Alors que le conflit syrien entre dans sa douzième année, de violents combats éclatent à nouveau dans le centre du pays. Selon les informations rapportées par une ONG locale, une coalition de groupes rebelles emmenée par des factions islamistes radicales tente actuellement de progresser vers la ville stratégique de Hama, un bastion du régime de Bachar al-Assad.
Une offensive fulgurante qui prend de court l’armée syrienne
Lancée la semaine dernière, cette offensive rebelle a déjà permis aux insurgés de prendre le contrôle total d’Alep, la deuxième ville du pays, une première depuis le début de la guerre civile en 2011. Désormais, les combattants antirégime cherchent à étendre leur emprise vers le sud, en direction de Hama.
D’après l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les affrontements font actuellement rage dans le nord de la province de Hama, malgré l’intervention de l’aviation russe et syrienne qui pilonne les positions rebelles. Plusieurs villes et villages de la région seraient déjà tombés aux mains des insurgés.
L’armée syrienne en difficulté malgré les renforts
Face à cette poussée inattendue, le régime syrien a dépêché en urgence des renforts pour tenter d’enrayer l’avancée rebelle. Selon le ministère syrien de la Défense, ces troupes supplémentaires, appuyées par les frappes aériennes, auraient réussi à ralentir la progression des insurgés au cours des deux derniers jours.
Cependant, un combattant rebelle interrogé par l’AFP s’est montré confiant, affirmant que ses forces continuaient de progresser vers Hama après avoir « nettoyé » les localités sur leur passage. Des dizaines de chars et de véhicules militaires syriens abandonnés ont d’ailleurs été aperçus sur les routes menant à la ville.
Hama, un enjeu crucial pour le régime syrien
La prise de Hama par les rebelles constituerait un revers cinglant pour Bachar al-Assad. Située au cœur de la Syrie, sur l’axe reliant Alep à Damas, cette ville revêt une importance stratégique majeure. Mais au-delà de sa position géographique, c’est aussi la base populaire du régime qui est menacée.
Les environs de Hama sont peuplés d’Alaouites, la communauté dont est issu le président syrien. Si les rebelles parvenaient à prendre le contrôle de la ville, cela porterait un coup sévère à la légitimité du régime.
– Rami Abdel Rahman, directeur de l’OSDH
La communauté internationale s’alarme de la situation
Face à cette brusque escalade de violence, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a exprimé lundi sa vive préoccupation. Il a appelé à une « cessation immédiate des hostilités » afin d’éviter que la situation ne dégénère davantage.
Mais sur le terrain, les combats se poursuivent avec intensité. Les prochains jours s’annoncent décisifs pour l’avenir de la région de Hama, et plus largement pour l’évolution du conflit syrien qui ne semble toujours pas voir de fin. La communauté internationale retient son souffle, redoutant un embrasement encore plus vaste du pays.