Venezuela vit une page historique un mois après la capture spectaculaire de Nicolas Maduro par les forces américaines le 3 janvier 2026. Cette opération militaire audacieuse, menée au cœur de Caracas, a bouleversé le paysage politique et économique du pays. Alors que la présidente par intérim Delcy Rodriguez navigue entre pressions internationales et maintien d’une certaine continuité chaviste, de profondes transformations émergent déjà.
Un tournant inattendu pour le Venezuela
Il y a tout juste un mois, personne n’aurait imaginé un tel scénario. L’intervention américaine a non seulement mis fin au règne de Nicolas Maduro, mais elle a aussi ouvert la voie à une série de réformes rapides. Sous la houlette de Delcy Rodriguez, le pays semble s’engager dans une voie de rapprochement avec Washington, tout en tentant de préserver certains fondements du chavisme. Ces évolutions soulèvent de nombreuses questions sur l’avenir du Venezuela.
La capture de Maduro a été suivie d’une installation prudente au pouvoir de sa vice-présidente. Celle-ci a dû répondre aux exigences posées par l’administration américaine, tout en maintenant une rhétorique qui évoque encore l’héritage d’Hugo Chavez. Le résultat ? Un équilibre fragile, qualifié par certains observateurs de stabilité sous tutelle.
Le rapprochement diplomatique avec les États-Unis
Les relations entre Caracas et Washington, rompues depuis 2019, connaissent un dégel spectaculaire. Delcy Rodriguez a été qualifiée de manière positive par le président américain, qui a même évoqué une invitation à la Maison-Blanche. Un premier échange téléphonique a été décrit comme constructif, marquant un contraste saisissant avec les années de confrontation.
Ce revirement n’est pas sans conditions. Des avertissements clairs ont été lancés : tout écart de la ligne imposée pourrait entraîner des conséquences graves pour la dirigeante intérimaire. Les deux pays avancent vers une normalisation, avec des discussions sur la reprise des liens diplomatiques. Ce processus s’accompagne d’une prudence extrême de part et d’autre.
Pour les Vénézuéliens, ce changement est perçu comme une opportunité, mais aussi comme une source d’inquiétude. La présence américaine influence désormais directement les décisions internes, créant un sentiment ambivalent entre espoir de stabilité et crainte d’une perte de souveraineté.
La révolution pétrolière : ouverture au privé
L’un des changements les plus concrets concerne le secteur pétrolier, pilier de l’économie vénézuélienne. Une réforme majeure de la loi sur les hydrocarbures a été adoptée en urgence, balayant le modèle étatiste en vigueur depuis l’ère Chavez.
Désormais, les entreprises privées peuvent opérer de manière autonome, sans être limitées à des parts minoritaires dans des joint-ventures avec PDVSA, la compagnie nationale. Les redevances sont assouplies, les procédures fiscales simplifiées, et l’exclusivité de l’exploration et de l’exploitation abandonnée.
« C’est la seule manière d’obtenir des investissements significatifs. »
Un analyste pétrolier renommé
Cette ouverture vise à attirer des capitaux étrangers, notamment américains, pour relancer une industrie dévastée par des années de mauvaise gestion et de corruption. Les besoins sont estimés à environ 150 milliards de dollars pour redresser PDVSA. Washington a déjà pris le contrôle partiel de certaines ventes de pétrole et assoupli les sanctions, avec une levée totale qui semble imminente.
Ces mesures pourraient transformer l’économie vénézuélienne, mais elles posent aussi la question de la dépendance accrue vis-à-vis des intérêts étrangers. Les bénéfices attendus – emplois, revenus accrus – dépendront de la capacité à attirer des investissements durables.
Remaniements au sein du gouvernement et maintien de la propagande
Sur le plan intérieur, Delcy Rodriguez a procédé à des ajustements ministériels et militaires pour consolider son autorité. Certains hauts responsables restent en place, témoignant d’une transition contrôlée plutôt que d’une rupture totale.
Le discours officiel conserve une tonalité anti-impérialiste, avec des manifestations régulières dénonçant l’intervention américaine et l' »enlèvement » de Maduro. Des spectacles symboliques, comme un show de drones à la base militaire touchée lors de l’opération, rappellent le visage de l’ancien président et sa déclaration se présentant comme prisonnier de guerre.
Cette dualité – coopération pragmatique avec Washington et rhétorique chaviste – reflète une phase de recalibrage. Le système cherche à préserver son hégémonie tout en s’adaptant aux nouvelles réalités imposées de l’extérieur.
Amnistie générale et signes de libéralisation
Une amnistie générale a été annoncée, en cours d’adoption par l’Assemblée nationale. Elle vise à libérer les prisonniers politiques, dont le nombre était estimé à plusieurs centaines par les organisations de défense des droits humains.
La fermeture de la prison de l’Helicoïde, longtemps dénoncée pour ses pratiques de torture, marque un geste symbolique fort. Les proches des détenus ont exprimé leur joie, criant « Liberté ! » devant les établissements pénitentiaires.
« L’amnistie implique en principe l’oubli, pas le pardon. »
Directeur d’une ONG de défense des droits humains
Cette mesure suscite des débats : elle pourrait permettre une réconciliation, mais risque aussi d’être perçue comme un voile d’impunité pour les responsables de la répression passée. La peur instaurée sous Maduro s’est atténuée, mais les critiques restent murmurées, signe d’une libéralisation tactique plutôt que profonde.
Les Vénézuéliens observent ces évolutions avec un mélange d’espoir et de prudence. La diminution du coût de la répression pourrait ouvrir la voie à plus de libertés, mais le système reste vigilant.
Perspectives et défis à venir
Un mois après ces événements, le Venezuela est en pleine mutation. Le rapprochement avec les États-Unis, l’ouverture pétrolière et les gestes d’apaisement intérieur dessinent un nouveau paysage. Pourtant, les tensions persistent : entre maintien du chavisme et exigences extérieures, entre espoir de prospérité et crainte d’une tutelle prolongée.
Les mois à venir seront décisifs. La capacité de Delcy Rodriguez à consolider son pouvoir tout en répondant aux attentes populaires et internationales déterminera si ce tournant historique mène à une stabilisation durable ou à de nouvelles incertitudes.
Le pays, riche en ressources mais épuisé par des années de crise, se trouve à un carrefour. Les changements observés en si peu de temps montrent à quel point une intervention extérieure peut accélérer des transformations longtemps bloquées. Reste à voir si elles profiteront vraiment à la population.
Points clés en un coup d’œil
Rapprochement rapide avec Washington
Réforme pétrolière favorisant le privé
Amnistie et fermeture de centres controversés
Maintien d’une rhétorique chaviste
Assouplissement progressif de la répression
Ces évolutions marquent un avant et un après dans l’histoire récente du Venezuela. Un mois sans Maduro a suffi pour redessiner les contours du pouvoir, de l’économie et des libertés. L’avenir dira si ce vent de changement est durable.









