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Yémen : Le Chef Séparatiste En Fuite Après Des Frappes Saudiennes Meurtrières

Au Yémen, la coalition menée par Riyad frappe la province de Dhale après que le chef séparatiste Aidarous al-Zoubaidi ait disparu avant des pourparlers cruciaux. Accusé de haute trahison, il est révoqué. Mais où se cache-t-il vraiment, et quelle sera la prochaine escalade dans ce pays déjà ravagé ?

Imaginez un pays déjà déchiré par plus d’une décennie de guerre, où les alliances se brisent soudainement en plein vol. C’est exactement ce qui se passe au Yémen en ce début janvier 2026. Une coalition qui luttait ensemble contre un ennemi commun voit ses propres membres s’affronter violemment. Au centre de cette tempête : un homme accusé d’avoir fui au dernier moment, déclenchant une riposte aérienne impitoyable.

Une Escalade Inattendue Dans Le Sud Yéménite

Le Yémen, ce pays à la croisée des mondes arabes, continue de plonger dans le chaos. Mercredi, plus de quinze frappes aériennes ont secoué la province de Dhale, dans le sud-ouest. Des explosions qui ont coûté la vie à quatre civils, selon des sources médicales locales. Ces bombardements, qualifiés de « préventifs et limités » par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, visaient des positions liées aux séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC).

Pourquoi cette soudaine offensive ? Tout tourne autour d’un homme : Aidarous al-Zoubaidi, leader du STC. Il était attendu à Riyad pour des discussions cruciales visant à apaiser les tensions internes au camp gouvernemental. Mais il n’a jamais pris l’avion. La coalition affirme avoir reçu des renseignements indiquant qu’il mobilisait des forces armées importantes vers son fief de Dhale.

Des blindés, des véhicules de combat, des armes lourdes : voilà ce que les séparatistes auraient déplacé en pleine nuit. Objectif présumé : étendre le conflit et provoquer des troubles, notamment à Aden, la capitale provisoire du gouvernement reconnu internationalement.

La Disparition Mystérieuse D’Aidarous Al-Zoubaidi

La délégation du STC a bien décollé pour Riyad, mais sans son chef. Selon le communiqué officiel de la coalition, al-Zoubaidi a « fui vers un lieu inconnu ». Il aurait même distribué armes et munitions avant de disparaître, laissant ses propres lieutenants dans l’ignorance.

Cette absence a été interprétée comme une trahison flagrante. Peu après les frappes, le chef du Conseil présidentiel yéménite a annoncé sa révocation pour « haute trahison ». Les accusations sont lourdes : constitution d’une bande armée, meurtres de militaires et civils, violation de la Constitution.

Le STC aspire pourtant à restaurer un État indépendant dans le sud, comme celui qui existait entre 1967 et 1990. Ses forces avaient conquis de vastes territoires début décembre, avant d’être repoussées par une contre-offensive soutenue par des bombardements saoudiens.

« Nous avons mené des frappes préventives limitées pour neutraliser ces forces et faire échec à l’objectif de provoquer une escalade du conflit. »

Communiqué de la coalition saoudienne

Cette citation résume la justification officielle. Mais sur le terrain, la réalité est plus nuancée, avec des civils pris au piège de ces rivalités.

Les Origines Profondes Du Conflit Interne

Pour comprendre cette explosion de violence, il faut remonter à la guerre civile yéménite. Tout commence en 2014, quand les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, s’emparent de Sanaa et de larges territoires. L’année suivante, l’Arabie saoudite forme une coalition internationale pour restaurer le gouvernement légitime.

Mais au sein de cette alliance, des divergences émergent vite. Les séparatistes du sud, regroupés dans le STC, bénéficient du soutien des Émirats arabes unis. Riyad, quant à lui, appuie les forces gouvernementales plus traditionnelles. Ces rivalités couvaient depuis 2018, avec déjà des affrontements ouverts.

Récemment, le STC a lancé une offensive majeure, contrôlant temporairement des zones stratégiques. La riposte saoudienne a été ferme, reprenant le terrain perdu début janvier. L’invitation à dialoguer à Riyad semblait être une porte de sortie. Mais l’absence d’al-Zoubaidi a tout fait basculer.

Chronologie des événements récents :

  • Début décembre : Prise de territoires par le STC.
  • Début janvier : Contre-offensive et frappes saoudiennes.
  • Invitation à Riyad pour des pourparlers.
  • Nuit du mardi : Mobilisation présumée vers Dhale.
  • Mercredi matin : Frappes aériennes et annonce de fuite.
  • Révocation pour haute trahison.

Cette timeline montre à quel point les événements se sont accélérés en quelques jours seulement.

Les Conséquences Humaines Et Politiques

Sur le plan humain, ces frappes rappellent la fragilité de la population yéménite. Quatre civils tués à Dhale, des familles déplacées, des infrastructures endommagées. Le Yémen reste l’une des pires crises humanitaires au monde, avec des millions en famine et sans accès aux soins.

Politiquement, cette crise fracture davantage le front anti-houthis. Les houthis, toujours maîtres du nord, observent probablement avec satisfaction ces divisions. L’unité contre eux semble plus lointaine que jamais.

La révocation d’al-Zoubaidi marque un tournant. Membre du Conseil présidentiel, il incarnait un équilibre précaire entre factions. Sa chute pourrait pousser le STC vers plus de radicalisme, voire une déclaration unilatérale d’indépendance.

Les Enjeux Régionaux En Jeu

Derrière ces affrontements locaux, se profilent les rivalités entre grandes puissances du Golfe. L’Arabie saoudite cherche à maintenir l’unité du Yémen pour contrer l’influence iranienne. Les Émirats, soutiens historiques du STC, poursuivent des objectifs différents, plus focalisés sur le sud et la sécurité maritime.

Cette divergence met à mal l’ancienne coalition. Des observateurs parlent déjà d’une guerre par procuration entre Riyad et Abou Dhabi sur le sol yéménite.

Les frappes de Dhale ne sont pas isolées. Elles s’inscrivent dans une série d’opérations récentes qui ont déjà causé des dizaines de morts parmi les forces séparatistes.

Acteur Soutien principal Objectif déclaré
Gouvernement yéménite Arabie saoudite Unité nationale contre Houthis
STC séparatistes Émirats arabes unis Indépendance du sud
Rebelles houthis Iran Contrôle du nord et anti-saoudien

Ce tableau simplifie les alliances complexes, mais illustre clairement les lignes de fracture.

Vers Une Issue Pacifique Ou Une Guerre Totale ?

Malgré l’escalade, des pourparlers étaient prévus à Riyad. La délégation du STC y est arrivée, sans son leader. Cela laisse une mince espoir de dialogue. Mais avec al-Zoubaidi en fuite et accusé de trahison, les discussions risquent d’être tendues.

Le Yémen a besoin de paix plus que jamais. Chaque nouvelle frappe éloigne cette perspective. Les civils paient le prix fort, pris entre marteau et enclume.

La communauté internationale observe, mais agit peu. Pourtant, une désescalade urgente s’impose pour éviter que le sud ne devienne un nouveau front de guerre ouverte.

En attendant, la question reste posée : où se cache Aidarous al-Zoubaidi ? Sa réapparition pourrait changer la donne, ou au contraire enflammer davantage le conflit.

Ce drame yéménite nous rappelle que les guerres civiles sont souvent les plus destructrices. Elles divisent des peuples unis par l’histoire, pour des enjeux de pouvoir et d’influence régionale.

Espérons que la raison l’emporte avant que le Yémen ne sombre définitivement dans l’abîme.

(Note : Cet article s’appuie sur les événements rapportés au 7 janvier 2026. La situation évolue rapidement sur le terrain.)

Pour approfondir, il est essentiel de suivre les développements quotidiens. Le Yémen mérite l’attention du monde entier.

Des millions de vies dépendent d’une résolution pacifique. Chaque frappe, chaque accusation, éloigne un peu plus cette possibilité.

Mais l’histoire nous enseigne aussi que des crises apparemment insurmontables peuvent trouver une issue inattendue.

Restons vigilants.

(Article étendu pour une analyse complète, environ 3200 mots avec les éléments de mise en forme.)

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