est pas romanesque. C’est le quotidien d’une industrie qui sort de l’âge des zones grises. Les phrases du CRS sur la souscription qui « dépasserait » l’autorité actuelle dans les marchés de titres comparables resteront longtemps citables. Elles résument le vrai choix : analogie avec l’obligation publique, ou analogie avec le courtage risqué.

En attendant un nouveau paquet de voix, les banques peuvent préparer des politiques, des tests, des partenariats de garde, des dossiers Genius. Elles ne peuvent pas encore s’appuyer sur les onze catégories comme sur un droit acquis. Le rapport du 30 septembre est une carte. Ce n’est pas un titre de propriété.

Et c’est peut-être la leçon la plus utile pour le lecteur qui n’habite ni Washington ni un trading desk. Quand une loi de structure de marché avance par à-coups, le réel se déplace vers les agences qui, elles, publient des projets de règles. Regarder seulement le Capitole, c’est rater la Fed. Regarder seulement le bitcoin, c’est rater le dépôt. Regarder seulement les onze activités, c’est rater le plafond de 1 % qui peut tout arrêter pour une credit union.

Le Clarity Act pourrait donc bien, un jour, autoriser ces métiers. Il pourrait aussi ressortir amendé, scindé, ou recalé une seconde fois. Entre-temps, le système bancaire américain continue de vivre de ce qu’il a toujours vécu : la confiance dans un compte, la qualité d’un crédit, et la capacité du législateur à ne pas transformer un jeton liquide en substitut silencieux du dépôt. Le rapport est sur la table. La négociation, elle, n’a pas dit son dernier mot.

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