Au cœur du conflit israélo-palestinien, la bande de Gaza pourrait bientôt connaître une accalmie. Selon une source proche de la délégation du Hamas palestinien s’exprimant sous couvert d’anonymat, un nouveau cycle de négociations en vue d’une trêve et d’un échange de prisonniers devrait débuter « très probablement » au Caire dans les prochains jours.
Cette perspective de reprise du dialogue ravive l’espoir d’une désescalade, après des mois d’affrontements meurtriers entre le Hamas et Israël. La guerre, déclenchée le 7 octobre 2023 par une attaque sans précédent du mouvement islamiste en territoire israélien, a fait 1208 morts côté israélien, majoritairement des civils. En réponse, l’offensive de Tsahal sur Gaza a causé 44 612 morts palestiniens, là aussi principalement parmi la population civile, d’après des chiffres du ministère de la Santé du Hamas jugés crédibles par l’ONU.
Une médiation internationale pour sortir de l’impasse
Malgré l’enlisement du conflit, les efforts diplomatiques se poursuivent en coulisses. Plusieurs acteurs internationaux, dont l’Egypte, le Qatar, la Turquie et les Etats-Unis, s’activent pour rapprocher les belligérants et les ramener à la table des négociations.
Une source proche des discussions souligne que ces médiateurs font « des efforts louables pour mettre fin à la guerre ». Ils ont notamment repris contact avec le Hamas et Israël pour initier « un nouveau cycle de discussions visant à parvenir à un accord de cessez-le-feu ».
Le Qatar, un acteur clé malgré les difficultés
Parmi eux, le Qatar joue un rôle central. L’émirat avait suspendu début novembre sa médiation, reprochant aux deux camps leur manque de « volonté et de sérieux ». Mais selon une source proche, Doha a finalement décidé de reprendre sa mission de bons offices.
Cette annonce redonne un nouveau souffle au processus de paix, alors que l’enlisement du conflit faisait craindre un « Vietnam au Moyen-Orient », selon certains observateurs.
Le Hamas se dit prêt à des concessions
Signe encourageant, le Hamas semble disposé à faire des gestes. Bassem Naïm, un cadre du mouvement, assure avoir informé les médiateurs de sa volonté de « flexibilité » pour aboutir à une trêve.
Le Hamas est prêt à mettre en œuvre un accord, y compris un calendrier pour le retrait total des forces israéliennes des zones clés de Gaza
Bassem Naïm, membre du bureau politique du Hamas
Parmi les points cruciaux figurent l’évacuation du corridor de Philadelphie, à la frontière avec l’Egypte, et du « no man’s land » de Netzarim au nord, une zone tampon sous contrôle de Tsahal.
Un chemin encore long et semé d’embûches
Malgré ces signaux positifs, le chemin vers une trêve durable s’annonce encore long et pavé d’obstacles. Depuis le début de la guerre, seul un cessez-le-feu, fin 2023, a été conclu, avec un échange limité de prisonniers. Chaque camp reste campé sur ses positions, avec en toile de fond la question toujours épineuse du blocus de Gaza.
Pour les Gazaouis, ces tractations offrent néanmoins une lueur d’espoir au bout d’un tunnel de souffrances et de destructions. Après plus de 16 mois d’une guerre dévastatrice, l’aspiration à un retour au calme n’a jamais été aussi forte dans cette enclave meurtrie. Reste à savoir si la reprise annoncée du dialogue au Caire permettra enfin de concrétiser cet espoir de paix.