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Une enseignante menacée suite à l’exposition d’une caricature d’Erdogan

Une enseignante jurassienne fait l'objet de menaces après avoir exposé une caricature d'Erdogan en classe. La mère d'une élève choquée a vivement contesté ses méthodes pédagogiques, poussant la professeure à porter plainte et à solliciter une protection de sa hiérarchie. L'incident ravive le débat sur...

Dans un contexte déjà tendu autour de la liberté d’expression des enseignants, un nouvel incident suscite l’émoi dans le monde éducatif. Une professeure exerçant dans un établissement scolaire de Saint-Claude, dans le Jura, a récemment porté plainte suite à des menaces proférées par la mère d’une de ses élèves. Au cœur de ce conflit : l’exposition en classe d’une caricature représentant le président turc Recep Tayyip Erdogan en dictateur.

Une caricature d’Erdogan au centre de la polémique

Tout a commencé lorsque l’enseignante a organisé une exposition de dessins de presse au sein de la Cité scolaire Saint-Sauveur de Saint-Claude. Parmi les œuvres présentées figurait une caricature satirique dépeignant le chef d’État turc en autocrate. Une élève de seconde, choquée par ce dessin, a pris une photo et l’a montrée à sa mère. C’est alors que la situation a dégénéré.

Selon les informations rapportées par le parquet, la mère de famille a contacté l’établissement et tenu des propos «outrageants, politiques et vindicatifs» envers l’enseignante, sans pour autant invoquer de motifs religieux. Il semblerait que cet incident s’inscrive dans le cadre d’un conflit préexistant entre la famille et la professeure concernant ses méthodes pédagogiques.

Une enseignante menacée et soutenue par sa hiérarchie

Face à ces menaces, l’enseignante a décidé de porter plainte, une démarche appuyée par la Direction académique des services de l’éducation nationale qui a également engagé des poursuites judiciaires. Le rectorat de Besançon a confirmé que cette professeure était remise en cause dans sa pratique pédagogique par cette famille de manière générale, la caricature n’étant qu’un élément de reproches parmi d’autres.

L’enseignante aurait été «agressée verbalement, par l’intermédiaire d’un personnel de l’établissement, par une mère qui a essayé de la joindre à plusieurs reprises», précise-t-on du côté du rectorat. Afin de la soutenir et d’assurer sa sécurité, une protection fonctionnelle a été mise en place. Éprouvée par cette affaire, la professeure a pris quelques jours de repos.

Il est important qu’elle se sente soutenue dans l’exercice de sa fonction.

Rectorat de Besançon

L’ombre de l’assassinat de Samuel Paty

Si cet incident n’a pas de dimension religieuse avérée, il ravive inévitablement le souvenir de l’assassinat de Samuel Paty. Ce professeur d’histoire-géographie avait été décapité en octobre 2020 par un islamiste radicalisé qui lui reprochait d’avoir montré des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. Son procès est actuellement en cours.

Le cas de cette enseignante jurassienne, bien que moins dramatique, illustre une nouvelle fois les tensions qui peuvent naître autour de l’usage de dessins satiriques en classe et pose la question des limites de la liberté pédagogique face aux convictions des familles. Les suites judiciaires de cette affaire, et le soutien apporté à cette professeure, seront scrutés avec attention par la communauté éducative.

L’enseignante aurait été «agressée verbalement, par l’intermédiaire d’un personnel de l’établissement, par une mère qui a essayé de la joindre à plusieurs reprises», précise-t-on du côté du rectorat. Afin de la soutenir et d’assurer sa sécurité, une protection fonctionnelle a été mise en place. Éprouvée par cette affaire, la professeure a pris quelques jours de repos.

Il est important qu’elle se sente soutenue dans l’exercice de sa fonction.

Rectorat de Besançon

L’ombre de l’assassinat de Samuel Paty

Si cet incident n’a pas de dimension religieuse avérée, il ravive inévitablement le souvenir de l’assassinat de Samuel Paty. Ce professeur d’histoire-géographie avait été décapité en octobre 2020 par un islamiste radicalisé qui lui reprochait d’avoir montré des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. Son procès est actuellement en cours.

Le cas de cette enseignante jurassienne, bien que moins dramatique, illustre une nouvelle fois les tensions qui peuvent naître autour de l’usage de dessins satiriques en classe et pose la question des limites de la liberté pédagogique face aux convictions des familles. Les suites judiciaires de cette affaire, et le soutien apporté à cette professeure, seront scrutés avec attention par la communauté éducative.

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