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Syrie: Les États-Unis établissent un contact direct avec HTS

La Syrie entre dans une nouvelle ère après la chute d'Assad. Les États-Unis ont établi un contact direct avec le groupe islamiste HTS, auparavant qualifié de terroriste. Quel avenir pour le pays ? La stabilité est-elle possible avec ces nouveaux acteurs au pouvoir ?

Six jours après le renversement de Bachar al-Assad par une coalition menée par le groupe islamiste radical Hayat Tahrir al-Sham (HTS), les États-Unis ont révélé avoir établi un contact « direct » avec cette organisation qu’ils qualifiaient jusqu’ici de « terroriste ». Cette annonce marque un tournant majeur dans la crise syrienne et soulève de nombreuses interrogations sur l’avenir du pays.

Washington reconnaît un échange direct avec HTS

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a confirmé l’existence d’échanges entre les États-Unis, HTS et d’autres parties impliquées en Syrie, sans toutefois préciser les circonstances exactes de ces contacts. Cette révélation illustre le changement de posture de Washington face à ce groupe islamiste qui contrôle désormais une grande partie du territoire syrien.

Conséquences pour le Hezbollah et l’Iran

La chute du régime Assad représente un coup dur pour ses alliés, en particulier le Hezbollah libanais et l’Iran. Naïm Qassem, numéro deux du Hezbollah, a admis que son mouvement avait « perdu sa ligne de ravitaillement » militaire via la Syrie. Il espère néanmoins que le nouveau pouvoir syrien ne normalisera pas ses relations avec Israël, ennemi juré de l’organisation chiite.

HTS face au « nouvel ennemi » israélien

Alors qu’Israël a profité du chaos pour mener une incursion dans le sud de la Syrie, le chef de HTS Abou Mouhammad al-Jolani a dénoncé cette opération tout en soulignant que « l’état d’épuisement » du pays après des années de guerre ne permettait pas d’ouvrir un nouveau front. Cette position prudente reflète les défis auxquels HTS doit faire face pour asseoir son autorité.

Les nouvelles autorités face aux pillages

Confronté aux pillages qui ont suivi la chute du régime, le nouveau pouvoir syrien a lancé un ultimatum, appelant toute personne s’étant emparée de biens publics à les restituer sous sept jours, sous peine de poursuites. Cette mesure vise à rétablir l’ordre et à légitimer l’autorité des nouvelles instances dirigeantes.

Réactions contrastées des acteurs régionaux

La Turquie, qui soutenait des groupes rebelles anti-Assad, a rapidement rouvert son ambassade à Damas, fermée depuis 2012. À l’inverse, les Émirats arabes unis se montrent inquiets de la nature des nouvelles forces au pouvoir, en raison de leurs liens avec les Frères musulmans et Al-Qaïda.

L’énigmatique fuite de Bachar al-Assad

Plusieurs hauts responsables syriens ont confié à l’AFP que quelques heures avant la chute de Damas le 8 décembre, Bachar al-Assad avait pris la fuite sans prévenir sa famille ni ses plus proches collaborateurs. Les circonstances exactes de son départ précipité restent mystérieuses.

Le quotidien des Syriens entre craintes et espoirs

Malgré les incertitudes, certains signes de normalisation apparaissent timidement à Damas, comme la réouverture de bars, fermés par crainte de répression des islamistes contre l’alcool. La population oscille entre inquiétude face à ses nouveaux dirigeants et espoir d’une stabilisation après une décennie de guerre dévastatrice.

Une transition politique semée d’embûches

Le renversement de Bachar al-Assad marque le début d’une nouvelle étape pour la Syrie, mais le chemin vers la paix et la reconstruction s’annonce long et périlleux. HTS devra démontrer sa capacité à gouverner un pays meurtri et à obtenir la reconnaissance de la communauté internationale, tout en composant avec les intérêts divergents des acteurs régionaux et la méfiance d’une partie de la population.

« La Syrie entre dans une phase de transition inédite et complexe. L’avenir du pays dépendra de la capacité du nouveau pouvoir à instaurer la stabilité, à répondre aux aspirations des Syriens et à se faire accepter sur la scène internationale. »

– Analyse d’un expert de la région souhaitant rester anonyme

La communauté internationale, et en premier lieu les États-Unis, aura un rôle clé à jouer pour accompagner ce processus et éviter un nouveau dérapage. L’établissement d’un dialogue direct avec HTS constitue un premier pas, mais il faudra transformer l’essai pour sortir durablement la Syrie du chaos.

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