Imaginez une humoriste qui transforme sa propre famille en matière à sketchs hilarants, au point que sa mère intervienne personnellement pour rétablir les faits dans la presse. C’est exactement ce que vit Thaïs Vauquières en ce moment. Entre rires sur scène, tournage intense et confidences familiales, cette artiste complète nous ouvre les coulisses de sa vie avec une sincérité désarmante.
Une révélation explosive dans le monde du rire français
Depuis plusieurs années, Thaïs Vauquières s’impose comme l’une des voix les plus originales et rafraîchissantes de l’humour français. Que ce soit sur les planches des petits théâtres ou dans des productions télévisées grand public, elle mélange autodérision, observation sociale fine et une pointe d’absurde qui fait mouche à chaque fois. Mais aujourd’hui, c’est une facette plus personnelle qu’elle décide de dévoiler.
Dans une récente prise de parole, l’humoriste est revenue sur son rôle dans une série policière très suivie, sur sa relation fusionnelle avec une immense figure du spectacle français, et surtout sur la manière dont elle représente ses parents sur scène. Une mise au point nécessaire, selon elle, tant les frontières entre réalité et fiction deviennent parfois floues dans son univers comique.
Le plaisir de jouer des personnages dans les personnages
Pour beaucoup d’acteurs, endosser un rôle dans une série à succès représente déjà un beau défi. Pour Thaïs, c’est carrément jubilatoire. Elle confie avoir adoré camper son personnage dans la nouvelle saison de cette fiction policière diffusée en prime time. Ce qui l’enchante particulièrement, c’est la possibilité de jouer sur plusieurs niveaux : un personnage qui en joue un autre.
« Dès qu’on me met une perruque, je suis contente », avoue-t-elle avec son sens de la formule qui fait mouche. Cette capacité à se transformer, à endosser des identités multiples vient directement de ses années de café-théâtre. Un terrain de jeu idéal pour une artiste qui aime explorer les multiples facettes de l’être humain.
Elle ajoute que son personnage a considérablement gagné en assurance au fil des saisons. Une évolution qui fait écho à son propre parcours : celle d’une jeune femme qui, petit à petit, s’affirme dans un milieu souvent impitoyable.
Une complicité immédiate avec une légende vivante
Parmi les moments forts de cette aventure télévisuelle, la rencontre avec une comédienne immense occupe une place à part. Dès la première lecture du scénario, un courant est passé. Une alchimie naturelle, presque immédiate. Thaïs ne cache pas son admiration : la précision du jeu, la diction parfaite, le sens du rythme… tout l’impressionne.
Mais la relation va bien au-delà du simple respect professionnel. La comédienne confirmée est allée voir les spectacles de la jeune humoriste. Elle s’est même déplacée pour assister à une version en rodage, dans un petit théâtre lyonnais. Un geste qui a profondément touché Thaïs et qui illustre parfaitement cette transmission entre générations si précieuse dans le milieu artistique.
« Elle est venue voir mes spectacles. Le second, elle l’a même vu en rodage, dans un petit théâtre à Lyon. »
Cette anecdote en dit long sur la bienveillance et l’intérêt sincère que certaines grandes figures du spectacle portent aux nouveaux talents. Une forme de mentorat discret mais ô combien précieux.
Quand la mère demande officiellement un droit de réponse
Passons maintenant à ce qui a fait le plus sourire (et peut-être un peu rougir) les lecteurs : la fameuse mise au point concernant sa mère. Dans ses spectacles, Thaïs n’hésite pas à puiser dans sa vie familiale pour créer des situations cocasses. Son père, décrit comme un personnage haut en couleur ayant exercé les métiers les plus divers, est une source inépuisable d’inspiration.
Mais c’est surtout le portrait qu’elle dresse de sa mère qui a fait réagir l’intéressée. L’humoriste la présente régulièrement comme une femme ultra-séduisante, presque prédatrice, prête à « piquer » les petits amis de sa fille. Un running gag qui fait hurler de rire les salles… mais qui visiblement a fini par agacer la principale concernée.
« Ma mère, que je fais passer pour une nympho qui veut me piquer mes mecs, tient à ce que je dise en interview que c’est faux ! », lâche Thaïs dans un grand éclat de rire. Une demande tellement formelle et inhabituelle venant d’une mère qu’elle en devient irrésistiblement drôle.
Cette anecdote illustre parfaitement le mélange des genres que pratique l’humoriste : réalité et exagération se côtoient au service du rire, mais parfois la réalité demande à reprendre ses droits, même de manière amusante.
Un parcours atypique vers les planches
Thaïs n’a pas toujours rêvé de faire rire son public. Étudiante en information-communication, rien ne la prédestinait particulièrement à la scène. Elle n’était pas la « classe clown » que l’on repère dès le collège. Son déclic est venu plus tard, presque par hasard, lors d’un cours d’improvisation.
« J’ai compris que j’étais à ma place », se souvient-elle. Une révélation simple mais puissante qui va changer le cours de sa vie. Elle commence alors à observer encore plus attentivement les gens autour d’elle, à noter leurs petites manies, leurs tics de langage, ces détails qui font toute la saveur de l’humour d’observation.
Très vite, elle ressent le besoin d’écrire ses propres textes. Pourquoi ? Parce qu’elle en avait assez d’arriver sur scène sans réplique, simplement pour son physique ou pour « faire joli » dans des tenues suggestives. Une réalité encore trop fréquente dans certains milieux du spectacle.
« J’ai écrit pour qu’on arrête de me faire arriver sans réplique sur scène en porte-jarretelles ! »
Cette phrase résume à elle seule tout un combat pour la reconnaissance des femmes humoristes au-delà de leur apparence. Un combat que Thaïs mène avec humour, mais aussi avec une vraie détermination.
La pression sociale à 33 ans : le célibat comme maladie
Dans ses spectacles, Thaïs aborde sans détour les injonctions que subissent les femmes dès qu’elles atteignent la trentaine. La fameuse question « Alors, toujours pas d’enfant ? » qu’on leur pose à longueur de repas de famille. Une pression qu’elle connaît bien.
« Aujourd’hui encore, être célibataire, c’est une maladie pour beaucoup », constate-t-elle avec lucidité. À 33 ans, elle refuse de se plier à ce calendrier social imposé. Elle préfère en rire, en parler ouvertement, et ainsi libérer la parole pour d’autres femmes qui vivent la même chose.
Cette thématique récurrente dans son travail résonne particulièrement dans la société actuelle où les modèles familiaux évoluent, mais où les mentalités peinent parfois à suivre le mouvement.
Un père aux mille vies, source d’inspiration inépuisable
Si sa mère demande un droit de réponse, son père, lui, semble prendre un malin plaisir à alimenter la légende. Ancien DJ, chaman, auteur d’un opéra rock et d’un livre… l’homme cumule les expériences les plus improbables. Thaïs le décrit comme « le personnage de sa vie ».
« Il me surprend tous les jours », confie-t-elle. Cette figure paternelle haute en couleur nourrit largement son inspiration. Chaque nouvelle lubie de son père devient potentiellement un futur sketch. Une matière première inépuisable pour une humoriste qui puise avant tout dans le réel.
Du café-théâtre aux plateaux télé : une ascension naturelle
Le parcours de Thaïs illustre parfaitement l’évolution possible pour les artistes issus du café-théâtre. Ce lieu mythique où l’on apprend le métier dans la douleur et le rire reste une formidable école. C’est là qu’elle a forgé son sens de la répartie, sa capacité à rebondir sur n’importe quelle situation.
Aujourd’hui, elle jongle entre ses spectacles solo, des apparitions dans des séries populaires et des collaborations prestigieuses. Une polyvalence qui lui permet de toucher différents publics tout en restant fidèle à son style si particulier : un mélange d’autodérision, d’observation sociale et d’une tendresse assumée pour les névroses contemporaines.
L’humour comme thérapie collective
Ce qui frappe chez Thaïs, c’est sa capacité à transformer des sujets parfois douloureux en moments de rire partagé. La pression sociale sur les femmes, les relations familiales complexes, les injonctions à la performance… autant de thèmes sérieux qu’elle aborde avec légèreté et intelligence.
Dans une époque où beaucoup se sentent seuls face à leurs questionnements, entendre une voix drôle et bienveillante qui dit « moi aussi, je galère avec ça » procure un immense soulagement. L’humour devient alors une forme de thérapie collective, un espace où l’on peut rire de ses propres failles sans jugement.
Et quand en plus cette voix nous rappelle régulièrement que sa mère n’est « pas vraiment » comme elle la décrit sur scène… on rit encore plus fort, avec une tendresse particulière pour cette famille qui accepte d’être le carburant d’un spectacle.
Vers de nouveaux défis artistiques
Après cette troisième saison réussie dans la série policière, Thaïs prépare déjà la suite. De nouveaux spectacles sont en gestation, avec toujours cette volonté d’écrire ses propres textes, de garder le contrôle créatif. Elle continue également d’explorer le format série, où elle apprécie particulièrement le travail d’équipe et la construction longue d’un personnage.
Une chose est sûre : quelle que soit la forme que prendra son travail à l’avenir, l’humour restera au centre. Cet humour intelligent, jamais méchant, qui observe plus qu’il ne juge, et qui surtout nous rappelle qu’on est tous un peu ridicules… et que c’est normal.
En attendant de la retrouver sur scène ou à l’écran, on retient surtout cette image d’une artiste qui, à 33 ans, assume pleinement ses choix de vie, protège avec humour ceux qu’elle aime, et continue d’écrire sa propre histoire, sans se plier aux cases prédéfinies. Une leçon de liberté qui fait du bien.
Et si sa mère lit ces lignes… qu’elle soit rassurée : on a bien noté que tout ça n’était qu’exagération comique. Promis.









