À mi-parcours du prestigieux Vendée Globe, la course autour du monde en solitaire sans escale et sans assistance, le suspense est à son comble. Alors que les navigateurs s’approchent du redoutable point Nemo, le lieu le plus éloigné de toute terre émergée, un duel palpitant se profile en tête de la flotte.
Charlie Dalin, leader menacé
Depuis plusieurs jours, Charlie Dalin (Macif Santé Prévoyance) mène la danse en tête du Vendée Globe. Mais dans son sillage, Yoann Richomme (Paprec Arkéa) a considérablement réduit l’écart ces dernières heures. Alors qu’il accusait encore 56 milles de retard avant la nuit, le poursuivant n’est désormais plus qu’à 22 petits milles du leader. Une remontée spectaculaire qui promet un affrontement de haute volée dans les prochains jours.
Derrière ce duo de tête, Sébastien Simon (Groupe Dubreuil), actuellement en troisième position, semble décroché. Victime d’un problème technique avec la perte d’un foil, le navigateur voit inexorablement ses chances de victoire s’amenuiser. Mais la course est encore longue et les rebondissements nombreux sur le Vendée Globe.
Un groupe de poursuivants accrocheurs
Si les trois premiers font la course en tête, un groupe de poursuivants emmené par Thomas Ruyant (Vulnerable) reste à l’affût du moindre faux pas. Même s’il a perdu un peu de terrain, le quatrième au classement n’a pas dit son dernier mot. Juste derrière lui, Nicolas Lunven (Holcim – PRB) a dépassé d’un souffle Jérémie Beyou (Charal) pour s’emparer de la cinquième place. La bagarre fait rage à tous les étages de ce Vendée Globe décidément indécis.
Le point Nemo, juge de paix
Mais l’heure de vérité approche pour les marins avec le passage imminent du point Nemo. Ce lieu mythique, situé dans l’océan Pacifique Sud à plus de 2700 km de toute terre, est souvent le théâtre de conditions météorologiques extrêmes. Vagues gigantesques, vents tempétueux, froid glacial… Les éléments déchaînés mettront à rude épreuve les navigateurs et leurs voiliers high-tech pendant plusieurs jours.
Selon les prévisions météo et les dernières simulations, Yoann Richomme pourrait bien tirer son épingle du jeu dans ce contexte difficile. Réputé pour ses qualités de fin stratège et de marin aguerri, il semble en mesure de pouvoir contester la domination de Charlie Dalin. Les deux hommes se livreront certainement un duel à distance, en gérant au mieux leur trajectoire et leur vitesse pour négocier au mieux le passage délicat du point Nemo.
« Je me sens bien, le bateau est en pleine forme. Je sais que j’ai les moyens de rattraper Charlie [Dalin]. C’est une belle bagarre, dans le plus pur esprit du Vendée Globe »
a déclaré Yoann Richomme lors d’une vacation radio.
De son côté, le leader Charlie Dalin garde la tête froide malgré le retour de son adversaire. Solide leader depuis le départ des Sables d’Olonne il y a un mois et demi, il abordera sereinement ce nouveau défi, fort de son expérience et de la performance de son voilier dernière génération.
Vers une arrivée au sprint
Une fois le point Nemo et l’océan Pacifique derrière eux, les navigateurs devront encore parcourir près de 12 000 milles (environ 22 000 km) avant de retrouver les côtes de Vendée. La dernière ligne droite s’annonce indécise, avec de nombreux pièges à éviter le long des côtes sud-américaines puis africaines.
D’ici le mois de janvier, le sprint final vers le port des Sables d’Olonne promet d’être intense et riche en émotions. Après plus de 70 jours d’efforts et de solitude sur les mers du globe, les écarts seront sans doute minimes entre les prétendants à la victoire. Le moindre détail, la moindre option stratégique pourrait faire la différence sur la ligne d’arrivée, sous les acclamations d’un public toujours plus nombreux et enthousiaste.
En attendant ce dénouement haletant, tous les regards des passionnés de voile sont braqués sur le duel au sommet entre Charlie Dalin et Yoann Richomme. Le Vendée Globe, monument parmi les courses au large, tient ses promesses et s’apprête à vivre des heures inoubliables dans l’immensité et les dangers de l’océan Pacifique.
Le saviez-vous ?
Le point Nemo, également connu sous le nom de pôle maritime d’inaccessibilité, est si isolé qu’il est plus proche de la Station Spatiale Internationale (ISS) que de toute terre émergée. Quand l’ISS passe à la verticale, les marins sont en effet « seulement » à 400 km des astronautes, contre plus de 2700 km de toute côte.