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Susan Sarandon Salue l’Espagne sur Gaza et l’Histoire

Susan Sarandon, star oscarisée, dénonce la censure aux États-Unis et applaudit l’Espagne qui se tient « du bon côté de l’Histoire » sur Gaza. Pourquoi a-t-elle été blacklistée par Hollywood ?

Imaginez une légende du cinéma américain, oscarisée, aujourd’hui âgée de 79 ans, qui se tient devant des journalistes à Barcelone, la voix tremblante d’émotion. Elle raconte comment son pays l’a marginalisée pour avoir osé parler de paix et de justice. Puis, dans un élan sincère, elle lève les yeux et déclare que l’Espagne, elle, se trouve « du bon côté de l’Histoire ». Ce moment fort, chargé de symboles, résume à lui seul les fractures profondes que traverse le monde occidental sur la question palestinienne.

Une icône engagée face à un silence imposé

Depuis plusieurs années, les prises de position publiques sur le conflit israélo-palestinien divisent profondément Hollywood et les médias américains. Pour avoir participé à des manifestations appelant à un cessez-le-feu et dénoncé les bombardements massifs dans la bande de Gaza, cette actrice de renommée mondiale a payé un prix lourd. Son témoignage, livré avec une rare franchise, éclaire les mécanismes de pression qui pèsent sur les artistes aux États-Unis.

Elle explique sans détour avoir été licenciée par son agence de représentation. Les portes des grands studios se sont refermées. Impossible désormais pour elle d’apparaître dans des productions mainstream ou même de passer à la télévision nationale. Elle se tourne aujourd’hui vers le cinéma indépendant, un espace de liberté relative, mais bien plus restreint en termes de visibilité et de moyens.

La répression culturelle aux États-Unis : un constat amer

Ce qu’elle décrit n’est pas un cas isolé. De nombreux artistes, journalistes et universitaires américains ont rapporté des expériences similaires depuis l’automne 2023. Critiquer la politique israélienne ou appeler à la protection des civils palestiniens expose à des accusations rapides de positions extrêmes, voire à des campagnes de dénigrement coordonnées. Les conséquences professionnelles peuvent être immédiates et durables.

Dans son cas, la sanction a été claire : plus de contrats avec les majors, plus d’invitations sur les plateaux de talk-shows grand public. Elle ironise même sur une discussion fictive avec un célèbre réalisateur espagnol à qui elle aurait demandé pourquoi il ne lui proposait pas de rôle. Derrière l’humour pointe une réelle frustration face à un système qui semble punir la parole libre.

« J’ai été licenciée par mon agence précisément pour être sortie manifester et avoir élevé la voix au sujet de Gaza, pour avoir demandé un cessez-le-feu »

Cette phrase résume le cœur du problème : une demande de paix est devenue, pour certains, un motif de mise à l’écart. Le contraste est saisissant lorsqu’on l’oppose à l’accueil qu’elle reçoit en Europe, et plus particulièrement en Espagne.

Barcelone, un refuge symbolique pour une voix dissonante

C’est dans la vibrante Barcelone que l’actrice s’est exprimée, à l’occasion d’une distinction prestigieuse : le Goya international, récompense honorifique décernée pour l’ensemble de sa carrière. Ce prix, équivalent ibérique des Oscars, lui est remis dans un pays qui, depuis plusieurs années, adopte des positions claires et tranchées sur la scène internationale.

L’émotion était palpable lorsqu’elle a pris la parole. Sa voix tremblait, non pas de fatigue, mais d’une reconnaissance profonde envers un gouvernement qui ose dire tout haut ce que beaucoup murmurent. Pour elle, voir un chef d’État européen défendre ouvertement les droits des Palestiniens représente un espoir dans un paysage médiatique qu’elle juge verrouillé outre-Atlantique.

L’Espagne, un pays qui ose prendre position

Le gouvernement espagnol actuel s’est distingué par sa constance sur la question palestinienne. Dès les premiers mois qui ont suivi l’intensification du conflit, Madrid a multiplié les déclarations condamnant les pertes civiles massives et appelant à la protection du droit international humanitaire. Cette posture n’est pas nouvelle : l’Espagne a longtemps défendu une solution à deux États et une reconnaissance mutuelle.

En 2024, le pays a franchi une étape supplémentaire en reconnaissant officiellement l’État de Palestine, rejoignant ainsi un nombre croissant de nations qui considèrent cette reconnaissance comme un préalable à toute négociation durable. Cette décision, loin d’être anodine, a été perçue comme un acte courageux dans un contexte européen souvent plus prudent.

L’actrice américaine n’a pas manqué de souligner ce contraste. Elle a particulièrement insisté sur le rôle du Premier ministre socialiste, qu’elle décrit comme un homme systématiquement « du bon côté de l’Histoire ». Elle ignore beaucoup de détails sur sa biographie, mais chaque apparition publique de ce dirigeant la convainc de sa droiture morale sur ce dossier.

« Je ne sais pas grand-chose sur lui, si ce n’est que chaque fois que je l’ai vu, il était du bon côté de l’Histoire »

Ce compliment, prononcé avec une pointe d’admiration presque naïve, a visiblement touché l’intéressé. Sur le réseau social X, le chef du gouvernement espagnol a répondu avec une émotion contenue, remerciant l’actrice pour ses mots chaleureux et soulignant combien ils comptaient pour tout un pays.

Des alliés inattendus : quand le cinéma devient tribune

Elle n’a pas manqué de citer un autre nom célèbre : celui d’un acteur espagnol mondialement connu qui, depuis des mois, utilise sa notoriété pour alerter sur la situation humanitaire à Gaza. Selon elle, ces voix puissantes venues d’Europe sont vitales pour les militants américains qui se sentent isolés.

Le cinéma, art universel par excellence, devient ici un espace de résistance symbolique. Là où les plateaux hollywoodiens se ferment, les festivals européens ouvrent leurs portes. Le Goya qu’elle reçoit n’est pas seulement une récompense professionnelle : c’est une reconnaissance politique et morale.

Pourquoi ce témoignage résonne-t-il si fort ?

Parce qu’il met en lumière une réalité souvent occultée : la liberté d’expression n’est pas également répartie selon les continents. Une star planétaire peut être réduite au silence dans son propre pays pour avoir exprimé une opinion partagée par des millions de citoyens à travers le monde.

Ce décalage interroge profondément sur la santé démocratique des sociétés occidentales. Quand une demande de cessez-le-feu et de respect du droit international devient motif de sanction professionnelle, c’est tout un système de valeurs qui vacille. L’actrice ne se contente pas de déplorer : elle pointe du doigt, elle compare, elle espère.

En saluant l’Espagne, elle ne fait pas que complimenter un gouvernement. Elle envoie un message d’espoir à tous ceux qui, de l’autre côté de l’Atlantique, continuent de manifester, de pétitionner, de s’organiser malgré les risques. Elle leur dit : regardez, ailleurs, on peut encore parler.

Un symbole plus grand que l’individu

Ce moment barcelonais dépasse largement la personne de l’actrice. Il cristallise les tensions entre liberté d’expression, géopolitique et industrie culturelle. Il rappelle que les artistes, lorsqu’ils refusent le rôle de faire-valoir silencieux, peuvent devenir des catalyseurs de débat public.

Il montre aussi que la solidarité internationale ne passe pas uniquement par les chancelleries. Parfois, elle s’exprime dans une salle de presse, avec une voix tremblante et des larmes contenues. Parfois, elle prend la forme d’un prix remis sur une scène européenne à une femme qui a tout risqué pour rester fidèle à ses convictions.

Le parcours de cette icône engagée est loin d’être terminé. Son exclusion temporaire d’Hollywood pourrait bien se transformer, à terme, en un nouveau chapitre de liberté artistique. En attendant, son témoignage continue de résonner, de Madrid à Los Angeles, de Gaza à Barcelone.

Et si l’Histoire, finalement, se souvenait davantage des voix qui ont osé parler que de celles qui ont choisi le silence ?

À retenir : Dans un monde où la parole est parfois tarifée, certains artistes continuent de payer le prix de leur conscience. Leur courage rappelle que la culture peut encore être un espace de vérité.

Ce témoignage, livré avec authenticité et émotion, ne laisse personne indifférent. Il interroge, il dérange, il inspire. Et surtout, il prouve qu’une voix, même isolée, peut encore faire trembler les certitudes les mieux établies.

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