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Syrie : Erdogan Exhorte Assad à Trouver une Solution Politique d’Urgence

La Syrie au bord du gouffre : les rebelles islamistes avancent, Erdogan somme Assad de réagir. Quel avenir pour le pays après plus d'une décennie de guerre ? Les clés pour comprendre cette crise complexe qui déstabilise toute la région.

Alors que le conflit syrien connaît un regain de tensions avec l’offensive éclair des rebelles islamistes qui se sont emparés de plusieurs grandes villes ces derniers jours, le président turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté ce jeudi son homologue syrien Bachar al-Assad à trouver « d’urgence » une « solution politique » à la crise qui déchire son pays depuis plus de 10 ans. Un appel qui sonne comme un aveu d’échec pour le régime de Damas, acculé militairement et diplomatiquement.

Les rebelles étendent leur emprise

Emmenés par le groupe djihadiste Hayat Tahrir al-Cham (HTS), les insurgés anti-Assad ont lancé une vaste offensive depuis leur fief d’Idlib dans le nord-ouest, profitant de l’affaiblissement des forces loyalistes, en grande partie redéployées pour combattre les milices du Hezbollah libanais au sud. En quelques jours seulement, les villes stratégiques d’Alep et de Hama sont tombées, ouvrant la voie vers Damas, la capitale. De violents combats se poursuivent dans plusieurs quartiers.

Les groupes terroristes ont pu percer plusieurs fronts dans la ville de Hama et y entrer.

Communiqué de l’armée syrienne reconnaissant sa défaite

Exode massif et craintes pour les minorités

Cette poussée soudaine des rebelles a provoqué un mouvement de panique parmi la population. Selon des sources locales, des milliers d’habitants fuient les combats pour trouver refuge plus au sud ou tentent de gagner le Liban voisin, au risque de s’exposer aux bombardements israéliens. Les minorités religieuses, comme les chrétiens, s’inquiètent du sort qui leur sera réservé par les nouveaux maîtres islamistes des villes conquises.

Nous ne savons pas à quoi nous attendre. Sont-ils des rebelles ou des djihadistes ? Tout ce que nous voulons, c’est vivre en paix.

Un habitant chrétien d’Alep sous couvert d’anonymat

Erdogan tend la main à Assad

Face à cette situation explosive, qui menace de déstabiliser toute la région, le président turc Recep Tayyip Erdogan, un des principaux soutiens de la rébellion syrienne, a été contraint de changer son fusil d’épaule. Lors d’un entretien avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres ce jeudi, il a appelé le régime syrien à s’engager « d’urgence » avec son peuple en faveur d’une « solution politique globale ». Un véritable coup de théâtre de la part d’Ankara, qui a déployé des troupes au nord de la Syrie et ferraillé pendant des années avec Damas.

Le régime syrien doit s’engager d’urgence avec son peuple en faveur d’une solution politique globale.

Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie

Vers une reprise des pourparlers de paix ?

Cet appel d’Erdogan à son ennemi juré Assad constitue un signal fort. Il témoigne de l’inquiétude grandissante de la communauté internationale face aux développements en Syrie. Avec la chute d’Alep et de Hama, c’est tout l’équilibre des forces qui est chamboulé sur le terrain, laissant craindre une nouvelle escalade incontrôlable du conflit. La Russie et l’Iran, les deux grands alliés de Damas, restent pour l’heure silencieux. Mais selon des analystes, ce nouveau rapport de force pourrait les inciter à pousser le régime syrien à renouer le dialogue avec une opposition qu’il ne peut plus vaincre militairement. La balle est désormais dans le camp de Bachar al-Assad. Sera-t-il prêt à faire les concessions nécessaires pour sortir son pays de l’ornière après plus de 10 ans d’une guerre fratricide qui a fait près de 500.000 morts et des millions de déplacés ? L’avenir de la Syrie et la stabilité régionale en dépendent.

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