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Strategy Révolutionne avec Actions Préférentielles et Bitcoin

Strategy continue d’empiler du Bitcoin malgré la chute des prix, mais change de braquet : plus d’actions préférentielles « Stretch » à 11,25 % pour calmer la volatilité. Une solution ingénieuse pour attirer les gros investisseurs sans les effrayer… mais jusqu’où ira cette machine ?
L’entreprise Strategy innove une nouvelle fois dans sa stratégie d’accumulation massive de Bitcoin. Face à la volatilité persistante du marché des cryptomonnaies, elle mise sur l’émission accrue d’actions préférentielles perpétuelles pour financer ses achats tout en atténuant les chocs sur son cours boursier. Cette approche, incarnée par le produit baptisé « Stretch », attire l’attention des investisseurs en quête d’exposition au Bitcoin avec un risque maîtrisé.

Une stratégie audacieuse pour dompter la volatilité du Bitcoin

Imaginez une société qui détient plus de 3 % de l’offre totale de Bitcoin, accumulant des dizaines de milliers de BTC chaque mois, même quand les prix chutent. C’est exactement ce que fait Strategy depuis plusieurs années. Mais cette accumulation effrénée a un revers : son action ordinaire suit de près les mouvements du Bitcoin, amplifiant les hausses comme les baisses. Une chute de 50 % du BTC peut faire plonger le titre bien plus violemment.

Aujourd’hui, alors que le Bitcoin oscille autour de 67 000 dollars après un repli marqué, l’entreprise cherche à découpler partiellement son financement de cette volatilité extrême. L’idée ? Émettre davantage d’actions préférentielles perpétuelles, un instrument hybride qui offre stabilité aux investisseurs prudents tout en libérant des capitaux pour continuer les achats de BTC.

Le produit Stretch : un bouclier contre les turbulences

Le cœur de cette nouvelle tactique repose sur le Stretch (ticker STRC), une action préférentielle perpétuelle conçue pour ressembler à un placement à haut rendement mais à faible volatilité. Contrairement aux actions ordinaires, qui peuvent varier de 30 à 60 % en quelques semaines, le Stretch vise à rester proche de sa valeur nominale de 100 dollars.

Comment ? Grâce à un dividende variable réajusté chaque mois. Actuellement fixé à 11,25 % annualisé (payé mensuellement en cash), ce taux monte ou descend pour inciter les traders à maintenir le prix autour de 100 dollars. Si le cours dévie trop bas, le dividende augmente pour rendre l’instrument plus attractif ; si le prix monte, il peut baisser. Cette mécanique ingénieuse réduit drastiquement la volatilité historique à environ 6-7 %, contre plus de 30 % pour d’autres produits exposés au Bitcoin.

Ce produit s’adresse particulièrement aux investisseurs institutionnels – fonds de pension, assureurs, banques – qui recherchent des rendements élevés sans les montagnes russes du marché crypto. Il offre une priorité sur les dividendes par rapport aux actions ordinaires, tout en occupant une place intermédiaire dans la structure du capital (au-dessus des actions communes mais en dessous de la dette senior).

Comment Strategy finance ses achats massifs de Bitcoin

Depuis des années, Strategy utilise les marchés de capitaux pour gonfler son trésor de Bitcoin. En 2025, elle a levé plus de 25 milliards de dollars, devenant le plus gros émetteur d’actions aux États-Unis deux années consécutives. Ces fonds servent quasi exclusivement à acheter du BTC.

En ce début 2026, malgré un marché baissier, l’entreprise continue : plus de 714 000 BTC en portefeuille, pour une valeur marchande avoisinant les 48-50 milliards de dollars selon les fluctuations récentes. Le coût d’acquisition moyen tourne autour de 76 000 dollars par BTC, ce qui place une partie des positions en moins-value latente lorsque le prix descend sous ce seuil.

Mais Strategy ne vend jamais. Son co-fondateur répète que le Bitcoin est un actif stratégique à long terme, une forme de « capital numérique » supérieur à l’or ou aux actions traditionnelles. Pour financer ces acquisitions continues, l’entreprise alterne entre émissions d’actions ordinaires (qui diluent les actionnaires existants) et d’instruments préférentiels comme le Stretch.

« Nous avons conçu quelque chose pour protéger les investisseurs qui veulent accéder au capital numérique sans cette volatilité. »

Le PDG de Strategy, dans une récente interview

Cette citation illustre parfaitement l’objectif : attirer un nouveau type de capitaux sans exposer les investisseurs classiques aux chocs violents.

Les avantages concrets pour les investisseurs et pour Strategy

Pour les investisseurs, le Stretch représente une porte d’entrée plus sereine vers l’univers crypto. Rendement attractif (11,25 % actuellement, bien supérieur aux obligations classiques), faible volatilité, liquidité croissante (volumes quotidiens dépassant parfois 100 millions de dollars), et disponibilité sur les grandes plateformes de courtage.

Du côté de Strategy, cette approche présente plusieurs atouts stratégiques :

  • Réduction du risque de refinancement par rapport aux obligations convertibles ;
  • Moins de dilution immédiate pour les actionnaires ordinaires ;
  • Attraction de capitaux institutionnels stables, moins sensibles aux mouvements court terme du Bitcoin ;
  • Renforcement du bilan grâce à une réserve cash dédiée (plus de 2 milliards de dollars pour couvrir plusieurs années de dividendes).

En résumé, le Stretch agit comme un amortisseur : il absorbe une partie de la volatilité du Bitcoin tout en permettant à l’entreprise de poursuivre sa stratégie d’accumulation sans interruption.

Les défis et les critiques de cette approche

Bien sûr, cette stratégie n’est pas sans risques. Certains observateurs pointent du doigt le niveau élevé du dividende : 11,25 % est considérable, et le paiement mensuel exige une gestion rigoureuse des flux de trésorerie. Si le Bitcoin restait durablement bas, la pression sur les réserves pourrait augmenter.

D’autres soulignent que le cours de l’action ordinaire reste très corrélé au BTC, avec une volatilité amplifiée par l’effet de levier. Quand le marché crypto tousse, Strategy tousse plus fort. Les pertes latentes sur le portefeuille peuvent atteindre des milliards, même si l’entreprise refuse catégoriquement de vendre.

Enfin, la multiplication des instruments (plusieurs séries de préférentielles existent déjà) complexifie la structure du capital. Les analystes surveillent de près le ratio de couverture des dividendes et la capacité à lever de nouveaux fonds en cas de crise prolongée.

Perspectives pour 2026 et au-delà

Strategy affirme vouloir étendre encore le programme Stretch en 2026. L’objectif est clair : transformer l’entreprise en une sorte de « trésorerie Bitcoin » institutionnalisée, capable d’offrir différents niveaux d’exposition (haut risque/haut rendement via l’action ordinaire, rendement stable via le Stretch, etc.).

Si le Bitcoin repart à la hausse durablement, cette mécanique pourrait s’emballer positivement : plus de valeur du trésor → plus de capacité à lever des fonds → plus d’achats de BTC → cercle vertueux. À l’inverse, un bear market prolongé testera la résilience du modèle.

Ce qui est certain, c’est que Strategy ne compte pas ralentir. Chaque trimestre, de nouveaux BTC rejoignent le bilan. Le Stretch n’est qu’un outil supplémentaire pour rendre cette ambition plus soutenable face aux aléas du marché.

En fin de compte, cette stratégie illustre une évolution majeure dans la finance moderne : une entreprise publique qui utilise des instruments traditionnels (actions préférentielles) pour financer une exposition massive à un actif ultra-spéculatif. Une expérience fascinante à suivre de près dans les mois à venir.

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