Imaginez-vous confortablement installé dans votre villa avec piscine à débordement, profitant du soleil éternel de Dubaï, quand soudain le ciel s’embrase. Des explosions retentissent au loin, la panique s’installe. C’est exactement ce qu’ont vécu plusieurs influenceurs français ces derniers jours. Parmi eux, une figure bien connue du public : Maeva Ghennam. Mais au lieu de la compassion, c’est une vague de moqueries et de critiques qui a déferlé sur les réseaux sociaux… et jusque dans les plateaux télévisés français.
Le ton est monté d’un cran lorsque Matthieu Delormeau, fidèle chroniqueur de Cyril Hanouna, a décidé de s’exprimer sans filtre. L’ancien animateur n’a pas hésité à tacler l’influenceuse, préférant même mettre en avant une autre personnalité du même milieu. Cette nouvelle salve de critiques intervient dans un contexte déjà très tendu, mêlant géopolitique explosive, fiscalité controversée et course à la visibilité sur les réseaux.
Quand Dubaï devient le théâtre d’une crise inattendue
Les Émirats arabes unis, souvent présentés comme un havre de paix et de luxe, ont été récemment touchés par des frappes aériennes. Ces bombardements, survenus en représailles à une intervention militaire conjointe impliquant les États-Unis et Israël en Iran, ont semé la stupeur parmi les expatriés fortunés. Pour beaucoup d’influenceurs français installés là-bas depuis plusieurs années, l’image idyllique s’est fissurée en quelques heures.
Les vidéos amateurs circulant sur les réseaux montrent des scènes de panique : des sirènes hurlantes, des habitants se précipitant vers les abris, des influenceurs filmant en direct leur peur. Parmi ces publications, celles de Maeva Ghennam ont particulièrement retenu l’attention. L’ancienne participante des Marseillais a partagé son angoisse en direct, avant d’appeler à un rapatriement d’urgence vers la France.
La demande de rapatriement qui divise
Exiger un avion spécial pour quitter le territoire en pleine crise : la requête a été perçue par beaucoup comme disproportionnée. Les commentaires ont rapidement afflué, oscillant entre moquerie et colère ouverte. Certains internautes ont reproché aux influenceurs leur manque de solidarité avec les populations locales, d’autres ont pointé du doigt leur mode de vie déconnecté de la réalité.
Face à cette déferlante, Maeva Ghennam a choisi de répondre avec une longue story Instagram publiée début mars. Loin de s’excuser, elle a adopté un ton ironique et assumé, remerciant même ses détracteurs pour la visibilité générée.
« Les gens sont devenus des moutons. Ils ne réfléchissent plus, ils répètent, ils suivent la foule. […] Plus on parle de moi, plus je gagne, plus on me critique, plus je suis visible, plus on m’attaque, plus je deviens forte. Mes ennemis participent à mon succès. »
Ce message, mélange de défi et de philosophie de comptoir des réseaux sociaux, n’a fait qu’attiser les critiques. Mais il illustre parfaitement la stratégie de communication que beaucoup d’influenceurs adoptent face à la polémique : transformer la haine en carburant pour la notoriété.
Matthieu Delormeau ne lâche rien
Quelques jours après cette réponse très cash, Matthieu Delormeau est revenu sur le sujet lors de l’émission Tout beau tout neuf diffusée sur W9. Invité à s’exprimer sur le clash en cours avec une autre personnalité du milieu, il a profité de l’occasion pour glisser une nouvelle pique envers Maeva Ghennam.
Après avoir défendu son droit à critiquer sans animosité personnelle, il a lâché une phrase qui a fait réagir : il préfère nettement une autre influenceuse à Maeva Ghennam. Le nom de Julia Paredes a été cité, présentée comme plus sympathique et plus honnête dans sa communication.
Le chroniqueur n’a pas manqué de rappeler le point qui fâche le plus : la question fiscale. Selon lui, ces influenceurs qui ciblent un public français tout en profitant d’un régime fiscal avantageux à Dubaï posent un véritable problème de cohérence.
« Quand je discute avec quelqu’un, ce n’est pas que je ne l’aime pas. Je la trouve charmante, cette fille. Je lui ai juste fait remarquer qu’elle vend à des français et qu’elle ne paye pas d’impôts. »
Cette sortie n’est pas isolée. Depuis plusieurs années, le débat sur les influenceurs « exilés fiscaux » revient régulièrement dans les médias français. Dubaï est devenu le symbole d’un eldorado pour créateurs de contenu qui souhaitent maximiser leurs revenus tout en minimisant leurs charges.
Julia Paredes : l’autre visage des influenceurs à Dubaï
Dans cette même émission, Matthieu Delormeau a tenu à distinguer deux profils. D’un côté Maeva Ghennam, qu’il juge clivante et parfois maladroite dans sa communication. De l’autre, Julia Paredes, décrite comme « gentille comme tout » malgré les critiques qu’elle peut recevoir.
Cette comparaison n’est pas anodine. Elle met en lumière une fracture au sein même de la communauté des influenceurs français expatriés : ceux qui assument pleinement leur choix de vie et ceux qui tentent de maintenir un lien émotionnel fort avec leur audience hexagonale.
Julia Paredes, régulièrement invitée dans les émissions de Cyril Hanouna, cultive une image plus accessible, plus « people » au sens classique du terme. Ses publications mélangent quotidien luxueux et confidences personnelles, créant une proximité que beaucoup apprécient.
Le rôle ambigu des plateaux télévisés
Les émissions de Cyril Hanouna, et Tout beau tout neuf en particulier, jouent un rôle central dans l’amplification de ces polémiques. En invitant régulièrement ces personnalités, en les laissant s’exprimer longuement, en organisant des face-à-face, la production crée un spectacle permanent.
Matthieu Delormeau lui-même reconnaît volontiers son goût pour la « cartouche ». Cyril Hanouna, amusé, le taquine sur le plateau : « T’as été obligé de mettre une cartouche à quelqu’un… C’est plus fort que lui ! » Cette dynamique fait partie intégrante du succès de ces programmes : la polémique entretenue, le clash maîtrisé, le rebondissement permanent.
Mais derrière le divertissement se pose une question plus profonde : ces émissions contribuent-elles à stigmatiser une catégorie professionnelle entière ou se contentent-elles de refléter un ras-le-bol généralisé ?
La fiscalité : le vrai nœud du problème ?
Revenons à l’argument principal avancé par Matthieu Delormeau : la question des impôts. Dubaï applique effectivement une fiscalité très attractive pour les personnes physiques : pas d’impôt sur le revenu, pas d’impôt sur la fortune, exonérations diverses. Pour un influenceur générant plusieurs centaines de milliers d’euros par an via des partenariats majoritairement français, l’écart peut représenter plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’euros chaque année.
Cet argument moral est régulièrement opposé à celui de la liberté d’entreprendre et de s’installer où l’on souhaite. Les défenseurs de ces expatriés rappellent que de nombreuses multinationales pratiquent l’optimisation fiscale à grande échelle sans susciter la même indignation.
Pourtant, le ressenti populaire est différent lorsqu’il s’agit de personnalités publiques qui s’adressent directement aux Français, affichent leur train de vie luxueux et demandent parfois l’aide de l’État français en cas de coup dur.
Les autres influenceurs dans la tourmente
Maeva Ghennam n’est pas la seule à avoir été épinglée. Bigflo et Oli, par exemple, ont publié une vidéo depuis Dubaï où ils expliquaient être bloqués sur place. Les chroniqueurs de l’émission n’ont pas manqué de les critiquer sévèrement, les accusant de « délirer complètement ».
De son côté, Vincent Moscato, également bloqué dans l’émirat, a expliqué continuer son émission quotidienne à distance depuis un parking d’hôtel. Une anecdote qui montre que la situation, bien que tendue, n’empêche pas totalement la poursuite des activités professionnelles.
Manon Tanti, invitée quelques jours plus tôt, était restée très cash sur le sujet des rapatriements jugés « ridicules » par certains. Elle avait défendu une position nuancée : comprendre la peur sans excuser les demandes jugées excessives.
La haine en ligne : un business model ?
Le discours tenu par Maeva Ghennam dans sa story Instagram soulève un point crucial du fonctionnement actuel des réseaux sociaux : la polémique paie. Chaque critique, chaque moquerie, chaque article négatif génère des vues, des interactions, donc de la monétisation.
Ce mécanisme pervers est connu depuis longtemps, mais il prend une dimension nouvelle lorsque la personne visée l’assume ouvertement et le transforme en argument de victoire. « Mes ennemis travaillent pour moi gratuitement » : la formule est choc, mais elle reflète une réalité économique indéniable.
Ce constat pose question : jusqu’où peut-on instrumentaliser la haine pour construire son succès ? Et surtout, les audiences suivent-elles par voyeurisme, par opposition ou par réelle adhésion au discours ?
Quel avenir pour les influenceurs français à Dubaï ?
La crise géopolitique actuelle pourrait-elle marquer un tournant ? Certains observateurs estiment que l’image de Dubaï comme destination « safe » et sans risque a pris un coup. D’autres pensent au contraire que cette période de tension ne fera qu’accroître le mythe de la ville-État capable de surmonter toutes les crises.
Pour les influenceurs, la question est aussi fiscale. Avec les évolutions réglementaires européennes et françaises sur la taxation des créateurs de contenu, certains pourraient être tentés de revenir ou de diversifier leurs lieux de résidence.
Mais pour l’instant, la majorité semble déterminée à rester. Le cadre de vie, les opportunités business, le réseau déjà constitué pèsent plus lourd que les critiques ponctuelles ou les risques géopolitiques passagers.
Entre fascination et rejet : le paradoxe français
Le cas des influenceurs à Dubaï cristallise un paradoxe typiquement français : fascination pour le luxe et le succès rapide d’un côté, rejet virulent dès lors que ce succès semble « trop » déconnecté des réalités hexagonales de l’autre.
On envie les villas, les voitures de luxe, les voyages permanents… mais on condamne ceux qui en profitent sans « payer leur part ». Cette ambivalence nourrit le débat depuis des années et n’est pas près de s’éteindre.
Matthieu Delormeau, en choisissant de critiquer nommément Maeva Ghennam tout en épargnant (relativement) Julia Paredes, ne fait qu’alimenter cette tension permanente entre rejet et fascination.
Une chose est sûre : tant que les caméras tourneront et que les stories Instagram défileront, le feuilleton des influenceurs français à Dubaï continuera d’occuper les réseaux… et les plateaux télé.
Et vous, que pensez-vous de cette polémique ? Les critiques envers ces influenceurs sont-elles justifiées ou traduisent-elles simplement une forme de jalousie sociale ? Le débat reste ouvert.









