Les fans de Tintin sont en ébullition ! Les éditions Casterman viennent d’annoncer pour janvier prochain la sortie d’une réédition très spéciale du Lotus bleu, un des albums les plus emblématiques des aventures du reporter belge imaginées par Hergé. Mais attention, il ne s’agit pas de n’importe quelle version.
C’est en effet la toute première mouture de cet album, parue en 1936, qui va être remise au goût du jour. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les différences avec l’album que l’on connaît aujourd’hui sont notables ! Jugez plutôt : alors que Le Lotus bleu tel qu’on peut le lire actuellement compte 64 pages, sa version originale n’en faisait pas moins de 124. Soit quasiment le double !
Mais ce n’est pas tout. Si cet album sorti il y a près de 90 ans était alors en noir et blanc, Casterman a décidé de lui offrir une nouvelle jeunesse en le colorisant intégralement. Une première, qui devrait permettre de redécouvrir ce grand classique de la bande dessinée franco-belge sous un jour inédit.
Un album charnière dans l’œuvre d’Hergé
Pour bien mesurer l’importance de cette réédition, il faut se rappeler à quel point Le Lotus bleu constitue un tournant dans les aventures de Tintin, mais aussi plus largement dans la carrière d’Hergé. Prépublié dans le journal Le Petit Vingtième entre 1934 et 1935, cet album marque un véritable bond en avant, tant sur le plan graphique que scénaristique.
Fini les aventures rocambolesques et parfois un brin simplistes des premiers opus. Avec Le Lotus bleu, Hergé développe un véritable sens du romanesque, installant un mystère prenant qui tient le lecteur en haleine de bout en bout. Tintin n’est plus seulement un héros picaresque, enchainant les péripéties burlesques. Il se mue en véritable enquêteur, doublé d’un reporter engagé, n’hésitant pas à dénoncer l’impérialisme des puissances coloniales en Chine.
Une plongée fascinante dans la Chine des années 30
Au delà de l’intrigue policière, parfaitement ficelée, c’est aussi la qualité du traitement de l’arrière-plan historique et culturel qui impressionne dans cet album. Hergé, qui n’avait pourtant jamais mis les pieds en Chine, parvient à brosser un tableau incroyablement vivant et détaillé de Shanghai et de sa région au milieu des années 30.
Il faut dire que pour l’occasion, le dessinateur s’était particulièrement bien documenté, en grande partie grâce à l’aide de Tchang Tchong-Jen, un étudiant chinois rencontré à Bruxelles, qui deviendra l’un de ses amis proches. Celui-ci l’aidera notamment à intégrer des éléments authentiques de la culture chinoise, et lui servira de modèle pour créer le personnage de Tchang, qui prendra par la suite une grande importance dans la série.
Avec Tchang Tchong-Jen, Hergé a trouvé le conseiller idéal pour donner à son récit un véritable parfum d’authenticité. Son ami l’a aidé à se détacher des clichés de l’époque sur la Chine, omniprésents dans la littérature populaire occidentale des années 30.
La naissance de la fameuse « ligne claire » d’Hergé
Mais les apports de Tchang Tchong-Jen ne s’arrêtent pas là. C’est aussi lui qui initiera Hergé à l’art chinois, et notamment à la technique du lavis à l’encre de Chine. Une révélation pour le dessinateur, qui commence alors à épurer son style, pour aller vers ce qu’on appellera plus tard la « ligne claire », qui fera école dans le monde de la BD franco-belge.
Avec un graphisme plus dépouillé, des décors millimétrés qui confèrent une vraie crédibilité aux scènes, et des personnages plus expressifs que jamais, Le Lotus bleu pose les bases de ce qui deviendra la « patte » Hergé. Un style immédiatement reconnaissable, qui sera une grande source d’inspiration pour des générations d’auteurs.
Le combat d’Hergé contre les préjugés
Autre grande qualité de l’album : son engagement contre le racisme et les stéréotypes de l’époque sur l’Asie. A travers son récit, Hergé n’hésite pas à dénoncer la vision caricaturale et condescendante que pouvaient avoir beaucoup d’Occidentaux sur la Chine et ses habitants. Avec l’aide de Tchang Tchong-Jen, il s’emploie au contraire à montrer toute la richesse et la subtilité de la culture chinoise.
Un courage assez rare pour l’époque, qui se traduit notamment par des prises de position assez audacieuses, comme lorsque Tintin s’oppose frontalement aux Japonais qui occupaient alors la Chine. Des positions qui, d’après certains spécialistes, auraient même pu valoir à Hergé des menaces de mort de la part des autorités nippones !
Une édition collector à ne pas manquer
Autant de raisons qui font de cette réédition un événement à ne pas rater pour tous les amateurs du petit reporter et de son fox-terrier. D’autant que Casterman a mis les petits plats dans les grands, en proposant un album grand format, entièrement remasterisé, avec une reliure de qualité et une nouvelle maquette mettant parfaitement en valeur le travail d’Hergé.
Cerise sur le gâteau : l’éditeur promet également des documents inédits en bonus, qui raviront à coup sûr les tintinophiles les plus exigeants. De quoi (re)découvrir cette aventure culte comme vous ne l’avez jamais vue, et vous plonger dans la passionnante genèse d’un album qui aura marqué un véritable turning point dans l’œuvre d’Hergé.
Une publication à surveiller de très près donc, que vous soyez un inconditionnel de la première heure ou néophyte curieux de comprendre pourquoi Tintin continue, plus de 90 ans après sa création, de passionner petits et grands aux quatre coins du monde. Rendez-vous le 8 janvier 2024 en librairie pour vous offrir ce petit morceau d’histoire du 9ème art !
Il faut dire que pour l’occasion, le dessinateur s’était particulièrement bien documenté, en grande partie grâce à l’aide de Tchang Tchong-Jen, un étudiant chinois rencontré à Bruxelles, qui deviendra l’un de ses amis proches. Celui-ci l’aidera notamment à intégrer des éléments authentiques de la culture chinoise, et lui servira de modèle pour créer le personnage de Tchang, qui prendra par la suite une grande importance dans la série.
Avec Tchang Tchong-Jen, Hergé a trouvé le conseiller idéal pour donner à son récit un véritable parfum d’authenticité. Son ami l’a aidé à se détacher des clichés de l’époque sur la Chine, omniprésents dans la littérature populaire occidentale des années 30.
La naissance de la fameuse « ligne claire » d’Hergé
Mais les apports de Tchang Tchong-Jen ne s’arrêtent pas là. C’est aussi lui qui initiera Hergé à l’art chinois, et notamment à la technique du lavis à l’encre de Chine. Une révélation pour le dessinateur, qui commence alors à épurer son style, pour aller vers ce qu’on appellera plus tard la « ligne claire », qui fera école dans le monde de la BD franco-belge.
Avec un graphisme plus dépouillé, des décors millimétrés qui confèrent une vraie crédibilité aux scènes, et des personnages plus expressifs que jamais, Le Lotus bleu pose les bases de ce qui deviendra la « patte » Hergé. Un style immédiatement reconnaissable, qui sera une grande source d’inspiration pour des générations d’auteurs.
Le combat d’Hergé contre les préjugés
Autre grande qualité de l’album : son engagement contre le racisme et les stéréotypes de l’époque sur l’Asie. A travers son récit, Hergé n’hésite pas à dénoncer la vision caricaturale et condescendante que pouvaient avoir beaucoup d’Occidentaux sur la Chine et ses habitants. Avec l’aide de Tchang Tchong-Jen, il s’emploie au contraire à montrer toute la richesse et la subtilité de la culture chinoise.
Un courage assez rare pour l’époque, qui se traduit notamment par des prises de position assez audacieuses, comme lorsque Tintin s’oppose frontalement aux Japonais qui occupaient alors la Chine. Des positions qui, d’après certains spécialistes, auraient même pu valoir à Hergé des menaces de mort de la part des autorités nippones !
Une édition collector à ne pas manquer
Autant de raisons qui font de cette réédition un événement à ne pas rater pour tous les amateurs du petit reporter et de son fox-terrier. D’autant que Casterman a mis les petits plats dans les grands, en proposant un album grand format, entièrement remasterisé, avec une reliure de qualité et une nouvelle maquette mettant parfaitement en valeur le travail d’Hergé.
Cerise sur le gâteau : l’éditeur promet également des documents inédits en bonus, qui raviront à coup sûr les tintinophiles les plus exigeants. De quoi (re)découvrir cette aventure culte comme vous ne l’avez jamais vue, et vous plonger dans la passionnante genèse d’un album qui aura marqué un véritable turning point dans l’œuvre d’Hergé.
Une publication à surveiller de très près donc, que vous soyez un inconditionnel de la première heure ou néophyte curieux de comprendre pourquoi Tintin continue, plus de 90 ans après sa création, de passionner petits et grands aux quatre coins du monde. Rendez-vous le 8 janvier 2024 en librairie pour vous offrir ce petit morceau d’histoire du 9ème art !