Le bras de fer diplomatique entre la France et Israël s’intensifie sur la question épineuse du Golan. Suite à l’effondrement du régime de Bachar al-Assad en Syrie, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné à son armée de prendre le contrôle de la zone tampon stratégique dans cette région disputée. Une décision qui passe mal à Paris, qui appelle Israël à se retirer sans délai.
Une zone tampon au cœur des tensions
Haut plateau volcanique surplombant Israël, la Syrie, le Liban et la Jordanie, le Golan cristallise les tensions depuis des décennies. Conquis en partie par Israël lors de la guerre des Six Jours en 1967, il abrite une zone démilitarisée sous contrôle de l’ONU depuis l’accord de désengagement israélo-syrien de 1974. Un statu quo fragile, rompu par l’offensive israélienne visant à sécuriser sa frontière nord.
La menace jihadiste, justification d’Israël
Pour Jérusalem, cette « opération limitée et temporaire » était dictée par l’impératif sécuritaire face au risque de prolifération de groupes jihadistes dans le chaos syrien post-Assad. Une référence notamment au Hamas palestinien, à l’origine de la guerre en cours à Gaza depuis l’attaque meurtrière du 7 octobre 2023.
Israël continuera d’agir pour se défendre et assurer la sécurité de ses citoyens si nécessaire.
Gideon Saar, ministre israélien des Affaires étrangères
Paris monte au créneau
Une ligne rouge pour Paris, qui y voit une « violation de l’accord sur le désengagement de 1974 ». Le Quai d’Orsay a haussé le ton, exhortant Israël à « se retirer de la zone » sans tarder. Un appel qui semble être resté lettre morte, malgré un entretien en début de semaine entre les chefs de la diplomatie des deux pays.
Le Golan, pomme de discorde récurrente
Ce n’est pas la première fois que le plateau du Golan enflamme les relations internationales dans la région. Annexé de facto par Israël en 1981, son statut n’a jamais été reconnu par la communauté internationale. Une situation inextricable, symbole de l’enlisement du conflit israélo-arabe, et qui risque de dégénérer à nouveau en l’absence d’un pouvoir fort à Damas.
Vers une nouvelle escalade ?
En jouant la carte sécuritaire pour justifier son coup de force, Israël semble déterminé à imposer un nouveau fait accompli sur le terrain malgré les pressions diplomatiques. Un pari risqué qui pourrait raviver les braises mal éteintes de ce conflit régional multiforme. La France et la communauté internationale parviendront-elles à faire entendre raison à un Israël arc-bouté sur ses impératifs de défense ? La stabilité déjà précaire de la région est plus que jamais suspendue à ce face-à-face tendu sur les hauteurs du Golan.