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Yoann Richomme Relance sa Carrière Figaro avec Ambition

Après sa deuxième place historique sur le Vendée Globe, Yoann Richomme remonte à bord d’un Figaro Beneteau 3. Objectif : une troisième victoire sur la Solitaire. Mais retrouver les automatismes sera-t-il si simple ? Il nous confie…

Imaginez un instant : vous venez de terminer deuxième sur l’un des tours du monde les plus exigeants de la planète, vous avez frôlé la victoire absolue après des semaines de duel intense, et pourtant, au lieu de vous reposer sur vos lauriers, vous choisissez de remonter à bord d’un bateau beaucoup plus petit, plus nerveux, plus physique. C’est exactement le choix qu’a fait Yoann Richomme en ce début d’année 2026. Le marin de 42 ans, soutenu par son fidèle partenaire Paprec, replonge dans l’univers exigeant du circuit Figaro avec une envie intacte et un objectif clair : décrocher une troisième couronne sur la mythique Solitaire du Figaro.

Un retour aux sources calculé et ambitieux

Ce come-back n’a rien d’anecdotique. Entre la mise à l’eau prévue de son futur IMOCA en mars 2027 et le prochain Vendée Globe programmé pour 2028, Yoann avait besoin d’une activité compétitive de haut niveau qui s’intègre parfaitement dans son calendrier. Le circuit Figaro, avec sa monotypie exigeante et son niveau toujours plus relevé, s’est imposé comme l’option idéale.

« On est fans de la Solitaire », reconnaît-il simplement. Et quand le sponsor principal est également partenaire titre de l’épreuve, la logique économique et sportive se rejoint naturellement. Mais au-delà des aspects stratégiques, ce retour traduit aussi une vraie envie de retrouver les fondamentaux de la course au large en solitaire.

Du grand IMOCA au petit Figaro : le choc des sensations

Passer d’un IMOCA de 18,28 mètres à un Figaro Beneteau 3 de 10,89 mètres représente bien plus qu’une simple différence de taille. C’est un changement radical de philosophie de navigation. Sur l’IMOCA, tout est amplifié : les vitesses, les forces en jeu, les systèmes embarqués. Sur le Figaro, le marin est beaucoup plus exposé, les réglages se font à la main, et chaque mouvement du bateau se ressent immédiatement dans le corps.

Yoann décrit lui-même cette sensation très particulière :

« Quand tu remontes dessus, ça paraît tout petit, les mouvements sont très différents et du coup, tu as juste l’impression que tu vas finir à la baille. »

Il évoque aussi le changement de pilote automatique, élément clé en course au large, qui se montre bien plus capricieux sur le monotype que sur les machines modernes de la classe IMOCA. Ajoutez à cela des cordages de plus petit diamètre qui malmènent les mains, et vous obtenez une piqûre de rappel physique très concrète.

Malgré ces difficultés, le marin reste lucide et positif : il sait que ces sensations reviennent relativement vite, même si les premières navigations en janvier, souvent dans du vent faible, n’ont pas facilité la transition.

La Solo Guy Cotten comme épreuve de rodage

Pour se remettre dans le rythme de la compétition, Yoann a choisi de s’aligner sur la Solo Guy Cotten, épreuve d’ouverture de la saison Figaro qui se dispute au départ de Concarneau. Particularité de taille : il n’aura pas effectué une seule nuit en mer sur ce bateau avant le départ. Le baptême du feu sera donc immédiat.

« Ça va vraiment piquer, je n’aurais pas passé une nuit en mer avant, il va falloir se remettre dans le bain direct », prévient-il avec une pointe d’excitation dans la voix. Cette course courte mais intense constitue donc le premier vrai test de son niveau actuel par rapport à une concurrence qui, elle, n’a jamais quitté le circuit.

Un plateau Figaro plus dense que jamais

Le niveau sur le circuit monotype a encore progressé ces dernières années. Les jeunes pousses montent en puissance, les trentenaires deviennent expérimentés, et l’ensemble du peloton se resserre considérablement.

Yoann cite plusieurs noms qui sortent du lot lors des entraînements collectifs organisés au Pôle Finistère Course au Large de Port-la-Forêt :

  • Tom Goron
  • Loïs Berrehar
  • Hugo Dhallenne
  • Paul Morvan

Ces skippers ont souvent dominé les stages hivernaux, reléguant parfois le double vainqueur de la Solitaire un peu plus loin dans le classement. Mais Richomme sait aussi que la Solitaire reste une épreuve d’expérience et de gestion globale sur plusieurs étapes. Et sur ce terrain-là, son palmarès parle pour lui.

Une troisième victoire ? Le rêve affiché

Interrogé sur ses ambitions pour la Solitaire du Figaro qui s’élancera le 17 mai, Yoann ne botte pas en touche :

« Je n’ai pas le droit de dire autre chose. J’y vais avec cet objectif mais ça va être rude, le challenge ne sera pas simple. »

Il se montre cependant réaliste : un top 5 serait déjà considéré comme une belle performance compte tenu du temps passé loin du circuit. Mais son caractère de compétiteur l’empêche de viser moins haut que la victoire. Cette tension entre ambition légitime et humilité face à la nouvelle génération rend son parcours encore plus captivant à suivre.

Après la Solitaire : quel horizon ?

Une fois la grande classique du printemps terminée, Yoann ne compte pas rester totalement inactif. Il évoque plusieurs pistes pour continuer à naviguer :

  1. Participation éventuelle à des courses sur d’autres supports
  2. Projets encore à définir mais déjà plusieurs idées sur la table
  3. Suivi attentif de la Route du Rhum en novembre
  4. Possibilité de réaliser des convoyages, notamment un retour de Guadeloupe sur un Ultim

Ce dernier point semble toutefois compliqué car la plupart des grands multicoques sont déjà retenus pour le Trophée Jules Verne hivernal. Reste que l’idée de naviguer sur ces machines impressionnantes, même le temps d’un convoyage, le fait clairement rêver.

Préparer 2028 avec sérénité

Derrière ce programme chargé se dessine surtout une stratégie globale pour aborder le Vendée Globe 2028 dans les meilleures conditions possibles. En intercalant une saison complète en Figaro, Yoann s’offre :

  • du temps de navigation compétitive en solitaire
  • une remise à niveau physique et technique
  • la possibilité de suivre de près la construction de son futur IMOCA
  • des moments précieux avec sa famille avant le grand cycle 2027-2028

« Avoir les crocs une fois l’IMOCA à l’eau », voilà l’objectif ultime de cette parenthèse Figaro. Et à écouter le marin, cette parenthèse s’annonce tout sauf reposante.

La force de l’expérience face à la nouvelle vague

Ce qui frappe dans le discours de Yoann Richomme, c’est l’équilibre qu’il parvient à trouver entre respect pour la nouvelle génération et confiance en ses propres capacités. Il salue le travail et le talent des jeunes, tout en rappelant que la Solitaire reste une épreuve où l’expérience compte énormément.

Entre les milles accumulés sur différents supports, les deux victoires déjà acquises sur la Solitaire et l’expérience récente du Vendée Globe, il dispose d’un bagage que peu de concurrents peuvent égaler. Reste à transformer ces atouts en performance pure sur l’eau, dans un bateau qu’il redécouvre.

Un mental d’acier forgé par les océans

Derrière les aspects techniques et stratégiques, ce retour en Figaro révèle aussi la personnalité d’un compétiteur qui refuse de se reposer. Après avoir frôlé la victoire sur le tour du monde en solitaire, beaucoup auraient pu choisir de se consacrer exclusivement à la préparation du nouveau bateau. Lui décide de repartir en campagne, de se frotter à nouveau à une concurrence affûtée, de retrouver les nuits courtes et les mains en sang.

Cette faim intacte après tant d’années au plus haut niveau impressionne. Elle dit beaucoup sur l’état d’esprit nécessaire pour rester durablement au sommet de la voile océanique.

Conclusion : une saison passionnante à suivre

Le retour de Yoann Richomme sur le circuit Figaro promet donc d’être l’une des belles histoires de la saison 2026. Entre son expérience, son ambition affichée et le niveau toujours plus homogène du plateau, tous les ingrédients sont réunis pour vivre une Solitaire du Figaro passionnante.

En attendant le grand départ de la Solitaire le 17 mai, la première échéance se situe dès lundi avec la Solo Guy Cotten. Une course qui servira de baromètre pour mesurer où en est réellement le double vainqueur de l’épreuve face à une concurrence qui n’a jamais cessé de progresser.

Une chose est sûre : Yoann Richomme n’est pas venu faire de la figuration. Même en phase de réapprentissage, il vise le sommet. Et c’est précisément cette exigence qui rend son parcours si captivant à suivre pour tous les passionnés de course au large.

Maintenant, place à la mer. Et que le meilleur gagne.

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