InternationalPolitique

Zelensky : Poutine N’a Pas Atteint Ses Objectifs en Ukraine

Quatre ans jour pour jour après le début de l’invasion russe, Zelensky clame que Poutine n’a pas brisé l’Ukraine. Pourtant, les combats s’intensifient et le pays paie un prix immense. Vers une paix durable ou une guerre sans fin ?

Imaginez un pays qui, il y a quatre ans exactement, se réveillait sous les bombes, les chars et les sirènes hurlantes. Un pays dont le président, en treillis militaire, refusait de fuir et appelait son peuple à résister. Aujourd’hui, ce même leader se tient debout et déclare avec force que l’envahisseur n’a pas réussi à briser la volonté de son peuple. Nous sommes le 24 février 2026, et l’Ukraine commémore une date qui marque à jamais son histoire récente.

Quatre années de combats acharnés, de destructions massives, de pertes humaines incommensurables. Pourtant, au cœur de cette tragédie, une certitude émerge : l’objectif initial de l’agresseur – faire tomber Kiev en quelques jours – a totalement échoué. Cette résistance inattendue continue de surprendre le monde entier.

Une résistance qui défie les pronostics

Le 24 février 2022, peu imaginaient que l’Ukraine tiendrait aussi longtemps face à une armée considérée comme l’une des plus puissantes au monde. Les premières heures de l’invasion laissaient présager un effondrement rapide. Pourtant, les choses ont pris une tournure radicalement différente.

Les forces ukrainiennes, aidées par une mobilisation populaire exceptionnelle et un soutien international massif, ont repoussé les assaillants aux portes de la capitale. Ce premier échec stratégique a marqué le début d’une guerre d’usure longue et douloureuse.

Les mots forts du président ukrainien

Dans son adresse solennelle à la nation, le dirigeant ukrainien a martelé un message clair et sans ambiguïté. Il a répété que l’adversaire n’avait pas réussi à atteindre ses buts principaux. Ni renverser le pouvoir en place, ni soumettre la population, ni remporter une victoire militaire rapide.

« Nous avons préservé l’Ukraine », a-t-il lancé avec conviction. Ces mots résonnent comme un cri de ralliement après tant de souffrances accumulées. Il insiste également sur la volonté inébranlable de poursuivre le combat jusqu’à une paix juste et durable.

« Tout ce qu’a enduré l’Ukraine ne doit ni être abandonné, ni oublié, ni trahi »

Cette phrase résume parfaitement l’état d’esprit qui anime aujourd’hui une grande partie de la société ukrainienne. Une détermination mêlée de douleur, mais refusant toute forme de capitulation ou d’oubli.

Du côté russe : une reconnaissance implicite

Même à Moscou, on ne peut plus nier certains faits. Le porte-parole officiel du Kremlin a lui-même admis que les objectifs fixés au départ n’étaient « pas encore atteints ». Une déclaration rare dans son honnêteté brute.

Il a immédiatement ajouté que l’opération se poursuivrait tant que ces buts ne seraient pas réalisés. Cette posture montre que, malgré les revers, la volonté de poursuivre le conflit reste intacte du côté russe.

Le dirigeant russe, de son côté, préfère mettre en avant que les pays occidentaux n’ont pas réussi à infliger une défaite stratégique décisive à son armée. Une manière de présenter la situation sous un jour plus favorable pour son camp.

Irpine et Boutcha : les cicatrices toujours ouvertes

Dans les banlieues de Kiev libérées dès le printemps 2022, le traumatisme reste extrêmement vif. Les habitants se souviennent des corps laissés dans les rues, des exécutions sommaires, des viols et des pillages. Ces images ont choqué le monde entier.

Une habitante d’Irpine raconte comment, après le retrait des troupes ennemies, elle a distribué du pain à un vieil homme. L’homme s’est mis à pleurer et à lui embrasser les mains. À cet instant précis, elle dit avoir ressenti une haine profonde et irréversible.

« Aucun de nous — ni moi, ni mes enfants, ni mes petits-enfants — ne pourra jamais les oublier, encore moins leur pardonner »

Ce témoignage illustre la profondeur des blessures psychologiques. Même une victoire militaire ne suffira probablement pas à effacer ces souvenirs gravés dans la chair et dans l’âme.

Le prix humain exorbitant

Un vétéran blessé, âgé de seulement 29 ans, exprime un sentiment partagé par beaucoup. Pour lui, même une victoire ne réparerait rien. Le coût payé en vies humaines est bien trop élevé.

« Trop de nos compatriotes ont été tués », confie-t-il avec amertume. Ces mots traduisent une fatigue profonde, un épuisement moral face à l’horreur quotidienne.

Des centaines de milliers de morts et de blessés des deux côtés, des millions de personnes déplacées ou réfugiées à l’étranger. La guerre a redessiné la carte démographique et humaine de toute une région.

Une progression russe plus importante en 2025-2026

Malgré la résistance acharnée, la Russie a continué d’avancer, lentement mais sûrement. Selon plusieurs analyses indépendantes, elle a conquis davantage de territoires durant la quatrième année du conflit que pendant les deux années précédentes réunies.

Cette progression, bien que modeste en kilomètres carrés, montre que la pression militaire reste forte. Les lignes de front bougent peu, mais elles bougent dans un sens défavorable à Kiev.

Attaques massives sur les infrastructures énergétiques

Les frappes russes se concentrent régulièrement sur le réseau électrique ukrainien. Drones et missiles visent centrales, transformateurs et lignes à haute tension. Conséquence : des coupures prolongées de courant et de chauffage en plein hiver.

Ces attaques visent à briser le moral de la population civile en rendant la vie quotidienne insupportable. Elles constituent une forme de guerre hybride particulièrement cruelle.

Le coût colossal de la reconstruction

Un rapport récent évalue à plus de 500 milliards d’euros le montant nécessaire pour reconstruire l’Ukraine au cours de la prochaine décennie. Routes, ponts, écoles, hôpitaux, logements : tout ou presque a été touché.

Cette somme astronomique dépasse largement les capacités actuelles du pays. Elle dépendra donc massivement de l’aide internationale à long terme.

Soutien occidental toujours ferme

Le jour anniversaire, plusieurs dirigeants européens se sont rendus à Kiev pour réaffirmer leur solidarité. La présidente de la Commission européenne et le président du Conseil européen étaient présents, accompagnés de chefs d’État nordiques et baltes.

La cheffe de l’exécutif européen a promis que le prêt de 90 milliards d’euros décidé par l’Union serait versé « d’une façon ou d’une autre », malgré les blocages de certains États membres.

L’adhésion à l’Union européenne en débat

Le président ukrainien a profité de cette visite pour demander à nouveau une date claire pour l’adhésion de son pays à l’Union européenne. Kiev avait évoqué janvier 2027 comme horizon possible.

Les Européens estiment cependant cette échéance irréaliste. Les négociations avancent, mais le chemin reste long et semé d’embûches techniques et politiques.

Négociations au point mort sur le terrain

Plusieurs rounds de discussions ont eu lieu ces derniers mois. Mais les positions restent très éloignées, notamment sur la question territoriale.

Moscou exige le retrait complet des forces ukrainiennes de certaines régions orientales. Kiev refuse catégoriquement toute concession territoriale.

Le G7 et les alliés appellent à un cessez-le-feu

Les dirigeants du G7, y compris le président américain, ont réitéré leur « soutien indéfectible » à l’Ukraine. Parallèlement, une trentaine de pays alliés ont appelé à un cessez-le-feu complet et inconditionnel.

Ces déclarations montrent que la communauté internationale reste majoritairement alignée derrière Kiev, même si la fatigue commence à se faire sentir dans certains pays.

Scepticisme européen sur une paix rapide

Le président français a exprimé un scepticisme marqué quant à la possibilité d’une paix à court terme. Il doute que les conditions soient réunies pour une issue rapide.

Le chancelier allemand, de son côté, a appelé la Chine – partenaire stratégique de Moscou – à exercer une pression plus forte pour arrêter les hostilités.

Une guerre qui ressemble à David contre Goliath

Un religieux de Boutcha compare le conflit à l’affrontement biblique entre David et Goliath. Selon lui, les Ukrainiens incarnent aujourd’hui cet esprit indestructible face à un adversaire beaucoup plus imposant.

Cette métaphore revient souvent pour décrire la disproportion des forces et la résilience inattendue du camp le plus faible militairement au départ.

Perspectives incertaines pour l’avenir

Quelques jours avant l’anniversaire, le dirigeant ukrainien confiait que l’issue restait incertaine. Il ajoutait toutefois que son pays n’était « pas en train de perdre » la guerre.

Cette nuance est importante. Elle montre une lucidité face à la réalité du terrain tout en maintenant l’espoir d’un retournement favorable à plus ou moins long terme.

La guerre d’Ukraine entre donc dans sa cinquième année avec son lot de souffrances, de destructions et d’incertitudes. Mais aussi avec une détermination intacte d’un côté et une volonté persistante de l’autre. L’année 2026 s’annonce décisive à bien des égards.

Les mois à venir diront si la diplomatie parviendra enfin à l’emporter sur les armes, ou si le conflit s’enlisera encore davantage. Une chose est sûre : l’Ukraine, malgré tout, continue d’exister et de lutter pour son avenir.

Et cette simple réalité constitue déjà, à elle seule, une forme de victoire symbolique après quatre années d’épreuves extrêmes.

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.