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SoftBank Vise Le Contrôle De 1X Technologies À 6 Milliards

SoftBank est en discussions avancées pour prendre le contrôle majoritaire de 1X Technologies, la startup de robots humanoïdes déjà soutenue par OpenAI. Une opération à 6 milliards qui pourrait redessiner le paysage de la robotique…

Et si le prochain grand mouvement dans la course à l’intelligence artificielle physique se jouait non pas dans un laboratoire de Silicon Valley, mais autour d’une table de négociations japonaise ? SoftBank, le géant de l’investissement dirigé par Masayoshi Son, aurait engagé des discussions pour prendre une participation majoritaire dans 1X Technologies, une jeune entreprise de robots humanoïdes déjà soutenue par OpenAI. La valorisation envisagée tournerait autour de 6 milliards de dollars. Un chiffre qui fait immédiatement réagir dans le secteur, tant il illustre l’appétit croissant pour les machines capables d’évoluer aux côtés des humains.

Une négociation stratégique au cœur de la robotique de demain

Les discussions, toujours en cours, viseraient à donner à SoftBank le contrôle de 1X Technologies. Selon des sources proches du dossier, les termes restent fluides et pourraient encore évoluer. Ni SoftBank ni 1X n’ont pour l’instant confirmé officiellement ces échanges, ce qui est classique à ce stade. Pourtant, la simple existence de ces pourparlers en dit long sur la direction que prend le marché.

1X Technologies, anciennement connue sous le nom de Halodi Robotics, développe des robots humanoïdes conçus pour interagir dans des environnements humains. Son produit phare actuel, baptisé NEO, est pensé pour le domicile. Il doit pouvoir accomplir des tâches ménagères et apprendre de nouveaux gestes grâce au modèle d’intelligence artificielle Redwood développé en interne. Le prix d’accès anticipé s’élève à 20 000 dollars, tandis qu’une formule d’abonnement mensuel à 499 dollars est également proposée. Les premières livraisons aux États-Unis sont annoncées pour 2026, avant une expansion internationale dès 2027.

Lors de l’ouverture des précommandes, plus de 10 000 unités auraient été réservées en une semaine seulement. Aucun robot n’avait encore été livré au moment où ces chiffres ont circulé. Cette demande précoce montre un intérêt réel du public pour des machines capables d’agir dans un cadre domestique, même si le chemin vers une adoption massive reste long et semé d’obstacles techniques.

Le lien déjà existant avec OpenAI

OpenAI n’est pas un simple observateur dans cette histoire. Dès 2023, le fonds de démarrage de la société avait mené un tour de table de 23,5 millions de dollars pour 1X, aux côtés de Tiger Global et d’investisseurs norvégiens. À l’époque, le dirigeant du fonds avait souligné le potentiel de la robotique pour compléter le travail humain. 1X, de son côté, expliquait que ces fonds serviraient à accélérer la production d’androïdes à l’échelle commerciale.

Plus récemment, OpenAI aurait même envisagé d’acquérir directement 1X. Les discussions n’auraient pas abouti. Ce précédent rend l’intérêt de SoftBank d’autant plus significatif. En prenant le contrôle de 1X, le groupe japonais renforcerait encore ses liens déjà très étroits avec OpenAI, tout en s’offrant une position de force dans le segment des robots humanoïdes grand public.

« La robotique physique représente la prochaine frontière de l’intelligence artificielle. Combiner IA et machines capables d’agir dans le monde réel change la donne. »

Ces mots, attribués à Masayoshi Son lors de l’annonce d’une autre opération majeure, résonnent particulièrement dans le contexte actuel. SoftBank ne se contente plus d’investir dans les logiciels et les modèles de langage. Le groupe veut désormais maîtriser la chaîne complète, du cerveau artificiel au corps mécanique.

Une valorisation en retrait par rapport aux ambitions initiales

Il y a quelques mois, 1X aurait tenté de lever un milliard de dollars sur la base d’une valorisation de 10 milliards. L’entreprise n’aurait obtenu qu’une partie de cette somme. Une opération avec SoftBank à environ 6 milliards se situerait donc en dessous des espérances exprimées à l’automne. Ce ajustement n’est pas rare dans le secteur des startups technologiques, où les valorisations peuvent fluctuer rapidement en fonction de la demande, des livraisons concrètes et du climat d’investissement global.

Pour SoftBank, cette décote relative pourrait représenter une opportunité d’entrer à un prix plus raisonnable tout en s’assurant le contrôle. Pour 1X, l’arrivée d’un actionnaire aussi puissant apporterait non seulement des liquidités, mais aussi un réseau international, une expertise industrielle et un accès facilité à d’autres technologies du portefeuille SoftBank.

Le contexte plus large des investissements SoftBank

Cette négociation s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus vaste. SoftBank a déjà signé un accord de 5,375 milliards de dollars pour racheter l’activité robotique d’ABB. Cette transaction, qui devrait être finalisée entre le milieu et la fin de 2026, concerne des bras robotiques industriels et des solutions d’automatisation. SoftBank obtiendrait ainsi 100 % de la nouvelle entité qui regroupera ces activités, sous réserve des autorisations réglementaires.

En combinant les robots industriels d’ABB et les humanoïdes de 1X, SoftBank se positionnerait sur deux segments complémentaires. D’un côté, l’automatisation des usines et des entrepôts. De l’autre, des machines conçues pour évoluer dans les foyers et les espaces de services. Cette double approche permettrait de couvrir une large partie du spectre de la robotique moderne.

Par le passé, SoftBank a déjà tenté sa chance dans le domaine avec le robot Pepper et un investissement dans Boston Dynamics. Le groupe a depuis cédé l’essentiel de ses parts dans Boston Dynamics, la dernière tranche ayant été vendue récemment. L’intérêt renouvelé pour 1X montre que Masayoshi Son n’a pas abandonné l’idée de l’intelligence artificielle physique. Il a simplement affiné sa stratégie.

OpenAI au centre de la galaxie SoftBank

OpenAI est devenu l’un des investissements les plus importants de SoftBank. Le groupe japonais a déjà injecté des dizaines de milliards de dollars dans la société. Une deuxième tranche de 10 milliards a été finalisée en juillet via le Vision Fund 2, dans le cadre d’un engagement total de 30 milliards annoncé plus tôt. Une troisième tranche de 10 milliards est prévue pour octobre.

Ces montants colossaux ont rendu le cours de SoftBank plus sensible aux nouvelles concernant OpenAI. Lorsque des rumeurs ont circulé sur un possible report de l’introduction en bourse d’OpenAI, les actions SoftBank ont chuté de plus de 12 % en une journée. La dépendance est réelle, et SoftBank cherche clairement à diversifier son exposition tout en restant très proche de l’écosystème OpenAI.

Le projet Stargate, annoncé début 2025 avec Oracle et un fonds d’Abu Dhabi, illustre encore cette proximité. Il prévoit jusqu’à 500 milliards de dollars d’investissements dans des infrastructures d’intelligence artificielle aux États-Unis sur quatre ans, avec un premier engagement de 100 milliards. SoftBank et OpenAI y jouent des rôles centraux.

Pourquoi les robots humanoïdes fascinent les investisseurs

Le marché des robots capables de travailler aux côtés des humains attire des capitaux de plus en plus importants. Plusieurs raisons expliquent cet engouement. D’abord, le vieillissement de la population dans de nombreux pays industrialisés crée une demande potentielle pour des assistants capables de soulager les soignants et les familles. Ensuite, les avancées en matière de modèles d’intelligence artificielle rendent enfin possibles des comportements plus fluides et adaptatifs.

Les robots industriels existent depuis des décennies, mais ils restent généralement confinés derrière des grilles de sécurité. Les humanoïdes, eux, sont conçus pour partager l’espace avec les personnes. Cette promesse ouvre des perspectives dans les services, la logistique légère, l’aide à domicile et même le divertissement. 1X mise précisément sur cette polyvalence avec NEO.

Cependant, les défis restent immenses. La consommation d’énergie, la sécurité des interactions, la fiabilité des mouvements complexes et le coût de production sont autant d’obstacles. Une valorisation de 6 milliards suppose que les investisseurs croient à la capacité de 1X à surmonter ces difficultés dans un délai raisonnable.

Les enjeux pour 1X Technologies

Pour 1X, une prise de contrôle par SoftBank changerait profondément la donne. L’entreprise gagnerait en stabilité financière et en crédibilité industrielle. Elle pourrait accélérer le développement de NEO, renforcer ses équipes et envisager plus sereinement le passage à une production à grande échelle. Le risque, en contrepartie, serait une perte d’indépendance stratégique. Les orientations futures pourraient être influencées par les priorités plus larges de SoftBank.

Le modèle économique de 1X repose actuellement sur deux piliers : la vente d’unités à prix élevé pour les early adopters et un abonnement mensuel plus accessible. Ce double positionnement permet de tester le marché tout en générant des revenus récurrents. Les 10 000 précommandes initiales montrent que la curiosité est bien là. Reste à transformer cet intérêt en fidélisation sur le long terme.

Élément Détail
Valorisation envisagée Environ 6 milliards de dollars
Produit principal Robot humanoïde NEO
Prix d’accès anticipé 20 000 dollars
Abonnement mensuel 499 dollars
Livraisons prévues États-Unis en 2026, autres marchés dès 2027

SoftBank et la vision de l’IA physique

Masayoshi Son a longtemps parlé de l’intelligence artificielle comme d’une révolution comparable à celle de l’électricité ou d’Internet. Avec les robots, il pousse cette vision un cran plus loin. L’IA ne doit plus se contenter d’analyser des données ou de générer du texte. Elle doit agir dans le monde physique, manipuler des objets, se déplacer et interagir.

Cette conviction explique pourquoi SoftBank multiplie les opérations dans le domaine. Le rachat de l’activité robotique d’ABB apporte une base industrielle solide. L’intérêt pour 1X ajoute une dimension grand public et humanoïde. Ensemble, ces actifs pourraient former un écosystème cohérent où les logiciels d’OpenAI et d’autres partenaires alimenteraient des corps mécaniques de plus en plus sophistiqués.

Le financement de ces ambitions reste un défi. SoftBank a eu recours à des emprunts, notamment un pont de 10 milliards pour financer une partie de ses investissements dans OpenAI. Des discussions auraient également eu lieu autour d’une émission obligataire de 10 à 20 milliards de dollars destinée en partie à refinancer ces dettes. La structure du capital devient de plus en plus complexe à mesure que les engagements s’accumulent.

Ce que cela change pour le marché de la robotique

Si SoftBank parvient à finaliser une prise de contrôle majoritaire de 1X, le signal envoyé au marché sera fort. Les valorisations des autres startups de robots humanoïdes pourraient en être affectées, à la hausse ou à la baisse selon la perception des investisseurs. Les concurrents devront redoubler d’efforts pour se différencier, que ce soit par la performance technique, le prix ou les cas d’usage.

Le secteur reste encore fragmenté. Plusieurs entreprises travaillent sur des concepts similaires, avec des approches différentes en matière de design, d’apprentissage et de commercialisation. L’arrivée d’un acteur aussi puissant que SoftBank derrière l’un d’entre eux pourrait accélérer la consolidation. Les plus petites structures risquent de chercher des partenaires ou des acquéreurs pour survivre face à des ressources disproportionnées.

Pour les consommateurs, l’enjeu est plus concret. Un robot comme NEO, s’il tient ses promesses, pourrait transformer le quotidien de nombreuses familles. Aide aux tâches ménagères, compagnie pour les personnes isolées, assistance légère pour les personnes à mobilité réduite… Les applications potentielles sont nombreuses. Mais le succès dépendra de la fiabilité, de la sécurité et du rapport qualité-prix réel une fois les premiers exemplaires livrés.

Les risques inhérents à une telle opération

Aucune transaction de cette envergure n’est sans risque. Les discussions peuvent échouer. Les conditions de marché peuvent évoluer. Les autorités de la concurrence peuvent poser des questions, surtout si SoftBank renforce encore sa position dans plusieurs segments de la robotique. Sur le plan technique, 1X doit encore prouver qu’elle peut produire et livrer des robots à l’échelle sans retards majeurs ni défauts critiques.

Il existe aussi un risque de concentration excessive. SoftBank accumule des participations importantes dans OpenAI, dans des infrastructures d’IA et désormais potentiellement dans des fabricants de robots. Cette stratégie verticale est ambitieuse, mais elle expose le groupe à des chocs si l’un des maillons de la chaîne sous-performe. Les investisseurs suivront de près la capacité de SoftBank à intégrer et à faire croître ces différents actifs.

Pour 1X, le passage d’une startup relativement indépendante à une filiale majoritairement contrôlée par un conglomérat japonais implique des changements culturels et organisationnels. Les fondateurs et les équipes techniques devront trouver un équilibre entre la vision initiale et les exigences d’un actionnaire de référence aussi influent.

Une étape de plus dans la convergence IA et robotique

Au-delà des chiffres et des noms d’entreprises, cette négociation illustre une tendance de fond. L’intelligence artificielle quitte progressivement le monde purement numérique pour s’incarner dans des machines. Les modèles de langage et les systèmes de vision deviennent le cerveau de robots capables d’agir. SoftBank, OpenAI et 1X se trouvent au carrefour de cette convergence.

Les prochaines années seront décisives. Les premières livraisons de NEO permettront de juger si les promesses techniques se traduisent en expérience utilisateur satisfaisante. SoftBank devra démontrer qu’il peut transformer ses investissements massifs en créations de valeur durable. OpenAI continuera d’alimenter l’écosystème avec des avancées logicielles. Ensemble, ces acteurs pourraient accélérer l’arrivée de robots réellement utiles dans la vie quotidienne.

En attendant, le marché observe. Les discussions se poursuivent. Les détails restent confidentiels. Mais une chose paraît déjà claire : la robotique humanoïde n’est plus un sujet de science-fiction lointaine. Elle est devenue un enjeu industriel et financier de premier plan, digne des plus grandes manœuvres stratégiques.

Que SoftBank parvienne ou non à finaliser cette prise de contrôle, le simple fait que des sommes de cet ordre soient envisagées montre à quel point le secteur a mûri. Les investisseurs croient désormais que les machines capables de partager notre espace ont un avenir économique concret. Et cette conviction, une fois ancrée, a rarement tendance à disparaître rapidement.

Dans les mois qui viennent, chaque nouvelle information sur l’avancée des pourparlers, sur les performances techniques de NEO ou sur les prochains mouvements de SoftBank sera scrutée avec attention. Car derrière un simple rachat potentiel se joue en réalité une partie bien plus vaste : celle de la place que l’intelligence artificielle physique occupera dans nos sociétés de demain.

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