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Trump Ferme l’Espace Aérien Vénézuélien : Vers la Guerre ?

Donald Trump vient de déclarer l’espace aérien du Venezuela « entièrement fermé » à tous les avions, y compris ceux des trafiquants. En parallèle, le plus grand porte-avions américain croise au large et des frappes ont déjà coulé plus de 20 navires. Caracas crie au prélude d’invasion. Et si la prochaine étape était…

Imaginez-vous pilote d’un Airbus A330 au-dessus de la mer des Caraïbes, destination Caracas. Soudain, votre radio crépite : un message du contrôle aérien américain vous ordonne de faire demi-tour immédiatement. Raison invoquée ? L’espace aérien vénézuélien vient d’être déclaré « entièrement fermé » par le président des États-Unis en personne. Cette scène, digne d’un thriller géopolitique, n’est plus de la fiction depuis samedi dernier.

Un message sans équivoque publié sur Truth Social

C’est par un post laconique, mais lourd de conséquences, que Donald Trump a jeté un froid sur l’Amérique latine entière. « À toutes les compagnies aériennes, pilotes, pilotes, trafiquants de drogue et trafiquants d’êtres humains », écrit-il, « veuillez considérer L’ESPACE AÉRIEN AU-DESSUS ET AUTOUR DU VENEZUELA COMME ENTIÈREMENT FERMÉ ». Majuscules comprises. Aucune précision sur la durée, aucune coordonnée géographique exacte, aucune référence à un NOTAM officiel. Juste cette phrase brutale.

En quelques heures, six grandes compagnies aériennes – dont Iberia, TAP Portugal et Turkish Airlines – annoncent la suspension immédiate de leurs vols vers le Venezuela. Caracas riposte en leur retirant leurs licences d’exploitation. Le ciel vénézuélien, déjà parmi les plus déserts d’Amérique du Sud, devient officiellement fermé aux yeux de Washington.

Un déploiement militaire jamais vu depuis des décennies

Ce n’est pas un coup de menton isolé. Depuis septembre, la Marine américaine a détruit plus de vingt navires vénézuéliens soupçonnés de transporter de la drogue atlantique et Pacifique. Le bilan humain : au moins 83 morts selon les sources officielles vénézuéliennes. Washington n’a toujours pas présenté de preuves publiques que ces bateaux étaient bien liés au narcotrafic.

Au large, le porte-avions USS Gerald R. Ford, le plus grand et le plus moderne du monde, croise avec son groupe de combat complet. Des F-35C et E-2D Hawkeye sillonnent le ciel à quelques dizaines de kilomètres des côtes vénézuéliennes. Les sites de suivi comme Flightradar24 enregistrent une activité aérienne militaire américaine quasi continue dans la zone.

« Nous allons très bientôt commencer à cibler des trafiquants de drogue vénézuéliens lors d’opérations terrestres »

Donald Trump, déclaration du jeudi précédent

Le Cartel des Soleils, fantasme ou réalité ?

Washington accuse depuis des années l’existence d’une organisation baptisée Cartel des Soleils, supposément dirigée par Nicolas Maduro lui-même et composée de hauts responsables militaires et politiques. Jeudi, le département d’État a officiellement désigné cette entité comme « organisation terroriste étrangère » et porté à 50 millions de dollars la prime pour la capture du président vénézuélien.

Problème : de nombreux experts en sécurité, y compris d’anciens agents de la DEA, doutent de l’existence même de cette structure centralisée. Pour eux, le trafic existe bel et bien, mais il est le fait de réseaux indépendants profitant du chaos économique, pas d’un cartel étatique piloté depuis Miraflores.

Une crise humanitaire sans précédent en toile de fond

Le Venezuela d’aujourd’hui n’est plus celui de l’époque Chávez. Entre 2013 et 2023, le PIB a chuté de près de 80 %. L’hyperinflation a atteint des records mondiaux. Selon l’ONU, plus de 7,7 millions de Vénézuéliens – soit plus d’un quart de la population – ont fui le pays. Des familles entières traversent la jungle du Darién ou risquent la mer sur des embarcations de fortune.

Dans ce contexte, les routes maritimes et aériennes clandestines se sont multipliées. Les trafiquants profitent du vide laissé par l’État. Mais pour l’administration Trump, cette catastrophe humanitaire n’est qu’un écran de fumée masquant l’implication directe du régime dans le narcotrafic.

Points clés de la crise actuelle :

  • Espace aérien déclaré fermé par les États-Unis (sans NOTAM officiel)
  • Plus de 20 navires vénézuéliens coulés depuis septembre
  • 83 morts recensés lors des frappes maritimes
  • 6 compagnies aériennes suspendent leurs vols
  • République dominicaine et Trinité-et-Tobago accueillent des forces US
  • Prime de 50 millions de dollars pour Nicolas Maduro

Un étrange ballet diplomatique en coulisses

Alors que les canons semblent prêts à parler, une information surprenante filtre dans la presse américaine : Donald Trump et Nicolas Maduro se sont entretenus au téléphone il y a quelques jours. Les deux hommes auraient même évoqué une possible rencontre sur le sol américain.

Cette révélation laisse les observateurs perplexes. Est-ce une tentative de désescalade de dernière minute ? Une manœuvre pour obtenir des garanties sur le pétrole vénézuélien ? Ou simplement une façon pour Trump de garder toutes les cartes en main avant une éventuelle intervention ?

Car c’est là que le bât blesse : malgré les accusations de narcotrafic, nombreux sont ceux qui voient dans cette offensive une volonté plus ancienne de Washington – changer de régime à Caracas et remettre la main sur les plus grandes réserves pétrolières prouvées de la planète.

Vers une invasion terrestre ?

La phrase de Trump sur de futures « opérations terrestres » contre des « trafiquants vénézuéliens » a mis le feu aux poudres. À Caracas, l’état-major a placé l’armée en alerte maximale. Les milices bolivariennes ont été mobilisées. Des exercices militaires russes et iraniens ont eu lieu ces dernières semaines sur le sol vénézuélien – un message clair aux États-Unis.

Dans les Caraïbes, les petits États voisins retiennent leur souffle. La République dominicaine a autorisé les États-Unis à utiliser ses aéroports. Trinité-et-Tobago, à seulement quelques kilomètres du delta de l’Orénoque, accueille des manœuvres des Marines. La région entière se prépare à l’éventualité d’un conflit ouvert.

Et pendant ce temps, des millions de Vénézuéliens ordinaires continuent de fuir ou de survivre dans un pays où l’essence est parfois plus chère que l’eau potable. Pris en étau entre un régime autoritaire et une pression américaine sans précédent, ils paieront une fois de plus le prix fort d’une guerre qui ne porte pas encore ce nom.

La question n’est plus de savoir si la situation va dégénérer, mais quand et à quel prix humain.

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