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Bitcoin et Immobilier : Cardone Vise 10 000 BTC

Alors que le Bitcoin chute légèrement sous les 91 000 $, un magnat de l’immobilier américain vient d’acheter 10 millions de dollars de BTC en utilisant uniquement les loyers de ses immeubles. Son but ultime : accumuler 10 000 BTC et lancer une IPO dédiée. Une alliance inattendue entre pierre et blockchain qui pourrait tout changer ?

Imaginez un instant : des immeubles d’habitation qui génèrent des milliers de loyers chaque mois… et au lieu d’acheter un nouvel immeuble ou de distribuer des dividendes, cet argent file directement dans l’achat de bitcoins. Ce n’est plus de la science-fiction. C’est exactement la stratégie qu’un entrepreneur immobilier parmi les plus connus aux États-Unis met en œuvre depuis plusieurs mois, et qu’il vient d’amplifier avec un achat massif de 10 millions de dollars de BTC.

Nous sommes en janvier 2026, le Bitcoin oscille autour de 90 000 dollars après une année 2025 particulièrement volatile, et pourtant certains investisseurs institutionnels ne ralentissent pas. Au contraire : ils accélèrent. Et ils le font en combinant deux mondes que tout semblait opposer : la stabilité tangible de la pierre et la volatilité explosive de la cryptomonnaie reine.

Quand les loyers deviennent du carburant pour Bitcoin

Le mécanisme est d’une simplicité déconcertante… et d’une puissance redoutable. Chaque mois, une partie des flux de trésorerie nets issus des immeubles multifamiliaux (appelés NOI en jargon immobilier) est automatiquement convertie en bitcoins. Pas d’emprunt, pas de levier supplémentaire, pas de vente d’actifs : uniquement du cash-flow réel et récurrent.

Le dernier mouvement en date ? 10 millions de dollars supplémentaires injectés sur le marché spot, portant le portefeuille BTC de la structure à environ 1 000 BTC. À ce rythme, l’objectif intermédiaire affiché est clair : atteindre 3 000 BTC d’ici la fin de l’année 2026, puis viser le cap symbolique des 10 000 BTC sur un horizon un peu plus lointain.

Pourquoi associer immobilier et Bitcoin ?

Pour beaucoup d’observateurs, le mariage semble contre-nature. D’un côté un actif considéré comme « safe » par excellence, tangible, financé par des crédits à taux fixe, générant des revenus locatifs indexés sur l’inflation. De l’autre, une monnaie numérique volatile, sans rendement intrinsèque, sensible aux tweets, aux décisions réglementaires et aux cycles macroéconomiques.

Pourtant, quand on interroge les défenseurs de cette stratégie hybride, plusieurs arguments reviennent systématiquement :

  • Le cash-flow immobilier est l’un des rares flux de revenus prévisibles et croissants dans un monde où les taux d’intérêt fluctuent violemment.
  • Le Bitcoin, sur le très long terme (10-20 ans), affiche un taux de croissance annualisé exceptionnel, même après plusieurs bear markets.
  • Associer les deux permet de lisser la volatilité : les loyers financent les achats réguliers (dollar-cost averaging), évitant ainsi le piège du market timing.
  • La pierre apporte la stabilité comptable et les avantages fiscaux (amortissement, déductions), tandis que le BTC offre un potentiel de valorisation asymétrique.

En clair : on utilise la prévisibilité de l’un pour dompter la sauvagerie de l’autre.

Un véhicule coté dédié au Bitcoin dès 2026 ?

La stratégie ne s’arrête pas à l’accumulation discrète. L’entrepreneur derrière ce projet a plusieurs fois répété son intention de créer une entité spécifique, entièrement dédiée à la détention et à l’augmentation d’une trésorerie Bitcoin, et de la faire coter en bourse dès 2026.

Ce véhicule hybride fonctionnerait sur un modèle assez inédit : les revenus locatifs et les avantages fiscaux issus d’un portefeuille immobilier soutiendraient des achats réguliers de BTC, tandis que la valorisation boursière de l’entité serait largement corrélée au prix du Bitcoin. Une sorte de MicroStrategy version immobilier.

« Nous ne vendons pas nos immeubles pour acheter du Bitcoin. Nous utilisons simplement ce que les locataires nous versent chaque mois pour construire une réserve stratégique en BTC. C’est le meilleur des deux mondes. »

Ce discours tranche avec la prudence habituelle des grands fonds immobiliers institutionnels, qui se contentent généralement d’une exposition crypto marginale via des ETF ou des fonds spécialisés.

Le précédent MicroStrategy et ses leçons

Impossible d’évoquer une trésorerie corporate massive en Bitcoin sans mentionner la société qui a popularisé le concept. Depuis 2020, cette entreprise de logiciels d’analyse de données a transformé une partie significative de sa trésorerie en BTC, au point de détenir aujourd’hui plusieurs centaines de milliers de bitcoins.

Les résultats sont spectaculaires… et ambivalents :

  1. La capitalisation boursière de l’entreprise a largement surperformé le marché pendant les bull runs.
  2. La volatilité du cours de l’action est devenue presque identique à celle du Bitcoin.
  3. Les critiques pointent un risque systémique : si le BTC chutait durablement sous les 40 000 $, la situation financière deviendrait très inconfortable.

La différence majeure ici ? L’immobilier génère du cash positif chaque mois, alors que la société citée plus haut dépend principalement de son activité opérationnelle. Cette différence pourrait changer la donne en cas de bear market prolongé.

Quels risques pour une telle stratégie ?

Même si l’idée séduit de plus en plus d’investisseurs avertis, plusieurs points de vigilance subsistent :

  • Volatilité extrême : une baisse de 50 % du BTC n’est pas rare historiquement. Les loyers continueraient d’arriver, mais la valeur de la trésorerie fondrait à vue d’œil.
  • Réglementation : plusieurs pays durcissent leur cadre vis-à-vis des cryptos corporate. Une interdiction ou une fiscalité confiscatoire pourrait tout remettre en cause.
  • Liquidité : vendre 10 000 BTC en une fois sans faire plonger le marché n’est pas trivial, même en 2026-2027.
  • Opportunité manquée : chaque dollar investi en BTC est un dollar qui n’est pas réinvesti dans l’immobilier, dont le rendement locatif + appréciation reste très solide sur le long terme.

Ces risques sont assumés par les porteurs du projet, qui considèrent le Bitcoin comme une assurance contre l’inflation structurelle et la dévaluation monétaire.

Un signal fort pour l’adoption institutionnelle

Au-delà du cas individuel, cette annonce s’inscrit dans un mouvement plus large. De plus en plus d’acteurs traditionnels intègrent le Bitcoin non plus comme une spéculation, mais comme une classe d’actif à part entière dans leur allocation stratégique.

Les arguments macroéconomiques ne manquent pas : dette publique record, impression monétaire persistante, perte de confiance dans certaines monnaies fiduciaires, recherche d’actifs rares et non diluables… Le Bitcoin coche beaucoup de cases pour ceux qui cherchent à se protéger sur un horizon pluridécennal.

Et si c’était le début d’une nouvelle norme ?

Si cette expérience réussit – c’est-à-dire si le prix du Bitcoin continue sa progression séculaire tout en permettant à la structure de rester solvable et rentable même pendant les phases baissières – alors d’autres grands noms de l’immobilier pourraient suivre.

On pourrait voir apparaître des fonds mixtes pierre / BTC, des REITs (Real Estate Investment Trusts) qui déclarent publiquement une allocation Bitcoin minimale, voire des plateformes de tokenisation immobilière qui reversent une partie des loyers en sats automatiquement.

Le Bitcoin ne serait alors plus seulement un actif spéculatif ou une réserve de valeur individuelle : il deviendrait un composant structurel de l’économie réelle, financé par le travail humain le plus classique qui soit… le paiement d’un loyer.

Quel impact sur le marché immobilier français ?

En France, le sujet reste encore très marginal. La fiscalité lourde sur les plus-values crypto, le cadre prudent des SCPI et la méfiance générale des institutionnels envers les actifs numériques freinent toute initiative similaire à grande échelle.

Cependant, les investisseurs privés les plus avertis commencent à regarder ces stratégies outre-Atlantique avec intérêt. Certains se demandent déjà s’il ne serait pas pertinent de créer une SCI dont une fraction du cash-flow serait systématiquement convertie en BTC via une plateforme régulée.

Pour l’instant, cela reste du domaine de l’expérimentation personnelle. Mais à mesure que le Bitcoin s’installe dans le paysage financier mondial, la question deviendra de moins en moins farfelue.

Conclusion : pierre angulaire ou pari audacieux ?

Il est encore trop tôt pour savoir si cette stratégie hybride deviendra un modèle dominant ou restera une initiative isolée et risquée. Ce qui est certain, c’est qu’elle symbolise une évolution profonde : le passage progressif du Bitcoin d’actif marginal à composant stratégique de portefeuilles diversifiés, même parmi les acteurs les plus traditionnels de l’économie réelle.

Entre ceux qui crient au génie visionnaire et ceux qui dénoncent un pari irresponsable sur un actif non productif, la vérité se trouvera probablement au milieu… et surtout dans les performances réalisées sur les 5 à 10 prochaines années.

Une chose est sûre : tant que des cash-flows immobiliers solides continueront d’alimenter des portefeuilles Bitcoin, le récit « Bitcoin comme réserve de valeur ultime » gagnera en crédibilité auprès d’un public de plus en plus large. Et c’est peut-être là le véritable enjeu de ce type d’annonce en ce début d’année 2026.

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