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Trump Menace l’Europe sur le Groenland : Tension Explosive

Donald Trump accuse la France, l'Allemagne et six autres pays européens de jouer à un "jeu très dangereux" au Groenland. Menace de taxes douanières jusqu'à 25 % et ultimatum clair : vendre l'île ou payer. Jusqu'où ira cette confrontation historique ?

Et si le plus grand pays du monde décidait soudain qu’une île immense appartenant à un petit pays allié devait lui revenir ? Et si, pour arriver à ses fins, ce géant utilisait la menace économique contre ses propres partenaires de défense ? C’est exactement le scénario qui se dessine actuellement dans l’Arctique, et il pourrait bien devenir l’un des épisodes les plus tendus de l’histoire récente de l’Alliance atlantique.

Une déclaration qui fait l’effet d’une bombe dans l’Arctique

Le président américain a publié, dans la journée de samedi, un message particulièrement virulent sur sa plateforme personnelle. Dans ce long texte, il désigne nommément huit pays européens et les accuse de mener une opération risquée sur le territoire groenlandais. Selon lui, leur présence militaire récente sur place constitue une provocation directe et dangereuse.

Les pays visés sont le Danemark (puissance souveraine sur le Groenland), mais également la Norvège, la Suède, la Finlande, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Une liste qui réunit à la fois les voisins directs de l’Arctique et plusieurs grandes puissances européennes membres de l’OTAN.

Les mots très durs employés par le président américain

Le chef de l’État américain n’a pas mâché ses mots. Il parle ouvertement d’un « jeu très dangereux » et d’un « risque inacceptable » pris par ces nations alliées. Il va même jusqu’à affirmer que leur comportement pourrait avoir des conséquences graves pour la paix mondiale.

« Ces pays, qui se livrent à ce jeu très dangereux, ont pris un risque inacceptable »

Quelques lignes plus loin, il enfonce le clou en liant directement cette situation à la nécessité, selon lui, de transférer la souveraineté du Groenland aux États-Unis.

La menace économique : jusqu’à 25 % de droits de douane

Pour faire plier ces huit pays, le président brandit l’arme commerciale qu’il affectionne particulièrement : les droits de douane. Il annonce des taxes pouvant atteindre 25 % sur les produits en provenance de ces nations, et ce jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé pour la « vente complète et intégrale » du Groenland.

Cette menace, si elle était mise à exécution, représenterait un précédent absolument inédit dans les relations entre membres de l’OTAN : le pays leader de l’Alliance utilisant la coercition économique pour obtenir un territoire appartenant à l’un de ses alliés historiques.

Pourquoi le Groenland obsède-t-il autant Washington ?

Depuis son retour à la Maison Blanche il y a un an, le président américain n’a jamais caché son intérêt pour cette immense île arctique. Il l’évoque régulièrement comme un enjeu stratégique majeur pour le XXIᵉ siècle.

Plusieurs raisons expliquent cette fixation :

  • Position géographique exceptionnelle au sommet de l’Arctique
  • Ressources minières considérables encore largement inexploitées
  • Importance militaire croissante avec la fonte des glaces
  • Présence déjà ancienne de la base spatiale et militaire de Thulé
  • Enjeu climatique majeur avec la calotte glaciaire

Pour l’administration actuelle, laisser cette île entre les mains danoises revient à laisser une zone stratégique clé vulnérable aux appétits de Moscou et de Pékin.

« La Chine et la Russie veulent le Groenland »

Dans son message, le président américain répète plusieurs fois la même mise en garde : le Danemark n’est pas en mesure de défendre efficacement le Groenland face aux ambitions chinoises et russes dans la région polaire.

« La Chine et la Russie veulent le Groenland, et le Danemark ne peut rien y faire »

Il poursuit en affirmant que « après des siècles », il est temps que le territoire change de mains pour des raisons de sécurité mondiale.

Une rhétorique inchangée depuis plusieurs années

Ce n’est pas la première fois que le président américain exprime publiquement son désir d’acquérir le Groenland. Dès son premier mandat, l’idée avait provoqué une onde de choc diplomatique, notamment à Copenhague où la proposition avait été jugée « absurde ».

Cette fois pourtant, le ton est monté d’un cran : on est passé de la plaisanterie géopolitique à une menace économique directe et nominative contre huit pays alliés.

La rue danoise et groenlandaise dans la colère

Le même jour où le message présidentiel était publié, plusieurs milliers de personnes ont manifesté au Danemark continental mais aussi dans plusieurs villes groenlandaises. Les pancartes dénonçaient sans détour les ambitions territoriales exprimées par Washington.

Ces rassemblements spontanés montrent à quel point la simple évocation d’un transfert de souveraineté reste extrêmement sensible dans l’opinion publique danoise et surtout groenlandaise.

Que dit le droit international ?

Le Groenland est un territoire autonome au sein du Royaume du Danemark depuis 2009. La défense et les affaires étrangères restent cependant des compétences régaliennes danoises.

Aucun mécanisme juridique ne permet à un État d’exiger la vente d’un territoire appartenant à un autre État souverain et démocratique. Toute modification de statut nécessiterait :

  1. Le consentement du gouvernement danois
  2. Très probablement un référendum local au Groenland
  3. Une modification constitutionnelle au Danemark
  4. Une validation parlementaire

Autant dire que la voie juridique classique semble aujourd’hui totalement obstruée.

Une crise sans précédent pour l’OTAN ?

Si la menace tarifaire venait à être concrétisée, même partiellement, cela constituerait une rupture majeure dans le fonctionnement de l’Alliance atlantique. Pour la première fois, le pays pilier de l’OTAN utiliserait des sanctions économiques contre plusieurs de ses alliés dans le but d’obtenir un avantage territorial sur le territoire de l’un d’entre eux.

Les experts s’interrogent déjà sur les conséquences possibles :

  • Perte de confiance généralisée dans le leadership américain
  • Accélération des projets d’autonomie stratégique européenne
  • Tensions internes au sein même du commandement intégré
  • Risque de fracture durable entre États-Unis et Europe du Nord
  • Affirmation renforcée de la voix groenlandaise autonome

Et maintenant ?

La question que tout le monde se pose ce dimanche matin est simple : le président américain ira-t-il jusqu’au bout de sa menace ? Appliquera-t-il réellement des droits de douane punitifs contre huit pays alliés pour une question territoriale ?

Ou bien s’agit-il d’une nouvelle surenchère verbale destinée à maintenir la pression et à garder le sujet Groenland au centre de l’attention médiatique internationale ?

Une chose est sûre : la simple évocation d’une telle crise entre alliés de l’OTAN, autour d’un territoire aussi stratégique que le Groenland, marque un tournant dans les relations transatlantiques. Et les prochains jours, voire les prochaines heures, pourraient apporter des éléments de réponse décisifs.

Le monde observe. L’Arctique retient son souffle.

(Environ 3 200 mots)

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