Imaginez un instant : après plus de deux années de violences intenses, de bombardements incessants et de souffrances humaines innombrables dans la bande de Gaza, une nouvelle initiative diplomatique voit le jour sous l’impulsion directe du président américain. Donald Trump, fidèle à son style flamboyant, annonce la création d’un Conseil de paix pour Gaza qui promet d’être « le plus grand et le plus prestigieux jamais assemblé ». Cette annonce intervient alors qu’un fragile cessez-le-feu tient depuis trois mois grâce à une forte pression exercée par Washington.
Ce nouveau mécanisme international vise à superviser la phase critique suivante du plan global conçu pour ramener la stabilité durable dans la région. Les regards du monde entier se tournent désormais vers cette structure inédite et vers les réponses des dirigeants invités à y participer. Qui acceptera de rejoindre cette table ? Quelles seront réellement les prérogatives de ce conseil ? Autant de questions qui agitent déjà les chancelleries.
Un Conseil de paix ambitieux prend forme sous l’égide de Trump
Le projet porté par l’administration Trump ne se contente pas d’être une simple déclaration d’intention. Il s’inscrit dans une stratégie en plusieurs étapes dont la deuxième phase vient tout juste d’être lancée. Celle-ci prévoit notamment le désarmement complet du Hamas, le retrait progressif et coordonné des forces israéliennes du territoire palestinien, ainsi que la mise en place d’une force internationale de stabilisation.
Ce Conseil de paix est présenté comme l’organe central chargé de veiller au respect et à la bonne exécution de ces engagements. Il doit également superviser la création et le fonctionnement d’un comité palestinien temporaire, composé de quinze personnalités qualifiées de technocrates, destiné à administrer la bande de Gaza durant une période de transition.
Les dirigeants invités à rejoindre le Conseil
L’administration américaine a lancé des invitations officielles à plusieurs chefs d’État et de gouvernement. Parmi les personnalités approchées figurent notamment le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le président turc Recep Tayyip Erdogan, le président argentin Javier Milei et le dirigeant canadien Mark Carney.
Du côté de l’Argentine, la réponse ne s’est pas fait attendre. Javier Milei a publiquement déclaré qu’il serait « honoré » de siéger au sein de ce conseil. Cette acceptation rapide reflète sans doute la proximité idéologique affichée entre les deux dirigeants depuis plusieurs mois.
Au Canada, l’entourage de Mark Carney laisse entendre que le dirigeant serait favorable à une participation. Un de ses conseillers a confié que le pays envisage sérieusement de répondre positivement à l’invitation américaine.
Des réactions plus mesurées de la Turquie et de l’Égypte
La Turquie et l’Égypte, deux acteurs régionaux majeurs directement concernés par le dossier palestinien, adoptent une posture plus prudente. Du côté d’Ankara, la présidence a simplement confirmé la réception de l’invitation sans autre précision pour l’instant.
Le ministre des Affaires étrangères égyptien a indiqué que le président al-Sissi « étudiait la question ». Cette formule diplomatique classique laisse planer le doute sur une éventuelle participation du Caire, pourtant incontournable dans tout processus de stabilisation à Gaza en raison de sa frontière commune et de son rôle historique de médiateur.
Les figures déjà confirmées au sein du Conseil
Outre les dirigeants étrangers potentiellement invités, plusieurs personnalités ont d’ores et déjà été désignées pour siéger au Conseil de paix. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio y occupe une place centrale, confirmant son rôle protéiforme au sein de l’administration Trump.
L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair a également accepté de participer. Malgré une réputation internationale ternie par son engagement dans la guerre en Irak en 2003, il s’est dit « honoré » de rejoindre le conseil et a salué le « leadership » de Donald Trump dans cette initiative.
« C’est un honneur de faire partie de ce conseil et je salue le leadership du président Trump dans cette entreprise cruciale pour la paix au Moyen-Orient. »
Tony Blair
Parmi les proches du président américain, on retrouve également Steve Witkoff, désigné émissaire spécial, ainsi que Jared Kushner, gendre de Trump et déjà impliqué dans des médiations au Moyen-Orient par le passé. Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, complète cette liste de membres confirmés.
Un « founding executive board » parallèle
Parallèlement au Conseil de paix proprement dit, la Maison Blanche a mis en place un « founding executive board » composé de sept personnalités, dont cinq Américains. Parmi eux figure notamment Marc Rowan, milliardaire et patron du fonds d’investissement Apollo Global Management.
Les contours exacts de cette instance parallèle et ses relations avec le Conseil de paix principal restent encore flous. La Maison Blanche a simplement indiqué que d’autres nominations seraient annoncées prochainement.
Le plan Trump en deux phases et le rôle du Conseil
Pour bien comprendre l’importance accordée à ce nouveau Conseil, il convient de revenir sur la structure globale du plan défendu par l’administration Trump. La première phase, déjà en cours depuis trois mois, correspond à un cessez-le-feu fragile mais globalement respecté, obtenu sous l’intense pression diplomatique américaine.
La deuxième phase, récemment lancée, est beaucoup plus ambitieuse. Elle comprend plusieurs volets interconnectés :
- Le désarmement complet et vérifiable du Hamas
- Le retrait progressif et coordonné des troupes israéliennes de Gaza
- Le déploiement d’une Force internationale de stabilisation
- La formation de nouvelles unités de police palestiniennes
- La mise en place d’un comité administratif palestinien temporaire et technocratique
C’est précisément à la supervision de l’ensemble de ces mesures que le Conseil de paix est appelé à contribuer. Son rôle ne se limite pas à une simple observation passive : il doit activement veiller à la mise en œuvre des engagements pris par les différentes parties.
Une proposition immédiatement rejetée par le Hamas
Du côté palestinien, la réaction ne s’est pas fait attendre. Dès le mois d’octobre, un haut responsable du Hamas, Osama Hamdan, avait fermement dénoncé la création de ce conseil, y voyant un retour à « l’ère des mandats et du colonialisme ».
Cette opposition frontale du mouvement islamiste constitue sans doute l’un des principaux obstacles à la réussite du plan. Sans l’adhésion ou du moins la neutralité bienveillante du Hamas, le désarmement prévu apparaît particulièrement difficile à réaliser.
Un dispositif diplomatique aux contours encore flous
Plusieurs zones d’ombre persistent autour de cette initiative. La composition exacte du Conseil reste partielle, les modalités de fonctionnement n’ont pas été précisées, et surtout, la distinction entre le Conseil de paix principal et le « founding executive board » parallèle demeure confuse.
La Maison Blanche promet des clarifications prochaines, mais pour l’instant, l’architecture institutionnelle de ce projet ambitieux reste en construction. Cette absence de détails précis alimente les interrogations et les spéculations dans les capitales concernées.
Les défis majeurs qui attendent le Conseil
Au-delà des questions d’organisation interne, le Conseil de paix devra relever plusieurs défis considérables pour espérer peser réellement sur le cours des événements à Gaza :
- Obtenir la coopération effective du Hamas pour son propre désarmement
- Convaincre Israël d’effectuer un retrait progressif mais substantiel
- Assurer le déploiement et le bon fonctionnement d’une force internationale de stabilisation
- Permettre la mise en place d’une administration palestinienne transitoire crédible et acceptée localement
- Maintenir la cohésion du conseil malgré des divergences politiques prévisibles entre ses membres
Chacun de ces points représente en soi un défi diplomatique majeur. Leur combinaison rend la tâche particulièrement ardue.
Une nouvelle tentative américaine de résoudre le conflit
Cette initiative s’inscrit dans une longue série de tentatives américaines pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Chaque administration a proposé son approche, souvent marquée par la personnalité du président en exercice.
Avec Donald Trump, on retrouve cette marque personnelle forte : une communication directe, des annonces spectaculaires, une mise en avant de personnalités de premier plan et une volonté affichée de rompre avec les approches précédentes jugées inefficaces.
Reste à savoir si cette nouvelle formule parviendra là où d’autres ont échoué. L’histoire récente du conflit incite à la prudence, mais l’ampleur des moyens diplomatiques mobilisés et la détermination affichée par l’administration actuelle commandent également l’attention.
Vers une stabilisation durable ou une nouvelle illusion ?
Alors que les populations de Gaza aspirent avant tout à la fin des violences et à une vie normale, le Conseil de paix représente-t-il réellement une chance de tourner la page ? Ou s’agit-il d’une nouvelle tentative vouée à l’échec dans une région où les initiatives internationales se sont souvent heurtées à des réalités locales complexes ?
Les prochains mois seront déterminants. Les réponses des dirigeants invités, l’évolution du cessez-le-feu actuel, la mise en œuvre effective de la phase 2 du plan et surtout la capacité du Conseil à s’imposer comme un acteur crédible et respecté seront autant d’indicateurs précieux.
Pour l’instant, une chose est sûre : Donald Trump a décidé de frapper fort dans le dossier palestinien. Reste à voir si ce coup diplomatique portera ses fruits ou s’ajoutera à la longue liste des initiatives inachevées au Moyen-Orient.
La suite des événements dira si ce Conseil de paix parviendra à transformer l’espoir fragile né du cessez-le-feu en une paix durable pour Gaza et pour toute la région.
Points clés à retenir
- Donald Trump lance un Conseil de paix pour superviser la phase 2 de son plan pour Gaza
- Plusieurs dirigeants internationaux invités dont Égypte, Turquie, Argentine et Canada
- Javier Milei accepte rapidement, Mark Carney semble intéressé
- Égypte et Turquie adoptent une position prudente
- Figures clés déjà confirmées : Marco Rubio, Tony Blair, Jared Kushner, Steve Witkoff, Ajay Banga
- Objectifs principaux : désarmement Hamas, retrait israélien progressif, force de stabilisation internationale
- Hamas rejette fermement l’initiative
Le monde observe désormais avec attention les développements autour de cette nouvelle architecture diplomatique. Dans une région où chaque initiative est scrutée, analysée et souvent critiquée, le Conseil de paix pour Gaza devra rapidement démontrer sa valeur ajoutée et sa capacité à faire bouger les lignes.
Pour les habitants de Gaza qui ont tant souffert, l’enjeu est existentiel. Pour la communauté internationale, c’est un test supplémentaire de sa capacité à résoudre l’un des conflits les plus longs et les plus complexes de notre époque.
À suivre de très près dans les semaines et mois à venir.









