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Syrie : L’ex-Premier ministre discute du transfert du pouvoir avec le chef rebelle

Syrie : Le chef rebelle al-Jolani et l'ex-Premier ministre al-Jalali discutent du transfert du pouvoir après le renversement d'Assad. Coordination en cours pour assurer les services à la population. Al-Jolani met en avant l'expertise acquise à Idleb, laissant entrevoir les prémices d'un gouvernement de transition...

Les bouleversements en Syrie prennent une nouvelle dimension alors que les rebelles, après avoir renversé le régime de Bachar al-Assad, engagent des pourparlers cruciaux avec l’ancien gouvernement pour organiser le transfert du pouvoir. Une rencontre entre Abou Mouhammad al-Jolani, le chef de file des forces rebelles, et Mohammed al-Jalali, l’ex-Premier ministre syrien, laisse entrevoir les prémices d’une transition politique majeure pour le pays.

De la révolte au renversement : la longue route vers le changement

Après des années de lutte acharnée et de souffrances pour la population, les rebelles syriens sont parvenus à faire tomber le régime autoritaire de Bachar al-Assad. Un exploit rendu possible grâce à l’unité et la détermination des différentes factions rebelles, en particulier le groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), dirigé d’une main de maître par Abou Mouhammad al-Jolani.

Ce dernier, de son vrai nom Ahmad al-Chareh, est un fin stratège qui a su fédérer les forces d’opposition malgré leurs divergences. Autrefois affilié à al-Qaïda, il a pris ses distances avec le réseau terroriste en 2016 pour se concentrer sur la lutte contre le régime syrien. Son leadership charismatique et son pragmatisme ont été des atouts déterminants dans la victoire finale des rebelles.

Première étape vers la transition : la rencontre al-Jolani / al-Jalali

Le tête-à-tête entre al-Jolani et Mohammed al-Jalali, l’ancien Premier ministre de Bachar al-Assad, marque un tournant décisif. Les deux hommes ont discuté de la meilleure façon de « coordonner la transition du pouvoir » afin de garantir le maintien des services essentiels à la population syrienne.

Al-Jolani a notamment fait valoir l’expérience acquise par les rebelles dans la gestion de la région d’Idleb, leur bastion dans le nord-ouest de la Syrie. Il a souligné la capacité des autorités locales à administrer le territoire malgré le manque de ressources, mettant en avant le travail accompli par les jeunes en termes de fourniture de services.

« Les jeunes ont acquis une expertise très importante, alors qu’ils sont partis de rien. Certes, la région d’Idleb est petite et manque de ressources, mais grâce à Dieu, elle a pu accomplir beaucoup au cours de la période passée. »

– Abou Mouhammad al-Jolani, chef des rebelles syriens

De son côté, Mohammed al-Jalali s’est montré ouvert à une collaboration avec les nouvelles forces au pouvoir, se disant prêt à travailler avec tout « leadership » choisi par le peuple syrien. Cette main tendue de l’ancien Premier ministre laisse entrevoir la possibilité d’une transition en douceur, évitant le chaos que pourrait générer un vide du pouvoir.

Idleb comme modèle de gouvernance locale ?

La gestion de la région d’Idleb par les rebelles et leur « Gouvernement de salut », mis en place en 2017, pourrait servir d’exemple pour le futur de la Syrie. Malgré un contexte difficile, cette administration parallèle a réussi à faire fonctionner plusieurs ministères et à assurer les services essentiels aux habitants (éducation, santé, justice…).

Mohammad al-Bachir, l’actuel dirigeant du « Gouvernement de salut », pressenti pour prendre la tête d’un gouvernement de transition, incarne cette réussite. Diplômé en génie électrique et en droit, il a su mobiliser des compétences pour faire tourner une véritable machine administrative dans des conditions pourtant précaires.

Fort de cette expérience, le « Gouvernement de salut » a déjà commencé à déployer son savoir-faire dans les zones nouvellement libérées, en particulier la ville d’Alep. Des équipes ont été envoyées sur place pour rétablir les infrastructures, distribuer de la nourriture et assurer l’accès à l’eau. Une démarche qui se veut rassurante pour une population éprouvée par des années de conflit.

Les défis à venir pour bâtir une Syrie nouvelle

Si la chute du régime Assad et l’amorce d’un dialogue entre rebelles et ex-gouvernement sont des développements encourageants, le chemin vers la paix et la stabilité en Syrie reste long et semé d’embûches.

  • La réconciliation nationale et le retour des réfugiés
  • La reconstruction du pays dévasté par la guerre
  • La relance de l’économie et la création d’emplois
  • La mise en place d’institutions démocratiques pérennes
  • La lutte contre les groupes extrémistes

Autant de chantiers titanesques qui attendent les nouvelles autorités syriennes. Mais les premiers pas vers le dialogue et le partage du pouvoir, incarnés par la rencontre al-Jolani / al-Jalali, laissent espérer un avenir meilleur pour un peuple syrien meurtri par plus d’une décennie de guerre.

La communauté internationale aura aussi un rôle clé à jouer pour accompagner ce processus de transition délicat. Un soutien politique, économique et humanitaire sera indispensable pour aider la Syrie à se relever et à tracer un nouveau destin. Car de la réussite de cette transition dépendra non seulement l’avenir des Syriens, mais aussi la stabilité de toute la région du Moyen-Orient.

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