Une mobilisation internationale pour renforcer l’armée libanaise
Les prochaines semaines s’annoncent cruciales pour le Liban. Une conférence internationale majeure est prévue à Paris le 5 mars, visant à collecter des fonds et des engagements concrets pour doter l’armée et les forces de sécurité de moyens adéquats. Cette initiative intervient alors que les soldats libanais, mal payés, sont souvent obligés de cumuler des emplois civils pour subvenir à leurs besoins, ce qui compromet leur efficacité opérationnelle.
Pour préparer au mieux cet événement, une réunion de coordination se tiendra au Caire le 24 février. Ce rassemblement réunit les membres du Quintet – composé de l’Arabie Saoudite, de la France, du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis – ainsi que d’autres parties prenantes impliquées dans le dossier libanais. Initialement programmée à Doha le 12 février, cette rencontre a été reportée et déplacée en Égypte, une décision prise collectivement par les acteurs concernés.
Le contexte du soutien international
Ce soutien n’arrive pas par hasard. Depuis la fin du conflit intense avec Israël fin 2024, le Hezbollah est sorti considérablement affaibli. Les autorités libanaises ont lancé un plan structuré en plusieurs phases pour récupérer le contrôle exclusif des armes sur l’ensemble du territoire. La première phase, achevée en janvier, a couvert la zone entre la frontière sud et le fleuve Litani, à environ trente kilomètres au nord.
La deuxième phase cible désormais la région située au nord du Litani, jusqu’au fleuve Awali. Le gouvernement a accordé à l’armée un délai de quatre mois, renouvelable selon les capacités disponibles, les attaques persistantes israéliennes et les obstacles rencontrés sur le terrain. Ce calendrier flexible reflète la complexité de la tâche : éviter une confrontation interne tout en progressant vers la souveraineté pleine de l’État.
Le processus de désarmement est jugé positif au sud du Litani, où les menaces vers le nord d’Israël ont disparu, mais il reste essentiel de poursuivre ce travail pour que l’armée reprenne pleinement le monopole des armes.
Cette citation illustre l’approche prudente adoptée, soulignant les avancées tout en insistant sur la nécessité d’un appui renforcé. Sans salaires décents ni équipements modernes, les forces armées peinent à maintenir leur moral et leur efficacité, rendant l’aide internationale indispensable.
Les défis financiers et humains de l’armée libanaise
L’armée libanaise fait face à une crise profonde. Les soldats, mal rémunérés depuis des années, multiplient les petits boulots pour joindre les deux bouts. Cette situation affecte directement leur disponibilité et leur engagement dans des missions de haute importance, comme le désarmement progressif des groupes armés non étatiques.
Les forces de sécurité intérieure subissent les mêmes contraintes. Le manque de moyens financiers se traduit par un équipement obsolète, des véhicules en panne et une logistique déficiente. La conférence de Paris vise précisément à combler ces lacunes en mobilisant des promesses de dons, de formations et d’assistance technique.
Les membres du Quintet jouent un rôle pivot. La France coordonne activement ces efforts, en lien étroit avec ses partenaires arabes et américains. L’Égypte, hôte de la réunion préparatoire, apporte son poids régional pour faciliter les discussions et aligner les positions.
La position du Hezbollah face au plan de désarmement
Le Hezbollah refuse catégoriquement de remettre ses armes dans les zones concernées par la deuxième phase. Le mouvement considère que ce processus sert les intérêts d’Israël et affaiblit la résistance. Malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis fin 2024, les frappes israéliennes se poursuivent régulièrement, visant généralement des cibles liées au Hezbollah.
Israël maintient par ailleurs des soldats dans cinq zones du sud-Liban, conditionnant son retrait total à des garanties de sécurité renforcées. Les autorités israéliennes estiment que les progrès du désarmement restent insuffisants et accusent le Hezbollah de tentatives de réarmement clandestin.
Cette tension persistante complique la tâche de l’armée libanaise. Toute avancée dans le désarmement doit composer avec ces réalités sur le terrain : surveillance constante, risques d’incidents et nécessité de préserver la stabilité interne.
Les enjeux régionaux et internationaux
Le dossier libanais s’inscrit dans une dynamique plus large au Moyen-Orient. Le Quintet représente une coalition inhabituelle alliant puissances occidentales et pays arabes du Golfe, unis par l’objectif de stabiliser le Liban et de contrer l’influence iranienne via le Hezbollah.
La réunion du Caire permettra d’harmoniser les positions avant Paris. Elle évaluera les besoins prioritaires de l’armée : véhicules blindés, systèmes de communication, salaires améliorés, formations spécialisées. Les engagements pris lors de la conférence du 5 mars devront être concrets et mesurables pour éviter les promesses non tenues du passé.
- Renforcer les capacités opérationnelles de l’armée pour accélérer le désarmement.
- Améliorer les conditions de vie des soldats pour maintenir leur loyauté et efficacité.
- Préparer le terrain pour une souveraineté pleine, incluant le départ progressif des forces étrangères.
- Coordonner les aides pour éviter les doublons et maximiser l’impact.
Ces priorités guident les préparatifs. Le succès de ces initiatives dépendra de la volonté collective des donateurs et de la capacité du Liban à implémenter les réformes nécessaires.
Perspectives pour la stabilité libanaise
Si la conférence de Paris aboutit à des résultats tangibles, elle pourrait marquer un tournant. Une armée renforcée serait mieux armée pour imposer l’autorité de l’État, réduire les risques de déstabilisation et favoriser la reconstruction économique. Le Liban, épuisé par des crises successives, a besoin de ce souffle pour espérer un avenir plus serein.
Cependant, les obstacles demeurent nombreux : opposition interne du Hezbollah, pressions extérieures israéliennes, fragilité politique libanaise. La période des quatre mois accordée pour la deuxième phase sera décisive. Tout retard ou échec pourrait compromettre les efforts internationaux et prolonger l’instabilité.
Les acteurs impliqués en sont conscients. C’est pourquoi la coordination étroite entre le Quintet et les autorités libanaises est si cruciale. La réunion du Caire n’est pas une simple formalité ; elle pose les bases d’une mobilisation qui pourrait redessiner le paysage sécuritaire libanais.
En somme, ces développements illustrent la complexité du chemin vers la souveraineté. Entre diplomatie intense, défis sur le terrain et impératifs humanitaires pour les forces armées, le Liban navigue en eaux troubles. Les semaines à venir révéleront si la communauté internationale saura transformer les promesses en actions concrètes, au bénéfice d’un pays qui en a désespérément besoin.
Pour approfondir ces enjeux, il convient de suivre de près l’évolution des négociations et les annonces issues de la conférence de Paris. Le sort de millions de Libanais en dépend en grande partie. Les prochains jours au Caire et à Paris seront déterminants pour l’avenir du pays du Cèdre.









