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Éric Roy Dénonce l’Arbitrage Moderne et le VAR

Éric Roy ne mâche pas ses mots après la défaite de Brest : "À mon époque, on en écrasait des pieds sans broncher". Pourquoi l'entraîneur brestois pense-t-il que le football actuel s'aseptise dangereusement ?

Imaginez un instant : vous êtes sur le banc, votre équipe pousse pour revenir au score, mais le match s’arrête sans cesse. Des joueurs au sol après un contact léger, des protestations interminables, un chronomètre qui défile sans que le ballon ne roule vraiment. C’est exactement la scène qu’a vécue l’entraîneur de Brest dimanche dernier, et il n’a pas caché son exaspération.

Le football d’aujourd’hui serait-il en train de perdre son âme ? Entre la vidéo qui scrute chaque millimètre et des joueurs qui ont vite fait de transformer une petite faute en drame national, certains acteurs du jeu commencent à hausser le ton. Et parmi eux, un technicien expérimenté qui n’hésite plus à balancer ce que beaucoup pensent tout bas.

Quand le football devient un concours de cris

Dimanche, après une nouvelle défaite frustrante, l’entraîneur brestois a livré une analyse sans filtre sur l’état actuel de l’arbitrage. Pour lui, le problème ne se limite pas à une ou deux décisions contestables : c’est tout un système qui favorise désormais ceux qui crient le plus fort.

« Plus tu cries, plus t’as des chances d’avoir des coups francs », lâche-t-il avec un mélange de résignation et d’ironie. Une phrase qui résume à elle seule le sentiment d’une partie du microcosme footballistique français.

Le VAR : une révolution qui divise

Depuis son introduction, la vidéo a bouleversé la façon dont les fautes sont jugées. L’objectif affiché était simple : réduire les erreurs grossières et rendre le jeu plus juste. Mais dans les faits, beaucoup d’entraîneurs et de joueurs estiment que l’outil a créé de nouveaux problèmes.

En zoomant à l’extrême sur chaque action litigieuse, les arbitres se retrouvent parfois à sanctionner des contacts qui, sur le terrain et à vitesse réelle, passaient complètement inaperçus. Résultat : des cartons rouges pour des gestes qui, il y a vingt ans, auraient valu au pire un simple avertissement.

« En voyant un mec écraser le pied d’un autre, on se dit waouh ! Mais on joue au football quand même… »

Cette réflexion illustre parfaitement le fossé qui s’est creusé entre l’interprétation « terrain » et l’interprétation « écran ». Ce qui relevait autrefois de l’intensité du jeu est aujourd’hui souvent assimilé à de la brutalité.

L’exemple concret de la cheville martyrisée

Prenons un cas précis évoqué après la rencontre. Un joueur brestois effectue une passe, repose son pied au sol et, au même instant, l’adversaire glisse le sien dessous. Contact minime, mais sanction immédiate. L’entraîneur s’interroge : qui est réellement fautif dans cette situation ?

Pour lui, la logique est simple : si un joueur pose son pied à un endroit où il ne devrait pas être, il assume une part de responsabilité. Mais aujourd’hui, la vidéo ne laisse plus de place à cette notion d’intention ou de contexte global.

On juge l’image figée, pas l’action dans son ensemble. Et c’est précisément là que le bât blesse selon de nombreux observateurs.

Un football qui perd son rythme

Autre grief majeur : la multiplication des interruptions. Chaque faute, même anodine, devient prétexte à de longues discussions, à des soins interminables ou à des simulations plus ou moins convaincantes.

« Si on compte le temps effectif de la deuxième période, on a dû jouer 25 minutes », déplore l’entraîneur. Et quand vient le temps additionnel, il se limite souvent à cinq petites minutes, alors que le jeu a été haché pendant trois quarts d’heure.

  • Arrêts pour simulation
  • Discussions autour du VAR
  • Soins exagérés
  • Protestations collectives

Tous ces éléments cumulés asphyxient le spectacle. Le public, venu pour vibrer sur du beau jeu, se retrouve souvent face à un match découpé en tranches de trois minutes.

Nostalgie d’une époque plus rugueuse

« À mon époque, on en écrasait des pieds, je peux vous le dire. Heureusement, sinon je n’aurais pas beaucoup joué. » Cette confidence pleine d’autodérision en dit long sur le changement de paradigme.

Il fut un temps où le football tolérait une certaine rudesse, où l’on se relevait après un tacle appuyé, où l’on continuait à jouer malgré la douleur. Cette robustesse faisait partie intégrante du caractère du jeu.

Aujourd’hui, le moindre contact déclenche des hurlements et des roulades théâtrales. Le contraste est saisissant et alimente un sentiment de perte chez ceux qui ont connu les pelouses des années 80-90.

Les équipes matures exploitent le système

L’entraîneur brestois ne se prive pas de pointer du doigt les formations qui ont intégré cette nouvelle donne. Certaines équipes, plus expérimentées dans la gestion du temps et des émotions, excellent à faire tomber le rythme dès que l’adversaire prend l’ascendant.

« On tombe sur des équipes matures », souffle-t-il. Traduction : des collectifs qui savent exactement quand et comment stopper net l’élan adverse, souvent en provoquant des fautes ou en simulant.

Cette maturité tactique, si elle est efficace, pose question sur l’équité du spectacle. Le football devient alors un jeu d’échecs où le ballon n’est plus le seul acteur principal.

Vers un football 5.0 sans âme ?

Le technicien va même jusqu’à parler de « football 5.0 » pour qualifier cette version ultra-contrôlée, ultra-sanctionnée et ultra-hachée du jeu. Un clin d’œil ironique à la numérotation des versions technologiques, mais qui cache une vraie inquiétude.

« C’est catastrophique ! T’es incapable d’avoir du rythme, de jouer », résume-t-il dans un soupir. Et quand un entraîneur de haut niveau arrive à ce constat, il est difficile de ne pas y prêter attention.

Que faire pour retrouver l’esprit du jeu ?

La question est désormais sur la table. Faut-il durcir les sanctions contre la simulation ? Réduire le recours systématique à la vidéo ? Former différemment les arbitres pour qu’ils gardent une lecture plus « humaine » des actions ?

Certains proposent de revenir à une tolérance plus grande sur les contacts mineurs, surtout quand ils interviennent dans le cadre d’une lutte normale pour le ballon. D’autres estiment au contraire qu’il faut aller encore plus loin dans la protection des joueurs.

Le débat est loin d’être tranché, mais une chose est sûre : le malaise est palpable et il dépasse largement les frontières du Stade Francis-Le Blé.

Un constat partagé par beaucoup d’acteurs

Si l’entraîneur brestois a été particulièrement cash, il n’est pas le seul à exprimer ce ras-le-bol. De nombreux anciens joueurs, reconvertis consultants, regrettent eux aussi cette évolution vers un jeu moins physique et plus théâtral.

Les supporters, eux, alternent entre colère et lassitude. Ils veulent du spectacle, des duels, de l’engagement. Pas un match où le chronomètre est le véritable ennemi.

Conclusion : sauver l’intensité du football

Le football reste le sport le plus populaire au monde parce qu’il incarne l’émotion brute, le combat, la solidarité. Mais pour conserver cette magie, il doit retrouver un équilibre entre protection des joueurs et préservation de l’intensité.

Car si l’on continue à sanctionner chaque contact comme s’il s’agissait d’une agression, si l’on récompense indirectement ceux qui simulent le mieux, alors le risque est grand de voir le jeu perdre peu à peu ce qui fait sa saveur unique.

Le cri du cœur lancé par l’entraîneur de Brest n’est peut-être que le début d’une prise de conscience collective. À condition, bien sûr, que les instances écoutent et agissent avant qu’il ne soit trop tard.

Et vous, que pensez-vous de cette évolution ? Le VAR sauve-t-il vraiment le football ou contribue-t-il à le dénaturer ? Le débat reste ouvert.

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