Imaginez un pays où des milliers de citoyens descendent dans les rues pour exprimer leur ras-le-bol face à une vie devenue insupportable, et où la réponse des autorités se traduit par une violence d’une intensité rarement vue. C’est la réalité qui secoue l’Iran depuis la fin décembre 2025, et qui pousse aujourd’hui la Suisse à hausser le ton sur la scène diplomatique.
Ce jeudi, les autorités helvétiques ont décidé de convoquer l’ambassadeur d’Iran à Berne. Un geste fort, chargé de sens, pour transmettre un message clair : la communauté internationale ne peut rester silencieuse face à une telle escalade de répression.
Une convocation diplomatique lourde de sens
La Suisse, pays neutre par excellence et souvent discret sur la scène internationale, sort de sa réserve habituelle. Cette démarche n’est pas anodine. Elle traduit une grande inquiétude face à la situation qui dégénère rapidement en Iran.
Les responsables suisses ont tenu à rappeler à l’ambassadeur que la violence contre les manifestants doit cesser immédiatement. Ils insistent sur le respect des droits humains fondamentaux et des libertés pour tous ceux qui osent protester pacifiquement.
Parmi les points les plus fermes soulevés lors de cette rencontre : l’opposition résolue à toute application de la peine de mort. Une position sans ambiguïté, réaffirmée avec force par la directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord du ministère des Affaires étrangères.
Le rôle particulier de la Suisse dans les relations avec l’Iran
Depuis la révolution de 1979 et la rupture des liens diplomatiques entre les États-Unis et l’Iran, la Suisse joue un rôle unique. Elle représente les intérêts américains sur le sol iranien. Cette position de médiateur confère à Berne une responsabilité accrue dans les moments de crise.
Cette neutralité active permet souvent d’ouvrir des canaux de discussion quand d’autres sont fermés. Mais elle impose aussi de parler franchement lorsque les violations des droits humains deviennent trop flagrantes.
La convocation de l’ambassadeur s’inscrit dans cette logique : alerter, condamner, et tenter d’infléchir le cours des événements avant qu’ils ne deviennent irréversibles.
Un contexte de manifestations historiques
Les protestations qui embrasent l’Iran depuis fin décembre 2025 figurent parmi les plus importantes que le pays ait connues depuis la naissance de la République islamique. Partout, des foules expriment leur colère contre un système qui semble incapable de répondre aux besoins élémentaires de la population.
Ce qui a commencé comme des mouvements contre la vie chère s’est rapidement transformé en contestation plus large du régime lui-même. Les slogans fusent, les appels au changement résonnent dans les villes grandes et petites.
Malgré les coupures d’internet et les restrictions de communication, les images et les témoignages continuent de filtrer, montrant l’ampleur d’un mouvement qui refuse de plier.
Un bilan humain terrifiant selon les ONG
Les organisations de défense des droits humains, basées hors d’Iran pour des raisons évidentes de sécurité, dressent un tableau effrayant. Selon l’une d’entre elles, au moins 3 428 manifestants auraient été tués par les forces de sécurité. Un chiffre qui donne le vertige et qui, selon les mêmes sources, risque de s’alourdir encore considérablement.
Ces estimations reposent sur des recoupements minutieux : témoignages directs, vidéos authentifiées, rapports médicaux clandestins. Elles dépassent de loin les bilans officiels, qui minimisent systématiquement l’ampleur de la tragédie.
Les forces de sécurité iraniennes ont tué au moins 3 428 manifestants, et le bilan final sera bien plus lourd.
Ce constat glaçant alimente les craintes d’une répression qui ne connaît plus de limites. Les autorités qualifient les protestataires d’émeutiers, les accusent d’être manipulés par des puissances étrangères, et promettent une justice rapide et sans indulgence.
Les menaces d’exécutions massives
Parmi les éléments les plus alarmants : les annonces de procès expéditifs pour les personnes arrêtées. Les militants des droits humains redoutent une vague d’exécutions destinées à terroriser la population et à briser le mouvement.
Cette perspective a déjà provoqué des réactions internationales fortes. Le président américain a même évoqué, à un moment, la possibilité d’une intervention militaire en cas d’application de peines capitales aux manifestants, avant de sembler faire machine arrière.
La Suisse, de son côté, réaffirme son opposition catégorique à la peine de mort en toutes circonstances. Un principe qui guide son action diplomatique et qui a été rappelé sans détour lors de la rencontre avec l’ambassadeur.
Des efforts diplomatiques en coulisses
Au-delà de la convocation publique, des contacts discrets se poursuivent. Le secrétaire du Conseil de sécurité nationale iranien s’est entretenu par téléphone avec un haut diplomate suisse. Berne a proposé son aide pour contribuer à une désescalade de la situation.
Ces discussions, bien que confidentielles, montrent que la Suisse privilégie aussi la voie du dialogue. Une approche équilibrée, entre fermeté et pragmatisme, qui caractérise souvent sa diplomatie.
Mais la marge de manœuvre reste étroite dans un contexte où la répression s’intensifie et où les positions semblent se durcir de part et d’autre.
Les racines profondes de la colère populaire
Pour comprendre l’ampleur de cette mobilisation, il faut remonter aux causes structurelles. L’inflation galopante, la dépréciation dramatique de la monnaie nationale, les pénuries d’eau et d’électricité : autant de facteurs qui rendent la vie quotidienne insoutenable pour une grande partie de la population.
Ces difficultés économiques s’ajoutent à un sentiment de plus en plus répandu d’asphyxie politique. Les attentes de réformes, nourries par des promesses passées, se heurtent à une réalité inflexible.
Les jeunes générations, en particulier, refusent de continuer à vivre sous un système qu’elles jugent archaïque et oppressif. Leur détermination transparaît dans chaque slogan, dans chaque rassemblement nocturne malgré les risques.
Une communauté internationale mobilisée
La Suisse n’est pas seule à réagir. Plusieurs pays européens ont convoqué les ambassadeurs iraniens ces derniers jours. L’Union européenne envisage de nouvelles sanctions contre les responsables de la répression.
Ces initiatives convergent vers un objectif commun : faire pression pour que cesse la violence et que les droits fondamentaux soient respectés. Mais l’efficacité de ces mesures reste à prouver dans un pays habitué aux sanctions internationales.
Ce qui frappe, c’est l’unanimité croissante pour dénoncer une répression qualifiée d’historique par de nombreux observateurs.
Vers une escalade ou une désescalade ?
L’avenir reste incertain. D’un côté, la détermination des manifestants semble inébranlable malgré les pertes terribles. De l’autre, le régime multiplie les signes de fermeté, avec des menaces explicites contre toute forme de contestation.
Dans ce climat explosif, chaque geste diplomatique compte. La Suisse, par sa convocation et ses propositions de médiation, tente de contribuer à éviter le pire.
Mais le temps presse. Chaque jour qui passe alourdit le bilan humain et rapproche le pays d’un point de non-retour. La communauté internationale observe avec angoisse, consciente que l’issue de cette crise pourrait redessiner durablement la carte géopolitique du Moyen-Orient.
Ce qui se joue en Iran aujourd’hui dépasse largement les frontières du pays. Il s’agit d’un test pour les valeurs universelles des droits humains, et pour la capacité du monde à réagir face à une répression d’une telle ampleur.
La Suisse, fidèle à son rôle de voix raisonnable mais ferme, rappelle que le silence n’est pas une option. Espérons que ce message sera entendu avant qu’il ne soit trop tard.
Points clés à retenir
- Convocation de l’ambassadeur d’Iran par la Suisse pour exprimer une grande inquiétude
- Condamnation ferme de la violence contre les manifestants
- Opposition claire à toute peine de mort
- Bilan selon ONG : au moins 3 428 manifestants tués
- Efforts diplomatiques pour une désescalade
La situation évolue rapidement, et les prochains jours seront décisifs. Restons vigilants et solidaires avec ceux qui, au péril de leur vie, demandent simplement justice et dignité.









