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Trump Lance son Conseil de Paix : Concurrence à l’ONU ?

Donald Trump veut créer son propre Conseil de Paix pour remplacer l'ONU défaillante. Un milliard de dollars pour un siège permanent, Trump président à vie et droit de veto absolu... Certains pays ont déjà reçu l'invitation. Jusqu'où ira cette révolution diplomatique ?

Imaginez un instant : le monde, fatigué des interminables réunions onusiennes, des vetos croisés et des résolutions lettre morte, se voit proposer une alternative radicale. Un nouveau forum international, conçu pour agir vite, fort et sans compromis. À sa tête ? Un seul homme, qui en plus d’en être l’initiateur, s’en octroie la présidence durable, presque indéboulonnable. Cette proposition existe. Elle porte un nom simple : le Conseil de paix.

Une rupture assumée avec l’ordre multilatéral actuel

Depuis plusieurs mois, les discussions autour d’une nouvelle architecture de la paix mondiale se multiplient. L’idée n’est plus seulement de réformer l’ONU, mais carrément de lui opposer une structure parallèle, plus légère, plus rapide… et surtout beaucoup plus centralisée. Le document fondateur, une charte de huit pages, ne cache pas son ambition : tourner le dos aux institutions jugées inefficaces pour construire quelque chose de totalement nouveau.

Le texte liminaire est clair. Il parle de promouvoir la stabilité, de restaurer une gouvernance considérée comme légitime, et surtout d’assurer une paix durable là où les conflits font rage ou menacent d’éclater. Derrière ces mots policés se lit une critique à peine voilée de l’organisation mondiale créée en 1945. Le Conseil de paix se veut « plus agile », « plus efficace ». Un euphémisme pour dire : plus direct, plus vertical.

Donald Trump, président sans limite de temps

Le point le plus spectaculaire de cette charte concerne sans conteste la place accordée à son initiateur. Donald Trump est désigné comme le « premier président » du Conseil. Mais les termes employés vont bien au-delà d’une simple présidence inaugurale.

Il détient le pouvoir exclusif d’inviter de nouveaux membres. Il peut également révoquer leur participation, sauf opposition d’une très large majorité des États déjà présents. Son mandat ne semble connaître aucune limite temporelle prédéfinie. Il peut désigner son successeur quand il le souhaite. Seule une démission volontaire ou une incapacité totale, validée à l’unanimité par un conseil exécutif qu’il nomme lui-même, pourrait mettre fin à son autorité.

« Cette structure donne au président sortant un contrôle quasi-absolu sur l’avenir même de l’organisation qu’il crée. »

Ajoutons à cela que toutes les décisions, même prises à la majorité simple des membres, doivent recevoir son approbation personnelle. En clair : droit de veto absolu. L’agenda ? Il le fixe. Les priorités ? Il les choisit. Rarement une organisation internationale aura concentré autant de pouvoir entre les mains d’une seule personne.

Un siège permanent… à un milliard de dollars

Autre innovation majeure : le financement. La charte introduit une distinction nette entre les membres ordinaires et ceux qui souhaitent sécuriser leur place sur le long terme.

Les États membres normaux obtiennent un mandat de trois ans, renouvelable uniquement à la discrétion du président. Mais ceux qui versent un milliard de dollars au cours de la première année suivant l’entrée en vigueur de la charte échappent à cette limite temporelle. Ils deviennent, en quelque sorte, membres permanents… contre espèces sonnantes et trébuchantes.

  • Contribution minimale : 1 000 000 000 $
  • Délai : première année après signature de la charte
  • Avantage : exemption de la règle des trois ans renouvelables
  • Conséquence : positionnement stratégique durable

Ce système transforme l’adhésion en investissement géopolitique direct. Il s’agit d’une logique inédite dans l’histoire des organisations internationales, où les contributions étaient traditionnellement proportionnelles au PIB ou négociées collectivement.

Qui est déjà invité ?

La liste complète des pays invités n’a pas été rendue publique officiellement. Cependant plusieurs capitales ont confirmé avoir reçu l’invitation ces derniers jours. Parmi elles figurent des alliés historiques des États-Unis, mais aussi des pays aux relations plus complexes avec Washington.

Les noms qui reviennent le plus souvent sont : la France, l’Allemagne, le Canada, l’Italie, la Hongrie, l’Albanie, l’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Égypte, la Jordanie, la Turquie, l’Inde. La présidente de la Commission européenne a également été destinataire d’une invitation personnelle.

Fait notable : la Russie fait également partie des destinataires. Moscou a d’ailleurs indiqué vouloir obtenir des précisions avant toute décision.

Les premières réactions internationales

Les réponses varient énormément selon les capitales.

« Nous examinons attentivement la charte proposée, tout en réaffirmant notre attachement indéfectible à la Charte des Nations unies, qui reste la pierre angulaire d’un multilatéralisme efficace. »

Telle est en substance la position exprimée par Paris. De son côté, Berlin évoque la nécessité d’une concertation étroite avec ses partenaires européens avant toute prise de position définitive.

Certains pays d’Europe de l’Est et d’Amérique latine semblent a priori plus ouverts. D’autres, notamment parmi les grandes puissances traditionnelles, affichent une prudence marquée, voire un scepticisme franc.

Entrée en vigueur : trois signatures suffisent

L’un des aspects les plus étonnants de cette charte réside dans sa simplicité d’activation. Contrairement aux grandes organisations internationales qui exigent des dizaines, voire des centaines de ratifications, le Conseil de paix pourrait entrer en vigueur dès la signature de trois États seulement.

Cette faiblesse apparente du seuil d’entrée est en réalité une force stratégique. Elle permettrait de lancer très rapidement l’organisation avec un petit noyau de pays convaincus, puis d’exercer ensuite une pression croissante sur les autres pour qu’ils rejoignent le mouvement.

Une réponse à l’impuissance perçue de l’ONU ?

Derrière cette initiative se lit une profonde défiance envers le système multilatéral tel qu’il fonctionne aujourd’hui. Les critiques portent sur plusieurs points : lenteur des prises de décision, paralysie liée au droit de veto des membres permanents, incapacité à faire respecter les résolutions, multiplication des forums parallèles.

Le Conseil de paix proposé veut répondre à ces reproches par une structure verticale, rapide et dotée d’une forte capacité d’action immédiate. Mais ce gain en efficacité se paie au prix d’une concentration extrême du pouvoir et d’une logique quasi-commerciale de l’adhésion.

Quels seraient les premiers dossiers ?

Bien que la charte n’entre pas dans les détails opérationnels, plusieurs éléments laissent penser que la résolution du conflit au Proche-Orient constituerait le premier grand chantier de cette nouvelle instance. C’est d’ailleurs dans ce contexte que l’idée a été publiquement évoquée pour la première fois.

Mais le texte fondateur va beaucoup plus loin. Il parle de « régions touchées ou menacées par des conflits », sans restriction géographique. L’ambition affichée est donc mondiale.

Un pari risqué pour l’ordre international

Si cette initiative devait aboutir, elle représenterait l’une des transformations les plus profondes de l’architecture internationale depuis 1945. Elle pose des questions fondamentales :

  1. Une organisation peut-elle être considérée légitime si son dirigeant est inamovible ?
  2. Le financement direct par les États les plus riches peut-il remplacer la représentativité universelle ?
  3. Quel équilibre trouver entre efficacité opérationnelle et respect de la souveraineté égale des nations ?
  4. Comment éviter que cette nouvelle structure ne devienne un simple instrument de puissance d’un seul pays ?

Ces interrogations sont au cœur des débats qui s’annoncent dans les chancelleries ces prochaines semaines.

Vers une diplomatie du chèque et du leadership fort ?

Le projet de Conseil de paix cristallise deux visions du monde qui s’opposent depuis plusieurs décennies : d’un côté le multilatéralisme universel, lent mais inclusif ; de l’autre une gouvernance plus verticale, assumant les hiérarchies de puissance et la recherche d’efficacité immédiate.

Le premier a montré ses limites face aux grandes crises contemporaines. Le second, tel qu’il est présenté ici, pose la question de son acceptabilité par une majorité d’États souverains.

La réponse à cette question déterminera sans doute l’avenir de cette initiative hors normes… et peut-être, plus largement, l’évolution de la gouvernance mondiale pour les décennies à venir.

Le monde observe. Et attend de voir qui signera en premier.

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