Imaginez une fin d’après-midi ordinaire dans le 11e arrondissement de Paris. Une adolescente rentre tranquillement chez elle après ses cours. Soudain, trois hommes cagoulés surgissent, tentent de l’attraper et de la faire monter de force dans une voiture. Par chance, elle parvient à s’échapper et à alerter les passants. Derrière cette scène digne d’un thriller se cache pourtant une réalité bien française en 2026 : la cible n’était pas choisie au hasard. La jeune fille est la fille d’un des pionniers les plus connus du secteur des cryptomonnaies en France.
Cet événement tragiquement évité a provoqué une onde de choc bien au-delà du cercle familial. Le père, entrepreneur respecté dans l’écosystème blockchain depuis plus de dix ans, a décidé de briser le silence. Dans plusieurs prises de parole très remarquées, il a livré un diagnostic sans concession sur l’état actuel de la sécurité publique et sur ce qu’il considère comme une dérive extrêmement préoccupante de la société française.
Quand la réussite devient une menace
Posséder des cryptomonnaies, diriger une société du secteur ou même simplement être perçu comme « riche » ou « à l’aise » suffit aujourd’hui, selon de nombreux témoignages convergents, à faire de vous une cible privilégiée. Les malfaiteurs ne visent plus seulement les bijoux ou les sacs de luxe : ils cherchent désormais des informations sur des portefeuilles numériques, des clés privées, des phrases de récupération. Et quand ils ne les obtiennent pas par la ruse ou le phishing, certains passent à la violence physique directe.
Le cas de cet enlèvement raté n’est malheureusement pas isolé. Depuis plusieurs années, les autorités constatent une augmentation très nette des agressions ciblées visant des profils fortunés dans le domaine des actifs numériques. Kidnappings, séquestrations, menaces, mutilations… le spectre des méthodes employées s’élargit de manière inquiétante.
Un père de famille face à l’impensable
Dans les heures qui ont suivi l’agression, le père a pris la décision de parler publiquement. Il ne souhaitait pas que cet événement reste confiné à un simple fait divers. Pour lui, ce qui est arrivé à sa fille est le symptôme criant d’un mal beaucoup plus profond qui ronge le pays tout entier.
Il décrit une société où la violence est devenue quotidienne pour un nombre croissant de citoyens, où les pouvoirs publics semblent impuissants ou réticents à nommer les causes réelles, et où la simple réussite économique expose désormais à des risques physiques graves.
« On nous explique qu’il n’y a pas de problèmes au sujet de la sécurité, de l’immigration, de la dette… On est dans un monde merveilleux. »
Cette phrase choc résume à elle seule le sentiment de décalage que ressentent de plus en plus de Français entre le discours officiel et leur vécu quotidien.
La « mexicanisation » de la France : un terme qui fait polémique
Le mot est brutal. Il a été repris par plusieurs personnalités du monde de l’entrepreneuriat technologique ces derniers mois. Parler de « mexicanisation » revient à évoquer l’implantation progressive, dans certains quartiers ou certaines villes, de modes opératoires criminels proches de ceux des cartels : enlèvements express contre rançon, exécutions publiques destinées à faire peur, contrôle territorial par la peur.
Le parallèle peut choquer. Pourtant, quand on écoute les récits des victimes et des témoins, quand on regarde les chiffres de la délinquance violente ces cinq dernières années, le terme, même s’il reste excessif pour certains, trouve un écho chez beaucoup de personnes qui ne se sentent plus en sécurité dans leur propre pays.
L’entrepreneur interrogé va encore plus loin : selon lui, la prospérité qui a fait la force de la France pendant des siècles est en train de s’effilocher à une vitesse stupéfiante. « Elle se construit sur des centaines d’années. Elle se perd, par contre, en une dizaine d’années. Nous sommes en train de la perdre. »
Sécuriser les richesses ou sortir de l’enfer ?
Face à cette montée en puissance des agressions ciblées, plusieurs pistes ont été évoquées ces derniers mois : création d’unités spécialisées, renforcement des patrouilles dans certains quartiers huppés, meilleure protection des personnalités exposées…
Mais pour l’intéressé, ces mesures reviennent à « sécuriser l’enfer ». Ce qu’il appelle de ses vœux, c’est un changement de paradigme complet : une politique pénale beaucoup plus ferme, une réponse judiciaire rapide et dissuasive, et surtout une volonté politique de regarder la réalité en face sans angélisme.
« On essaye de sécuriser l’enfer mais on aimerait surtout en sortir. »
Cette formule résume parfaitement le ras-le-bol exprimé. Protéger les domiciles avec des caméras, des gardes privés, des systèmes d’alarme dernier cri… tout cela coûte extrêmement cher et ne résout rien au problème de fond.
Le milieu crypto particulièrement exposé
Pourquoi les acteurs des cryptomonnaies semblent-ils plus visés que d’autres catégories socioprofessionnelles ? Plusieurs raisons se cumulent :
- La valeur des actifs détenus peut être très élevée tout en étant totalement dématérialisée et donc difficile à tracer immédiatement
- Une partie de la communauté crypto est encore perçue comme jeune, riche rapidement et parfois ostentatoire sur les réseaux sociaux
- Le manque de compréhension du grand public sur ce qu’est réellement une cryptomonnaie facilite les fantasmes de « fortunes cachées »
- L’anonymat relatif de certaines transactions alimente l’idée qu’il est possible de récupérer des sommes importantes sans laisser de traces
Résultat : les criminels organisés ont intégré les porteurs de cryptos dans leurs cibles prioritaires, au même titre que les diamantaires, les patrons de PME qui viennent de vendre leur société ou les joueurs de poker professionnels.
Une prise de conscience politique ?
L’événement a également pris une tournure politique. Quelques jours après l’agression, l’entrepreneur a annoncé rejoindre une liste électorale locale portée par une figure politique montante. La sécurité et la liberté d’entreprendre constituent les deux axes majeurs de son engagement.
Ce choix n’est pas anodin. Il traduit le sentiment croissant chez certains entrepreneurs que les pouvoirs publics ne les protègent plus suffisamment pour qu’ils puissent continuer à créer de la richesse et des emplois en France. Quand la réussite devient synonyme de danger physique, c’est toute la dynamique économique qui est menacée.
Que faire concrètement ?
Face à un tel constat, plusieurs mesures reviennent régulièrement dans les discussions :
- Rétablir une chaîne pénale complète : police → justice → prison effective
- Augmenter très fortement les moyens alloués aux unités de lutte contre la criminalité organisée
- Créer des sections judiciaires spécialisées dans les enlèvements et séquestrations avec rançon numérique
- Renforcer considérablement les peines plancher pour les faits de tentative d’enlèvement avec violence
- Mener une vraie politique de reconquête républicaine des quartiers où la loi du plus fort s’est substituée à la loi républicaine
- Communiquer de manière transparente sur l’évolution réelle de la délinquance violente (et non sur des statistiques choisies)
Ces propositions, bien que souvent qualifiées de « sécuritaires » ou de « droitières », trouvent aujourd’hui un écho chez des profils très divers : entrepreneurs, cadres supérieurs, artisans, commerçants, parents d’élèves… bref, chez tous ceux qui estiment que la première des libertés est encore et toujours la liberté d’aller et venir sans crainte.
Un appel à la lucidité collective
Ce qui frappe le plus dans le discours tenu, c’est l’absence totale de haine ou de stigmatisation gratuite. L’homme ne désigne pas un bouc émissaire unique. Il pointe en revanche un ensemble de facteurs cumulés : immigration mal maîtrisée selon lui, politique pénale trop laxiste, endettement public record qui limite les marges de manœuvre, déni d’une partie des élites face à la montée des violences.
Il appelle simplement à regarder la réalité telle qu’elle est, sans lunettes idéologiques, et à agir en conséquence avant que le point de non-retour ne soit définitivement franchi.
Car au-delà du cas personnel tragique qui a servi de déclencheur, c’est bien une question de civilisation qui est posée : une société peut-elle continuer à prospérer quand une partie croissante de sa population ne se sent plus en sécurité dans l’espace public ?
Et maintenant ?
L’histoire ne s’arrête pas à cette tentative d’enlèvement ratée. Elle ne fait que commencer. D’autres familles, d’autres entrepreneurs, d’autres citoyens lambda vivent aujourd’hui avec la peur au ventre. Certains ont déjà quitté la France. D’autres envisagent très sérieusement de le faire.
La grande question qui reste en suspens est simple : les responsables politiques entendront-ils enfin ce cri d’alarme poussé par des Français de tous horizons ? Ou continueront-ils à minimiser, à relativiser, à expliquer que « tout va bien » pendant que la violence continue de progresser ?
Une chose est sûre : l’affaire de cette adolescente qui a réussi à échapper à ses agresseurs ne sera pas oubliée de sitôt. Elle est devenue le symbole d’une fracture qui ne cesse de s’élargir entre une partie de la population et ceux qui sont censés la protéger.
Et vous, qu’en pensez-vous ? La France est-elle vraiment en train de basculer vers un modèle de société où la peur devient la norme ?









