Depuis plusieurs semaines, une situation préoccupante se déroule dans un pays d’Afrique de l’Ouest. Deux réalisateurs français, partis filmer un épisode d’une série documentaire connue, se retrouvent privés de liberté avec un collaborateur local. Leurs proches et des organisations de défense de la presse expriment une inquiétude grandissante, notamment autour de la santé de l’un d’eux. Les informations disponibles dessinent un tableau complexe où se mêlent autorisations de tournage, procédures judiciaires et contexte sécuritaire régional.
Une arrestation qui soulève de nombreuses questions
Le 27 juillet dernier, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani ont été arrêtés sur le territoire togolais. Ils travaillaient alors sur un épisode de la série documentaire Les routes de l’impossible, destinée à une diffusion nationale. À leurs côtés se trouvait Fred Vedomey, un fixeur togolais collaborateur de médias. Les trois hommes ont d’abord été assignés à résidence avant d’être placés en détention provisoire le 17 août. Ils ont été inculpés pour fausses déclarations selon les informations disponibles.
Ils sont actuellement retenus au camp d’Agoè Logopé, près de Lomé. Cette installation des forces de l’ordre se situe dans le quartier du même nom. L’organisation de défense des droits des journalistes a rapidement demandé leur libération immédiate. Le directeur général de cette organisation a insisté sur la nécessité de mettre fin à cette privation de liberté.
Les familles des deux réalisateurs ont également pris la parole. Elles se disent bouleversées par la situation que subissent leurs proches. Leur inquiétude porte particulièrement sur l’état de santé des détenus. Sebastian Perez Pezzani souffre de graves problèmes de santé qui nécessitent une prise en charge immédiate. Les deux hommes sont pères de famille, et l’un d’eux a un enfant de seulement treize ans.
Des problèmes de santé qui aggravent l’urgence
Les proches et les employeurs des réalisateurs alertent depuis plusieurs jours sur l’état de santé de Sebastian Perez Pezzani. Il est malade et risque une septicémie, une infection grave de l’organisme. Cette information a été confirmée par le directeur général de la société de production pour laquelle les deux réalisateurs travaillent. La situation médicale rend la détention encore plus préoccupante.
Dans ce contexte, chaque jour qui passe augmente le niveau d’anxiété des familles. La privation de liberté s’accompagne d’un manque d’accès rapide aux soins adaptés. Les proches insistent sur le fait que leurs compagnons, pères, fils et frères se trouvent dans une position extrêmement difficile. La santé devient un enjeu central de cette affaire.
Les autorités consulaires françaises ont effectué des visites. Selon le ministère des Affaires étrangères, les deux réalisateurs font l’objet d’une information judiciaire conduite par un juge d’instruction. Ces éléments confirment que la procédure suit son cours, mais ils n’apaisent pas les craintes liées à l’état physique des personnes détenues.
Des versions qui divergent sur les autorisations
Du côté de la production, on affirme que les réalisateurs étaient en règle. Ils auraient obtenu une autorisation de tournage auprès du ministère de la Culture. Leur matériel aurait également été déclaré à la douane. L’arrestation aurait eu lieu du côté de Kara, dans une zone qu’ils auraient dépassée par rapport aux conseils reçus. Malgré cela, la production maintient que les documents nécessaires étaient en leur possession.
Le régulateur togolais des médias présente une version différente. Dans un communiqué publié mercredi soir, il indique n’avoir été saisi d’aucune demande d’accréditation concernant ces deux personnes. Ni la chaîne de télévision, ni les intéressés eux-mêmes n’auraient déposé de dossier comme le prévoient les textes en vigueur.
La Haute autorité de régulation de la communication écrite, audiovisuelle et numérique assure ne pas avoir été informée de l’arrivée sur le territoire des deux personnes. Elle ignore leur statut professionnel et les activités de tournage qu’elles devaient mener, notamment dans la partie septentrionale du pays. Selon cette institution, il revient à la justice de déterminer les circonstances de leur présence, la nature de leurs activités et les faits qui leur sont éventuellement reprochés.
Nous sommes bouleversés par la privation de liberté que subissent au Togo nos compagnons, nos pères, nos fils et nos frères. Notre inquiétude est immense, notamment pour leur santé.
Ces paroles des familles résument l’état d’esprit actuel. Elles soulignent à la fois la dimension humaine et l’urgence médicale. La situation se trouve à l’intersection de plusieurs enjeux : liberté de travailler pour les équipes de documentaire, respect des procédures locales et protection de la santé des personnes placées en détention.
Un contexte régional sensible
Le Togo est un petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest. Il est dirigé depuis 2005 par Faure Gnassingbé, qui a succédé à son père resté trente-huit ans au pouvoir. Dans le classement annuel de la liberté de la presse, le pays occupe la 97e place sur 180. Ce positionnement donne une indication sur l’environnement dans lequel évoluent les journalistes et les documentaristes.
Depuis fin 2021, l’extrême nord du Togo, à des dizaines de kilomètres de Kara, connaît des incursions de groupes jihadistes. Ces groupes sont présents de l’autre côté de la frontière, au Burkina Faso, un pays miné par les attaques de mouvements liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. Les autorités togolaises ont instauré l’état d’urgence l’année suivante dans une région du nord. Cette mesure a été prolongée à plusieurs reprises, la dernière fois en février pour une durée d’un an.
Ce climat sécuritaire explique en partie la sensibilité des autorités face aux déplacements de équipes de tournage dans certaines zones. Les équipes documentaires qui travaillent sur des routes difficiles ou dans des régions peu accessibles se retrouvent parfois confrontées à des contrôles renforcés. Dans le cas présent, le fait d’avoir dépassé une zone conseillée a pu jouer un rôle dans le déclenchement de la procédure.
Des médias français déjà sous pression
Depuis fin juin 2025, deux médias français d’information internationale sont interdits d’antenne au Togo pour une durée de trois mois. Ils ont été accusés d’avoir relayé des propos inexacts et tendancieux après des manifestations critiques envers le pouvoir. Ces mouvements avaient secoué le pays le même mois. À ce jour, ces médias ne peuvent toujours pas émettre selon des sources professionnelles sur place.
En avril, le chef de la diplomatie française avait déclaré avoir plaidé pour la levée de cette suspension lors d’une visite au Togo. Il s’agissait du premier déplacement officiel français de si haut niveau depuis dix ans. Cette démarche diplomatique montre que les relations entre les deux pays sur les questions de liberté d’information restent un sujet de discussion.
Dans ce contexte plus large, l’arrestation des deux réalisateurs s’inscrit dans une série d’événements qui touchent les professionnels de l’information et du documentaire. Les équipes qui se déplacent pour filmer des réalités locales doivent naviguer entre les autorisations administratives, les réalités sécuritaires et les attentes des régulateurs.
Le rôle du collaborateur local
Fred Vedomey, le fixeur togolais, se trouve également en détention. Son statut de collaborateur de médias le place dans une position particulière. Les fixeurs jouent souvent un rôle essentiel pour les équipes étrangères. Ils facilitent les contacts, aident à la logistique et apportent une connaissance du terrain. Leur présence aux côtés des réalisateurs français montre l’importance de ces partenariats locaux dans le travail documentaire.
La détention des trois hommes ensemble souligne que les autorités considèrent l’ensemble de l’équipe comme concernée par les faits reprochés. La charge de fausses déclarations s’applique potentiellement à tous. Cette situation place le collaborateur local dans une position délicate, car il évolue dans son propre pays tout en travaillant avec des équipes étrangères.
Les organisations de défense de la presse rappellent régulièrement l’importance de protéger l’ensemble des personnes qui contribuent à la production d’informations et de documentaires. Le cas présent illustre comment un tournage peut rapidement se transformer en procédure judiciaire lorsque les interprétations des règles divergent.
Les appels à la libération
L’organisation de défense des droits des journalistes a appelé clairement à la libération immédiate des trois hommes. Cette demande s’appuie sur le principe selon lequel les professionnels de l’image et de l’information doivent pouvoir exercer leur activité dans un cadre protecteur. La détention provisoire et les accusations de fausses déclarations sont jugées disproportionnées par ces défenseurs.
Les familles, de leur côté, insistent sur la dimension humaine. Elles rappellent que leurs proches sont des pères de famille et que l’un des enfants n’a que treize ans. Cette réalité personnelle donne un poids particulier à leurs appels. L’inquiétude pour la santé de Sebastian Perez Pezzani constitue un argument supplémentaire en faveur d’une issue rapide.
La production pour laquelle travaillent les réalisateurs a également exprimé son soutien. Elle maintient que les autorisations nécessaires avaient été obtenues et que le matériel avait été déclaré. Cette position crée un contraste avec celle du régulateur togolais, qui affirme n’avoir reçu aucune demande d’accréditation.
Ce que l’on sait de la procédure judiciaire
Les deux réalisateurs font l’objet d’une information judiciaire conduite par un juge d’instruction. Cette procédure signifie que des investigations sont en cours pour déterminer les faits exacts. Les autorités françaises ont confirmé que des visites consulaires ont eu lieu. Ces visites permettent de s’assurer du respect des droits fondamentaux et de maintenir un lien avec les personnes détenues.
La nature précise des fausses déclarations qui leur sont reprochées n’a pas été détaillée publiquement de manière exhaustive. Les autorités togolaises indiquent que la justice doit clarifier les circonstances de leur présence sur le territoire, la nature de leurs activités et les éventuels faits reprochés. Cette formulation laisse ouverte la possibilité de plusieurs interprétations.
Dans de nombreux pays, les équipes de tournage doivent obtenir des accréditations spécifiques avant de commencer à filmer. Les règles varient d’un État à l’autre. Dans le cas présent, le désaccord porte sur le point de savoir si ces formalités avaient été correctement accomplies. La production affirme que oui, le régulateur affirme que non.
L’impact sur les équipes de documentaire
Les séries documentaires qui explorent des routes difficiles ou des régions isolées reposent sur une préparation minutieuse. Les équipes doivent anticiper les autorisations, les conditions de sécurité et les réalités du terrain. Lorsque ces préparatifs se heurtent à des interprétations divergentes des règles locales, les conséquences peuvent être lourdes.
Le cas de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani illustre les risques auxquels sont exposés les réalisateurs qui travaillent dans des zones sensibles. Même avec des documents en poche, le passage d’une zone à une autre peut déclencher des contrôles approfondis. La présence d’un fixeur local ne constitue pas toujours une protection suffisante face aux procédures judiciaires.
Pour les sociétés de production, ces situations entraînent une réflexion sur les protocoles de sécurité et de conformité. Elles doivent composer avec des environnements réglementaires parfois changeants et avec des contextes sécuritaires qui évoluent rapidement. Le nord du Togo, touché par des incursions jihadistes, représente précisément ce type d’environnement complexe.
La dimension familiale de l’affaire
Derrière les aspects juridiques et administratifs se trouve une réalité humaine concrète. Les deux réalisateurs sont pères de famille. L’un de leurs enfants n’a que treize ans. Cette information, relayée par les proches, rappelle que la détention affecte un cercle bien plus large que les trois hommes concernés.
Les familles ont décrit leur état comme bouleversé. Elles parlent de privation de liberté subie par leurs compagnons, pères, fils et frères. Cette formulation englobe plusieurs générations et plusieurs liens affectifs. L’inquiétude pour la santé de Sebastian Perez Pezzani ajoute une couche de gravité supplémentaire.
Dans ce type de situation, le temps qui passe devient un facteur aggravant. Chaque jour de détention augmente le risque médical et prolonge l’angoisse des proches. Les appels à une libération rapide s’appuient autant sur des principes de liberté professionnelle que sur des considérations humanitaires immédiates.
Les enjeux de la liberté de la presse dans la région
Le classement de la liberté de la presse place le Togo à la 97e position sur 180 pays. Ce positionnement intermédiaire reflète un environnement où les journalistes et les documentaristes peuvent rencontrer des obstacles. Les suspensions de médias étrangers et les procédures visant des équipes de tournage s’inscrivent dans cette réalité.
Les organisations de défense des droits des journalistes suivent de près ce type d’affaires. Elles considèrent que la protection des professionnels de l’information constitue un enjeu démocratique. Lorsque des réalisateurs sont placés en détention pour des questions d’autorisation ou de déclarations, cela envoie un signal à l’ensemble de la profession.
Dans le même temps, les autorités nationales insistent sur le respect des procédures locales. Elles estiment que toute activité de tournage doit faire l’objet d’une information préalable et d’une accréditation. Le désaccord actuel porte précisément sur le respect ou non de ces formalités.
Un appel à la clarté et à la rapidité
La situation des trois hommes appelle à une clarification rapide des faits. D’un côté, la production affirme disposer des autorisations nécessaires. De l’autre, le régulateur indique n’avoir reçu aucune demande. Cette contradiction doit être résolue par les voies judiciaires, mais le temps joue contre les détenus, en particulier celui qui présente des problèmes de santé graves.
Les visites consulaires constituent un élément positif. Elles permettent de maintenir un contact et de s’assurer du respect des droits fondamentaux. Cependant, elles ne remplacent pas une issue judiciaire rapide. L’information judiciaire en cours devrait permettre d’établir les responsabilités et de décider du sort des trois hommes.
Les familles, la production et les organisations de défense de la presse convergent sur un point : la privation de liberté ne devrait pas se prolonger. Les arguments avancés portent à la fois sur le respect des droits professionnels et sur l’urgence médicale. La combinaison de ces deux dimensions rend l’affaire particulièrement sensible.
Les leçons pour les futurs tournages
Cette affaire rappelle l’importance d’une préparation administrative rigoureuse. Même lorsque les équipes pensent être en règle, des divergences d’interprétation peuvent survenir. Les contacts avec les régulateurs locaux, les ministères concernés et les autorités sécuritaires doivent être établis le plus tôt possible.
Dans les zones placées sous état d’urgence ou touchées par des menaces sécuritaires, les précautions doivent être renforcées. Le dépassement d’une zone conseillée, même involontaire, peut entraîner des conséquences importantes. Les équipes de documentaire doivent intégrer ces réalités dans leur planification.
Le rôle des fixeurs locaux reste essentiel, mais il ne suffit pas à garantir une protection absolue. Dans le cas présent, Fred Vedomey se trouve lui aussi en détention. Cette situation montre que les collaborateurs locaux peuvent être affectés par les mêmes procédures que les équipes étrangères.
Une situation qui reste ouverte
À l’heure actuelle, Gaël Mocaër, Sebastian Perez Pezzani et Fred Vedomey restent privés de liberté. Leur détention provisoire se poursuit au camp d’Agoè Logopé. Les appels à leur libération immédiate se multiplient, portés par les familles, la production et les organisations de défense de la presse.
La santé de Sebastian Perez Pezzani constitue un facteur d’urgence supplémentaire. Le risque de septicémie rend la situation médicale critique. Les proches insistent sur la nécessité d’une prise en charge immédiate. Cette dimension humanitaire s’ajoute aux questions juridiques et administratives déjà complexes.
Les autorités togolaises maintiennent que la justice doit faire son travail pour déterminer les circonstances exactes. Le régulateur des médias rappelle qu’aucune demande d’accréditation n’a été reçue selon ses informations. La production continue d’affirmer que les documents nécessaires avaient été obtenus.
Cette divergence de versions place l’affaire au centre d’une discussion plus large sur les conditions dans lesquelles les équipes documentaires peuvent travailler. Elle pose également la question de la protection de la santé des personnes placées en détention provisoire. Les prochains développements judiciaires et médicaux seront déterminants pour l’issue de cette situation.
Les familles continuent d’espérer une issue rapide. Elles rappellent que leurs proches sont des hommes avec des responsabilités familiales et des besoins médicaux urgents. L’organisation de défense des droits des journalistes maintient son appel à la libération immédiate. Dans ce contexte, chaque nouvelle information sur l’état de santé ou sur l’avancée de la procédure est suivie avec attention.
Le Togo, confronté à des défis sécuritaires dans son extrême nord et à des questions récurrentes de liberté d’information, se trouve face à un cas qui concentre plusieurs enjeux. Les équipes de documentaire, les régulateurs, les autorités judiciaires et les familles se retrouvent liés par une même affaire. L’évolution de cette situation illustrera la manière dont ces différents acteurs peuvent trouver une issue respectueuse à la fois des procédures et des droits fondamentaux.
En attendant, les trois hommes restent au camp d’Agoè Logopé. Leur quotidien est celui de la détention provisoire. Pour leurs proches, chaque jour apporte son lot d’inquiétude. Pour les organisations qui les soutiennent, chaque jour confirme la nécessité d’une intervention rapide. La santé, la liberté et le respect des procédures se trouvent au cœur de cette affaire qui continue de susciter une attention soutenue.
Les réalisateurs étaient partis filmer les réalités d’une route difficile. Ils se retrouvent aujourd’hui confrontés à une réalité judiciaire et médicale bien plus complexe. Leur collaborateur local partage leur sort. Les familles attendent des nouvelles rassurantes. Les défenseurs de la presse appellent à une libération. La justice doit encore trancher. Dans cet intervalle, l’inquiétude demeure immense.









