Qui aurait cru que les préparatifs des prochaines élections législatives israéliennes se transformeraient en un véritable bras de fer au sein même du camp de la droite dure ? Vendredi dernier, le parti Likoud, fidèle soutien de Benjamin Netanyahu, a vivement réagi face au refus clair d’un de ses alliés d’extrême droite de suivre la stratégie d’alliance proposée. L’inquiétude monte : une division des voix pourrait bien faire basculer l’ensemble de la coalition et ouvrir la porte à un scénario redouté. Alors que le vote est fixé au 27 octobre, le Premier ministre multiplie les appels à l’unité, mais se heurte à des résistances personnelles et stratégiques qui risquent de tout compromettre.
Benjamin Netanyahu a récemment pris la parole pour enjoindre ses partenaires de droite dure à faire front commun. Cette initiative intervient en réaction directe à l’émergence dans les sondages d’un nouveau parti d’extrême droite, créé par un ancien général de l’armée israélienne nommé Ofer Winter. Ce dernier attire déjà l’attention et pourrait redistribuer les cartes de manière imprévue.
Le Premier ministre a insisté sur l’importance de rester soudés. Dans une vidéo diffusée jeudi soir, il a rappelé avec force : « Chaque fois que nous avons fait campagne unis, nous avons gagné. Lorsque nous nous sommes présentés séparément, nous avons perdu. » Cette déclaration résonne comme un avertissement solennel adressé à ses alliés les plus proches.
Il a poussé le parallèle historique plus loin en évoquant 1992. À l’époque, la droite avait recueilli davantage de suffrages que la gauche, mais la dispersion des candidatures avait conduit, selon ses mots, au « désastre d’Oslo, à Arafat, au Hamas et à des catastrophes à répétition ». En faisant référence au processus de paix initié en 1993 entre Yitzhak Rabin et Yasser Arafat, Netanyahu cherche à ancrer son message dans la mémoire collective du camp national.
Malgré ces appels répétés, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a opposé un refus net à l’idée de faire campagne aux côtés de Bezalel Smotrich, le ministre ultranationaliste des Finances. Ben Gvir dirige le parti Otzma Yehudit, souvent traduit par « Force juive », une formation d’extrême droite qui, selon les derniers sondages, se voit attribuer entre 7 et 8 sièges. Ce score le place largement au-dessus du seuil requis pour entrer au Parlement, fixé à 3,25 % des suffrages exprimés.
Sur le réseau social X, Ben Gvir a déclaré jeudi : « Selon tous les sondages, une candidature commune entre moi et Smotrich ferait perdre 3 à 4 sièges à Otzma Yehudit (…) et le gouvernement de droite tomberait ! » Il accuse ouvertement Netanyahu de vouloir affaiblir son propre mouvement en poussant à cette alliance.
Cette prise de position a immédiatement provoqué une réponse du Likoud. Le parti a interrogé publiquement : « Qu’est-ce que Ben Gvir veut ? Un large gouvernement national mené par le Premier ministre Netanyahu (…) ou, pour des raisons personnelles, brûler des voix de droite pour porter au pouvoir un gouvernement de gauche ? » Le ton est ferme et laisse peu de place à l’ambiguïté.
Les analystes observent attentivement la dynamique autour d’Ofer Winter. Cet ancien général pourrait aspirer une partie des voix traditionnellement réservées à Bezalel Smotrich. Le risque est concret : le parti de Smotrich, connu sous le nom de « Sionisme religieux », pourrait se retrouver en difficulté pour atteindre le seuil électoral nécessaire.
Cette situation explique en partie l’insistance de Netanyahu. Une fragmentation trop importante au sein de l’extrême droite risquerait de faire perdre des sièges précieux et, in fine, de compromettre la possibilité de former une coalition stable après le 27 octobre.
Bezalel Smotrich, de son côté, a paru plus ouvert aux arguments du Premier ministre. Jeudi soir, il a écrit sur X : « Il est l’heure de l’unité et de la responsabilité dans le camp national. » Cette formulation laisse entrevoir une disposition favorable à une possible rapprochement, même si rien n’est encore formalisé.
Face à ces tensions, Benjamin Netanyahu a convié ses deux ministres à une rencontre dimanche. L’objectif est clair : tenter de dénouer l’impasse et convaincre Itamar Ben Gvir de reconsidérer sa position. Le Premier ministre mise sur un dialogue direct pour rétablir une certaine cohésion.
Ben Gvir n’a pas manqué de proposer une alternative. Il a suggéré que Netanyahu envisage plutôt une candidature commune entre Ofer Winter et Bezalel Smotrich. Cette proposition montre que le ministre de la Sécurité nationale cherche à protéger l’autonomie de son parti tout en évitant d’apparaître comme le seul frein à l’unité.
Il n’est pas inutile de rappeler que Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir ont déjà collaboré à deux reprises par le passé. En 2021, leur alliance avait permis de remporter six sièges. L’année suivante, en 2022, lors des dernières élections, ils avaient obtenu ensemble 14 sièges, un score bien plus confortable.
Après ces succès, les élus s’étaient séparés. Le « Sionisme religieux » de Smotrich et la « Force juive » de Ben Gvir avaient chacun récolté sept sièges. Cette expérience montre que l’union peut porter ses fruits, mais qu’elle n’est jamais garantie sur le long terme, surtout lorsque des questions d’identité partisane et de leadership entrent en jeu.
Aujourd’hui, le contexte est différent. L’arrivée d’Ofer Winter change la donne et oblige les acteurs à recalculer leurs stratégies. Les sondages indiquent que Otzma Yehudit se maintient confortablement au-dessus du seuil, ce qui renforce la position de négociation de Ben Gvir.
Le Likoud exprime une crainte précise : que la dispersion des candidatures d’extrême droite entraîne une perte nette de sièges pour l’ensemble du camp. Dans un système proportionnel où le seuil de 3,25 % joue un rôle crucial, chaque voix compte. Une formation qui frôle ce seuil sans le franchir représente autant de suffrages « brûlés », selon l’expression employée par le parti de Netanyahu.
Si le « Sionisme religieux » venait à échouer à entrer au Parlement à cause d’un siphonnage de voix par Ofer Winter, le calcul global de la coalition en pâtirait. Ben Gvir, de son côté, estime qu’une liste commune avec Smotrich lui coûterait entre 3 et 4 sièges, ce qui, selon lui, pourrait faire tomber le gouvernement de droite.
Ces projections, basées sur les sondages actuels, alimentent un débat vif au sein du camp national. L’unité apparaît comme la solution privilégiée par Netanyahu et une partie de ses alliés, tandis que Ben Gvir privilégie la préservation de l’identité et de la force de son propre mouvement.
En rappelant les événements de 1992, le Premier ministre cherche à frapper les esprits. Il établit un lien direct entre la division électorale de l’époque et les développements politiques qui ont suivi, notamment les accords d’Oslo. Pour lui, l’histoire offre une leçon claire : la dispersion des forces de droite a des conséquences durables et parfois dramatiques.
Ce discours s’inscrit dans une logique de responsabilité collective. Netanyahu appelle à dépasser les considérations personnelles pour privilégier l’intérêt du « camp national ». Smotrich a repris cette terminologie dans son message, signe que le vocabulaire de l’unité commence à circuler.
Pourtant, Ben Gvir reste sur ses positions. Son accusation selon laquelle Netanyahu voudrait affaiblir Otzma Yehudit révèle une méfiance profonde. Dans un environnement politique aussi polarisé, la confiance entre alliés n’est jamais acquise d’avance.
Au-delà des sièges individuels, c’est la capacité à constituer une majorité qui est en jeu. Un large gouvernement national dirigé par Netanyahu reste l’objectif affiché. Mais pour y parvenir, chaque composante de la coalition potentielle doit maximiser son score.
Si des voix se perdent à cause de listes concurrentes, le risque d’un basculement vers une autre configuration augmente. Le Likoud a formulé cette crainte de manière directe en opposant l’idée d’un gouvernement de droite à celle d’un gouvernement de gauche qui pourrait profiter des divisions adverses.
La réunion de dimanche pourrait constituer un tournant. Soit elle aboutit à un compromis, soit elle confirme les divergences et laisse planer l’incertitude jusqu’au jour du scrutin.
Les enquêtes d’opinion jouent un rôle central dans cette séquence. Elles attribuent à Otzma Yehudit une avance confortable, ce qui donne à Ben Gvir une marge de manœuvre. Pour le « Sionisme religieux », la situation apparaît plus fragile si Ofer Winter continue de progresser.
Ces données chiffrées servent d’arguments dans les échanges publics. Ben Gvir s’appuie sur « tous les sondages » pour justifier son refus. Le Likoud, de son côté, met en avant le danger collectif d’une perte de sièges.
Dans un système où le seuil électoral est strict, la psychologie des électeurs compte également. Certains pourraient hésiter à soutenir une liste perçue comme trop faible, craignant de voir leur vote « gaspillé ». Cette dynamique peut amplifier les effets d’une division initiale.
Itamar Ben Gvir a avancé l’idée d’une alliance entre Ofer Winter et Bezalel Smotrich. Cette suggestion vise à regrouper les forces qui pourraient sinon se concurrencer, tout en laissant Otzma Yehudit courir seule.
Une telle configuration permettrait, selon lui, d’éviter la perte de sièges pour son propre parti tout en limitant les risques pour le camp dans son ensemble. Reste à savoir si cette proposition trouvera un écho favorable auprès des intéressés.
Netanyahu, quant à lui, continue de privilégier l’unité entre Smotrich et Ben Gvir, s’appuyant sur l’expérience des alliances passées qui avaient produit des résultats positifs.
Avec le 27 octobre qui approche, chaque jour compte. Les déclarations publiques se multiplient, les messages sur X fusent, et les réunions se préparent. Le camp de la droite dure se retrouve confronté à un dilemme classique en politique : préserver l’identité de chaque formation ou maximiser le score collectif.
L’histoire récente montre que les deux approches ont déjà été testées. Les succès de 2021 et 2022 sous une bannière commune contrastent avec les résultats séparés qui ont suivi. Aujourd’hui, le facteur Winter ajoute une couche de complexité inédite.
Les prochains jours seront déterminants. La rencontre de dimanche entre Netanyahu, Ben Gvir et Smotrich sera scrutée de près. Son issue pourrait influencer non seulement la campagne, mais aussi la composition potentielle de la future Knesset.
Lorsque Smotrich et Ben Gvir avaient uni leurs forces, le score combiné avait progressé de six à quatorze sièges entre 2021 et 2022. Cette progression illustre le potentiel d’une liste commune. Après la séparation, chaque parti s’est retrouvé avec sept sièges, un résultat honorable mais inférieur au total précédent.
Ces chiffres nourrissent aujourd’hui les arguments des partisans de l’unité. Ils rappellent que la somme peut être supérieure aux parties prises isolément, du moins dans certains contextes électoraux.
Cependant, Ben Gvir insiste sur le fait que les conditions actuelles sont différentes. Les sondages lui sont favorables en solo, et il estime qu’une fusion lui ferait perdre du terrain. Cette divergence d’analyse explique en grande partie le blocage actuel.
Le parti de Netanyahu se trouve dans une position délicate. Il doit maintenir la pression pour l’unité sans aliené un allié aussi influent que Ben Gvir. La formulation de sa réponse publique montre une volonté de cadrer le débat en termes de responsabilité collective versus intérêts personnels.
En interrogeant les intentions de Ben Gvir, le Likoud cherche à mobiliser l’opinion au sein du camp national. L’idée est de présenter l’unité comme la seule voie rationnelle pour éviter un scénario où la droite perdrait le pouvoir faute d’avoir su se regrouper.
Cette rhétorique s’inscrit dans la continuité des messages de Netanyahu, qui a martelé l’importance de la cohésion à travers sa vidéo et ses appels répétés.
Dimanche, les regards seront tournés vers la rencontre organisée par le Premier ministre. Si un accord émerge, il pourrait se traduire par une liste commune ou par un arrangement alternatif impliquant Ofer Winter. Dans le cas contraire, les trois formations pourraient se présenter séparément, avec les risques que cela comporte.
Les électeurs de droite dure devront alors arbitrer entre plusieurs options. Certains resteront fidèles à leur parti d’origine, d’autres pourraient se laisser séduire par la nouveauté incarnée par l’ancien général. Ces mouvements, même modestes, peuvent faire basculer des sièges.
Le seuil de 3,25 % reste le garde-fou. Toute liste qui le franchit contribue au total de la coalition potentielle. Celles qui échouent représentent autant de forces perdues pour le camp.
La situation actuelle illustre les difficultés inhérentes à la gestion d’une alliance composite. L’extrême droite israélienne n’est pas monolithique. Elle regroupe des sensibilités et des leaderships distincts, chacun avec sa base et ses priorités.
Netanyahu, en tant que chef de file, tente de jouer le rôle d’arbitre et de fédérateur. Son expérience des coalitions passées lui confère une certaine autorité, mais elle ne suffit pas toujours à imposer une ligne unique.
Ben Gvir, fort de ses sondages, dispose d’une position de force relative. Smotrich apparaît plus enclin au dialogue. Winter, en tant que nouvel entrant, force les autres à s’adapter. Ce triangle crée une dynamique instable à quelques semaines seulement du scrutin.
Si l’unité l’emporte, le camp national pourrait maximiser ses chances de constituer une majorité confortable. Dans le cas inverse, le puzzle des sièges risque de devenir plus complexe à assembler.
Le Likoud a clairement exprimé sa préférence pour un large gouvernement mené par Netanyahu. Toute perte de sièges due à des divisions internes rendrait cet objectif plus difficile à atteindre.
Les déclarations de ces derniers jours montrent que les acteurs sont pleinement conscients de ces enjeux. Ils pèsent chaque mot et chaque proposition avec attention.
En définitive, la séquence actuelle met en lumière les tensions structurelles au sein de la droite israélienne. L’appel à l’unité de Netanyahu, le refus de Ben Gvir, l’ouverture relative de Smotrich et l’émergence de Winter composent un tableau complexe.
La réunion de dimanche offrira peut-être des clarifications. En attendant, le débat public se poursuit, nourri par les sondages, les souvenirs historiques et les calculs stratégiques de chacun.
Les électeurs, de leur côté, observeront attentivement ces manœuvres. Leur décision le 27 octobre déterminera non seulement la composition de la Knesset, mais aussi la capacité du camp de droite à se présenter comme une force unie et crédible. L’histoire récente a montré que l’unité peut faire la différence. Reste à savoir si les acteurs d’aujourd’hui sauront en tirer les conclusions nécessaires avant qu’il ne soit trop tard.
Dans les jours qui viennent, chaque déclaration, chaque réunion et chaque nouveau sondage seront analysés sous l’angle de cette question centrale : le camp national parviendra-t-il à surmonter ses divisions internes, ou verra-t-il ses voix se disperser au risque de compromettre ses ambitions collectives ? La réponse se dessine progressivement, au gré des tractations et des positions publiques qui continuent d’évoluer.
Ce qui est certain, c’est que le refus initial de Ben Gvir a placé le débat au centre de l’actualité politique israélienne. Le Likoud a réagi avec fermeté, Netanyahu a rappelé les leçons du passé, et Smotrich a esquissé une ouverture. Ofer Winter, quant à lui, reste un facteur d’incertitude capable de modifier les équilibres. Dans ce contexte, la coordination devient un enjeu critique pour tous les protagonistes.
Les prochaines heures et les prochains jours diront si un compromis est possible. Pour l’heure, la tension demeure palpable, et l’issue de cette séquence pourrait influencer durablement le paysage politique israélien après le scrutin d’octobre.
Bienvenue, Connectez-vous à votre compte.
Bienvenue, Créez votre nouveau compte
Un mot de passe vous sera envoyé par courrier électronique.