Imaginez payer cinq fois moins cher votre traitement contre le diabète ou l’hypertension simplement en passant par un site internet officiel. C’est exactement la promesse qui vient d’être faite aux Américains par le président Donald Trump lors d’une annonce qui a surpris plus d’un observateur.
Jeudi soir, devant les caméras, il a dévoilé un projet ambitieux qui touche directement au porte-monnaie de millions de foyers : un portail baptisé TrumpRx.gov, censé rendre accessibles certains des médicaments les plus prescrits à des tarifs très largement réduits. Une initiative qui arrive à un moment où le coût de la vie préoccupe énormément les électeurs.
Une réponse directe à l’une des principales colères des Américains
Le prix des médicaments sur ordonnance aux États-Unis est un sujet brûlant depuis des décennies. Contrairement à la très grande majorité des pays développés, il n’existe pas de véritable régulation fédérale des tarifs fixés par les laboratoires pharmaceutiques. Résultat : les Américains paient souvent deux à trois fois plus cher que les Européens, voire cinq à dix fois plus pour certains traitements innovants.
Cette situation crée une forme de paradoxe mondial : les États-Unis, qui représentent environ 4 % de la population mondiale, absorbent près de 45 % des dépenses pharmaceutiques globales. Beaucoup y voient une subvention indirecte du reste de la planète par les contribuables et les assurés américains.
TrumpRx.gov : comment ça fonctionne concrètement ?
Le site internet TrumpRx.gov ne propose pas de vendre directement les médicaments en ligne. Il fonctionne plutôt comme un comparateur et un générateur de bons d’achat. Une fois que l’utilisateur a identifié le médicament dont il a besoin et vérifié qu’il fait partie du programme, il peut obtenir un bon à présenter en pharmacie.
Ce bon garantit le prix réduit annoncé. Selon les déclarations officielles, plusieurs dizaines de molécules parmi les plus prescrites aux États-Unis bénéficient déjà de cette réduction importante, parfois supérieure à 80 % par rapport au prix catalogue habituel.
« À partir de ce soir, des dizaines de médicaments parmi les plus couramment prescrits seront disponibles à des prix considérablement réduits pour tous les consommateurs sur un nouveau site internet appelé TrumpRx.gov »
Donald Trump
Cette citation résume bien l’ambition affichée : rendre l’information claire et accessible, et surtout inciter chaque patient à vérifier systématiquement avant tout achat.
L’exemple choc de l’Ozempic à 199 dollars
Pour illustrer l’ampleur des baisses promises, l’administration a mis en avant un cas très concret et très médiatisé : celui de l’Ozempic, le médicament antidiabétique (et désormais très utilisé dans la perte de poids) développé par Novo Nordisk.
Le prix de détail habituel aux États-Unis tourne autour de 1 000 dollars par mois sans assurance. Avec le programme TrumpRx.gov, il tomberait à 199 dollars. Une division par cinq qui, si elle se confirme dans la réalité des pharmacies, représenterait une économie mensuelle considérable pour les patients.
Cet exemple n’est pas choisi au hasard : l’Ozempic et son cousin Wegovy sont devenus des produits phares, au cœur d’un véritable phénomène sociétal ces dernières années. Leur prix élevé était régulièrement pointé du doigt dans les débats publics.
Comment un tel accord a-t-il pu voir le jour ?
Le président a expliqué avoir négocié directement avec une dizaine de grands laboratoires pharmaceutiques. Ces entreprises ont accepté de participer au programme en échange, probablement, de certains avantages non détaillés publiquement lors de la présentation.
Certains observateurs estiment que la simple visibilité négative que représente le fait de ne pas participer au programme a pu jouer un rôle important dans les discussions. Être perçu comme le laboratoire qui refuse de baisser ses prix alors que d’autres le font peut coûter cher en image.
Un contexte politique très tendu
L’annonce intervient à quelques mois seulement des élections de mi-mandat de fin 2026. Le parti présidentiel fait face à une opinion publique inquiète sur plusieurs fronts économiques : inflation persistante, hausse du coût de l’énergie, du logement… et du coût des soins de santé.
Le sujet des médicaments chers est l’un de ceux qui rassemblent le plus largement l’opinion américaine, transcendant souvent les clivages partisans. Pouvoir annoncer une mesure concrète, tangible et immédiatement compréhensible constitue donc un atout politique non négligeable.
« Les Américains paient depuis longtemps les prix des médicaments les plus élevés au monde. (…) Le peuple américain subventionnait en fait le coût des médicaments pour le monde entier. »
Donald Trump
Cette phrase résume parfaitement le narratif choisi : il ne s’agit pas seulement d’aider les Américains, mais aussi de rétablir une forme de justice dans le commerce mondial du médicament.
Que contient exactement la liste des médicaments concernés ?
Lors de la présentation, il a été indiqué que « des dizaines » de molécules étaient déjà incluses. On parle de traitements parmi les plus prescrits, ce qui laisse supposer la présence probable de :
- Statines contre le cholestérol
- Médicaments antihypertenseurs
- Antidépresseurs courants
- Traitements du diabète de type 2
- Certains anticoagulants
- Médicaments contre l’asthme et la BPCO
Bien entendu, la liste exacte et actualisée sera disponible sur le site lui-même. L’administration insiste sur le fait que cette liste est appelée à s’étoffer dans les mois qui viennent.
Les limites et les questions qui restent en suspens
Malgré l’enthousiasme affiché, plusieurs points d’interrogation demeurent :
- Les réductions sont-elles réellement appliquées dans toutes les pharmacies du pays ?
- Les assureurs privés et les programmes publics (Medicare, Medicaid) vont-ils s’aligner sur ces tarifs ou continuer à négocier leurs propres prix ?
- Les laboratoires vont-ils maintenir ces prix réduits sur le long terme ou s’agit-il d’une mesure temporaire ?
- Quels sont exactement les contreparties obtenues par les laboratoires en échange de leur participation ?
Ces questions, et bien d’autres, trouveront probablement des éléments de réponse dans les semaines et mois à venir, à mesure que le dispositif sera déployé sur le terrain.
Un symbole fort dans la bataille pour le pouvoir d’achat
Au-delà des aspects techniques, l’initiative TrumpRx.gov porte un message politique clair : le gouvernement peut et doit intervenir directement pour faire baisser les prix qui pèsent sur le quotidien des familles. C’est un positionnement qui tranche avec la doctrine traditionnelle de laisser le marché libre fixer les prix des médicaments innovants.
En plaçant son nom directement sur le site, le président assume pleinement la paternité de la mesure et en fait un marqueur de son mandat. Une stratégie risquée s’il s’avère que les résultats concrets ne sont pas au rendez-vous, mais potentiellement payante si des millions d’Américains constatent effectivement une baisse significative de leur facture pharmaceutique.
Vers une transformation durable du marché pharmaceutique américain ?
Si le programme rencontre le succès escompté, il pourrait créer un précédent important. D’autres classes de médicaments pourraient être intégrées, la pression concurrentielle pourrait s’accentuer entre laboratoires, et les prix de référence ainsi créés pourraient influencer durablement les négociations avec les assureurs et les programmes publics.
À l’inverse, si le dispositif rencontre des obstacles majeurs (refus de pharmacies, ruptures d’approvisionnement, recours judiciaires des laboratoires non participants…), il pourrait être perçu comme une mesurette électoraliste sans effet durable.
Ce que les patients américains doivent faire dès maintenant
Le message est clair et répété plusieurs fois lors de la présentation : ne plus jamais acheter un médicament sans avoir vérifié au préalable sur TrumpRx.gov si une version à prix réduit est disponible.
Concrètement, cela signifie :
- Se rendre sur le site officiel
- Rechercher le médicament prescrit
- Vérifier s’il fait partie du programme
- Obtenir et imprimer ou télécharger le bon de réduction
- Le présenter en pharmacie avec l’ordonnance
Une démarche simple en théorie, qui pourrait devenir un réflexe pour des millions de foyers dans les prochains mois.
Un test grandeur nature pour la suite du mandat
L’initiative TrumpRx.gov constitue sans doute l’une des mesures les plus attendues et les plus concrètes annoncées ces derniers mois sur le front économique et social. Son succès ou son échec aura des répercussions bien au-delà du seul domaine de la santé publique.
Elle sera scrutée à la loupe par les électeurs, les économistes, les industriels, les assureurs, les pharmaciens… et bien entendu par les opposants politiques qui n’hésiteront pas à pointer du doigt la moindre imperfection de mise en œuvre.
Pour l’instant, le pari est lancé. Reste à savoir si la promesse tiendra ses engagements dans la réalité quotidienne des Américains.
À suivre très attentivement dans les prochains mois.
Points clés à retenir
- Lancement de TrumpRx.gov : site officiel pour accéder à des médicaments à prix réduits
- Réductions annoncées jusqu’à plus de 80 % sur certains traitements
- Exemple marquant : Ozempic de 1 000 $ à 199 $ par mois
- Accord négocié avec une dizaine de grands laboratoires pharmaceutiques
- Bons de réduction à présenter en pharmacie (pas de vente directe en ligne)
- Contexte : forte préoccupation des Américains sur le coût de la vie et les dépenses de santé
- Enjeu politique majeur à l’approche des élections de mi-mandat 2026
Le paysage pharmaceutique américain pourrait être en train de vivre un tournant historique. Ou peut-être simplement une parenthèse médiatique. L’avenir, et surtout l’expérience vécue par les patients, dira laquelle de ces deux lectures est la bonne.









