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Cartes Stablecoin Vers 50 Milliards De Dépenses Annuelles

Les cartes stablecoin viennent de franchir un cap historique avec plus d'un milliard de dépenses en un seul mois. Et si cette croissance explosive menait vraiment à 50 milliards par an d'ici 2028 ? Les chiffres révèlent une bascule inattendue.

Imaginez un moment : en juillet dernier, plus d’un milliard de dollars ont été dépensés via des cartes alimentées par des stablecoins. Pas dans un échange de trading frénétique, mais pour des courses, des abonnements, des voyages ou même le loyer. Ce chiffre, inimaginable il y a encore trois ans, marque un tournant silencieux mais spectaculaire dans la façon dont des millions de personnes gèrent leur argent au quotidien. Les cartes stablecoin ne sont plus un gadget réservé aux passionnés de crypto. Elles deviennent un outil concret pour des besoins réels, surtout dans des régions où le système bancaire traditionnel laisse trop de monde sur le bord de la route.

Un cap symbolique franchi et une projection ambitieuse

Le volume cumulé des dépenses via ces cartes a déjà dépassé les 10,9 milliards de dollars. Et selon les prévisions de RedotPay, ce chiffre pourrait être multiplié par quatre en termes annuels d’ici 2028, atteignant 50 milliards. Ce n’est pas une extrapolation purement théorique. Elle s’appuie sur des données concrètes, des tendances d’adoption observées et un contexte réglementaire qui se clarifie peu à peu.

Pour mesurer le chemin parcouru, il suffit de se souvenir qu’au lancement des premières cartes de ce type, le secteur entier tournait autour de 60 000 dollars de volume mensuel. Aujourd’hui, ce même montant peut être traité en quelques minutes. L’accélération est réelle, et elle ne semble pas près de ralentir.

Le mois de juillet comme révélateur

Juillet 2026 a été le premier mois où les dépenses via cartes stablecoin ont dépassé le milliard de dollars. Les données de Paymentscan placent ce volume à environ 1,04 milliard, contre seulement 339 millions un an plus tôt. Cette progression n’est pas uniforme. Elle se concentre particulièrement en Amérique latine, en Afrique et dans la zone Asie-Pacifique, des régions où l’accès aux services financiers classiques reste inégal.

RedotPay estime que le prochain seuil des 10 milliards de volume cumulé pourrait être atteint en seulement huit mois, alors qu’il avait fallu près de trois ans pour franchir le premier. Cette accélération s’explique par plusieurs facteurs qui se renforcent mutuellement : une meilleure compréhension des produits, des interfaces plus simples, et surtout une utilité pratique qui dépasse le simple trading.

Point clé : Le secteur des cartes stablecoin est passé d’un volume mensuel de 60 000 dollars à plus d’un milliard en trois ans. Le rythme s’intensifie.

Pourquoi 50 milliards n’est plus un rêve inaccessible

Mettre 50 milliards de dépenses annuelles en perspective aide à relativiser. Les cartes traditionnelles, elles, génèrent plus de 20 000 milliards de transactions chaque année. Dans ce contexte, les 50 milliards projetés représentent encore une fraction minime. Pourtant, cette fraction devient significative si l’on considère la vitesse d’adoption et le type d’utilisateurs qui s’approprient ces outils.

Les responsables de RedotPay insistent sur un point important : leurs clients ne sont pas forcément des traders. Ce sont des personnes qui ont trouvé une solution plus adaptée à leurs besoins quotidiens. Accéder à des services internationaux, conserver une épargne en dollars numériques, effectuer des paiements à l’étranger sans multiplier les intermédiaires… Autant d’usages concrets qui expliquent la progression.

Des usages qui sortent du cadre crypto classique

Les cartes stablecoin fonctionnent en reliant un solde en cryptomonnaie ou en stablecoin aux réseaux de cartes existants. L’utilisateur paie chez un commerçant comme avec n’importe quelle carte Visa ou Mastercard. Derrière, la conversion et le règlement s’effectuent via l’infrastructure spécifique de ces produits. Cette simplicité apparente cache une mécanique plus sophistiquée, mais l’expérience utilisateur reste familière.

On observe des dépenses pour des courses alimentaires, des abonnements numériques, des réservations de voyage ou le paiement du loyer dans plus de cent pays. Dans certaines régions, ces cartes offrent aussi un accès à des services digitaux internationaux ou à des portefeuilles mobiles qui ne sont pas toujours disponibles via les banques locales. L’avantage concurrentiel devient alors évident.

« Les cartes alimentées par stablecoins ont atteint leur moment grand public, atteignant des records de volume grâce à leur utilité dans la vie quotidienne. Nos utilisateurs ne sont pas nécessairement des traders crypto. Ce sont des personnes qui ont trouvé une meilleure façon de gérer leurs finances parce que les options précédentes n’étaient pas suffisantes. C’est de là que viendra la croissance. »

Jonathan Chan, co-fondateur et responsable des partenariats chez RedotPay

Cette citation résume bien le changement de paradigme. On ne parle plus d’un produit de niche, mais d’un outil qui répond à des frustrations bien réelles dans certains systèmes financiers.

L’essor des produits consommateurs au sein des entreprises spécialisées

Chez RedotPay, les cartes grand public représentent désormais une part importante de l’activité. L’entreprise annonce plus de 8 millions d’utilisateurs répartis dans plus de cent pays, avec un volume de paiements annualisé d’environ 14 milliards de dollars et un chiffre d’affaires annualisé supérieur à 180 millions. Ces chiffres témoignent d’une activité déjà rentable, ce qui n’était pas acquis dans un secteur encore jeune.

Récemment, la société a également lancé une offre permettant de nantir de l’XRP comme collatéral pour obtenir une ligne de crédit réglée en Ripple USD. Avec un ratio de 50 %, les utilisateurs peuvent dépenser via le réseau Visa tout en conservant une exposition à leur actif sous-jacent. Ce type d’innovation montre que les produits évoluent rapidement au-delà de la simple carte de débit convertie.

Le rôle déterminant de la clarification réglementaire

L’un des moteurs cités pour expliquer cette accélération est l’amélioration du cadre réglementaire dans plusieurs marchés clés. Des règles plus claires offrent aux opérateurs établis un cadre de licences et de conformité plus défini. Elles donnent aussi aux utilisateurs potentiels davantage de confiance dans les produits proposés. Sans cette clarté, beaucoup hésiteraient encore à confier une partie de leur quotidien financier à ces solutions.

RedotPay elle-même a commencé à construire sa présence réglementaire aux États-Unis. Elle a obtenu sa première licence de transmetteur de fonds et a des demandes en cours dans plus de vingt États supplémentaires. Cette démarche s’inscrit dans une logique de professionnalisation du secteur, où les acteurs sérieux investissent dans la conformité plutôt que de rester dans des zones grises.

Évolution réglementaire observée :

  • Obtention de licences de transmission de fonds
  • Demandes en cours dans de nombreux États américains
  • Cadres plus précis dans plusieurs marchés internationaux

Améliorations produit et expérience utilisateur

Au-delà de la régulation, les progrès techniques et d’expérience utilisateur jouent un rôle majeur. Les interfaces sont devenues plus intuitives. Les services de conversion entre monnaies fiduciaires et crypto ont élargi leur couverture. Les tarifs de conversion se sont améliorés. Le support client s’est professionnalisé. Tous ces éléments, apparemment secondaires, font la différence entre un produit expérimental et un outil que l’on utilise sans y penser.

À mesure que les volumes augmentent, les entreprises spécialisées devront aussi investir davantage dans les licences et la conformité. Parallèlement, on s’attend à ce que des acteurs financiers traditionnels s’appuient davantage sur l’infrastructure de règlement en stablecoins. Le pont entre les réseaux blockchain et les rails bancaires classiques se renforce progressivement.

Les réseaux de cartes s’adaptent

Les grands réseaux de cartes ne restent pas inactifs. Mastercard a notamment ajouté le support du règlement via plusieurs stablecoins adossés au dollar, dont l’USDC, le PayPal USD, le Ripple USD et d’autres. Ce système permet de régler des transactions en dehors des horaires bancaires classiques, y compris le week-end et les jours fériés, tout en conservant les processus de paiement par carte habituels. Les réseaux blockchain supportés incluent Ethereum, Solana et le XRP Ledger.

De son côté, Stripe a développé une infrastructure de cartes stablecoin via Bridge. Après l’acquisition de cette société spécialisée, le programme s’est étendu à plus de cent marchés. Les volumes annualisés sont passés de zéro à plusieurs dizaines de millions de dollars en relativement peu de temps. Ces initiatives montrent que les acteurs historiques du paiement voient un potentiel réel dans ces solutions hybrides.

Au-delà du paiement en magasin

Les dépenses via cartes ne représentent qu’une partie du marché des paiements en stablecoins. Les règlements transfrontaliers, les envois de fonds et les paiements d’entreprise constituent d’autres cas d’usage majeurs. Certains observateurs estiment d’ailleurs que la demande reste encore concentrée sur le règlement entre entreprises, les paiements B2B et les opérations de trésorerie plutôt que sur le remplacement des cartes classiques au moment de l’achat en magasin.

Le modèle des cartes stablecoin a l’intérêt de relier ces deux mondes. L’utilisateur finance ses dépenses à partir d’actifs numériques, tout en s’appuyant sur les réseaux de cartes existants pour l’acceptation chez les commerçants. Cette hybridation facilite l’adoption sans forcer une révolution complète des habitudes de paiement.

Les marchés prioritaires de la croissance

L’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie-Pacifique apparaissent comme les zones les plus dynamiques dans les projections. Dans ces régions, les stablecoins servent souvent d’outil d’épargne en dollars, de moyen d’effectuer des achats internationaux, de dépenses de voyage ou d’accès à des produits de paiement absents de l’offre bancaire locale. L’usage transfrontalier donne aussi un rôle aux cartes dans les transferts de fonds et les opérations de change, surtout lorsque les clients détiennent déjà des dollars numériques et souhaitent les convertir ou les dépenser sans passer par plusieurs intermédiaires.

La concurrence entre les entreprises qui connectent les systèmes bancaires traditionnels aux stablecoins pourrait à terme faire baisser les coûts. Les institutions financières établies devraient elles aussi augmenter leur recours aux rails de règlement en stablecoins à mesure que l’infrastructure se développe.

Indicateur Valeur observée ou projetée
Volume cumulé actuel Plus de 10,9 milliards de dollars
Dépenses juillet 2026 Environ 1,04 milliard de dollars
Projection annuelle 2028 50 milliards de dollars
Utilisateurs RedotPay Plus de 8 millions
Volume annualisé RedotPay Environ 14 milliards de dollars

Une place encore modeste dans l’écosystème global des paiements

Même si la projection de 50 milliards d’ici 2028 se réalise, elle restera une portion limitée des plus de 20 000 milliards dépensés chaque année via les cartes traditionnelles. Cette relativité est importante. Elle montre que les cartes stablecoin ne cherchent pas (encore) à remplacer le système existant, mais à occuper une niche en forte croissance, particulièrement utile dans certains contextes géographiques et pour certains profils d’utilisateurs.

Le vrai enjeu n’est peut-être pas le volume absolu, mais la démonstration qu’un produit hybride, reliant crypto et réseaux de cartes classiques, peut trouver un public large et générer une activité rentable. Les chiffres actuels de RedotPay, avec un chiffre d’affaires annualisé supérieur à 180 millions, apportent déjà des éléments de réponse.

Les freins qui persistent

Malgré la dynamique positive, plusieurs obstacles demeurent. La conversion locale des stablecoins en monnaie fiduciaire reste parfois un goulot d’étranglement. Les différences de réglementation d’un pays à l’autre compliquent l’expansion. La confiance des utilisateurs, même si elle progresse, n’est pas encore universelle. Et la concurrence s’intensifie, ce qui peut exercer une pression sur les marges.

Les entreprises du secteur devront continuer à investir dans la conformité, l’expérience utilisateur et l’éducation du public. Les acteurs qui sauront combiner simplicité d’usage, solidité réglementaire et tarification compétitive auront un avantage net.

Ce que révèle cette progression pour le futur des paiements

L’histoire des cartes stablecoin illustre une tendance plus large : l’hybridation progressive entre finance traditionnelle et actifs numériques. Plutôt qu’une rupture brutale, on assiste à une série de ponts qui se construisent. Les réseaux de cartes acceptent le règlement en stablecoins. Les fintechs spécialisées obtiennent des licences bancaires. Les utilisateurs découvrent qu’ils peuvent payer leur café ou leur abonnement streaming avec des dollars numériques sans complexité apparente.

Cette évolution n’est pas uniforme. Elle progresse plus vite là où le système bancaire classique est moins performant ou plus cher. Elle s’appuie sur des besoins concrets : épargne en devises fortes, paiements internationaux, accès à des services digitaux. Et elle bénéficie d’un contexte réglementaire qui, sans être parfait, devient plus lisible.

Si la projection de 50 milliards de dépenses annuelles d’ici 2028 se confirme, elle marquera moins une révolution qu’une maturation. Les cartes stablecoin auront alors démontré qu’elles pouvaient passer du statut d’expérience à celui d’outil de masse, au moins dans certains segments de marché. Le prochain test sera de maintenir cette dynamique tout en élargissant encore le public et en renforçant la confiance.

Pour l’instant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. D’un volume mensuel de 60 000 dollars à plus d’un milliard en trois ans, le chemin parcouru est déjà impressionnant. La suite dépendra de la capacité des acteurs à transformer cet élan en usage durable, transparent et accessible au plus grand nombre.

Perspectives à moyen terme

Les prochains mois et années devraient apporter plusieurs indicateurs utiles. Le rythme auquel le volume cumulé franchira les prochains seuils de 10 milliards. L’évolution du nombre d’utilisateurs actifs et de la fréquence d’utilisation. La progression des licences réglementaires dans les marchés clés. L’arrivée éventuelle de nouveaux acteurs issus de la finance traditionnelle. Et bien sûr, la capacité à maintenir des tarifs compétitifs face à une concurrence accrue.

On peut aussi s’attendre à des innovations produit supplémentaires : lignes de crédit collatéralisées plus sophistiquées, intégration plus poussée avec les portefeuilles mobiles, offres ciblées pour les travailleurs transfrontaliers ou les freelances internationaux. Chaque amélioration qui réduit la friction et augmente l’utilité concrète renforce le cas d’usage.

Le secteur des cartes stablecoin n’en est plus à ses balbutiements. Il a démontré une capacité de croissance rapide, une rentabilité naissante et une utilité qui dépasse le cercle des initiés. La projection de 50 milliards de dépenses annuelles d’ici 2028 paraît ambitieuse, mais elle s’inscrit dans une trajectoire déjà visible. Reste à voir si les conditions réglementaires, techniques et concurrentielles permettront de transformer cette ambition en réalité tangible pour des dizaines de millions d’utilisateurs supplémentaires.

Dans un monde où plus de 20 000 milliards de dollars transitent chaque année par les cartes traditionnelles, même une part modeste de ce marché représente une opportunité considérable. Les cartes stablecoin semblent bien parties pour en capturer une fraction croissante, en particulier là où elles apportent une valeur ajoutée claire et mesurable. L’histoire ne fait que commencer, et les prochains chapitres s’annoncent particulièrement instructifs pour tous ceux qui s’intéressent à l’évolution des moyens de paiement.

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