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Soudan du Sud : Save the Children Suspend ses Activités au Jonglei

Dans le Jonglei au Soudan du Sud, des hommes armés ont incendié et pillé les bureaux de Save the Children, forçant l'ONG à suspendre ses opérations vitales pour des centaines d'enfants. Alors que 280 000 personnes fuient les combats, l'aide humanitaire est en danger... Que va-t-il advenir des populations sans secours ?
L’escalade des violences au Soudan du Sud dans l’État de Jonglei met en péril l’aide humanitaire vitale pour des centaines de milliers de civils, dont de nombreux enfants. Des attaques ciblées contre des installations humanitaires forcent des organisations internationales à suspendre leurs opérations, laissant des populations vulnérables sans accès à des soins essentiels ni à une assistance de base. Imaginez des enfants privés soudainement de traitements médicaux ou de nourriture dans une région déjà ravagée par des années de conflit.

Une nouvelle vague de violence frappe l’aide humanitaire au Soudan du Sud

Le Soudan du Sud, plus jeune nation du monde, continue de payer un lourd tribut à l’instabilité chronique. Dans l’État de Jonglei, les affrontements entre les forces loyales au président Salva Kiir et celles affiliées à son rival historique Riek Machar se sont intensifiés ces dernières semaines. Ces combats ont provoqué des déplacements massifs et des attaques directes contre des structures humanitaires, rendant la situation encore plus dramatique pour les populations civiles.

Les conséquences sont immédiates et dévastatrices. Des centres de santé et des bureaux d’organisations d’aide sont pillés, incendiés ou bombardés, privant des communautés entières de services indispensables. Les enfants, déjà parmi les plus vulnérables dans ce contexte, subissent de plein fouet ces interruptions brutales.

L’attaque contre les bureaux de Save the Children à Walgak

Des hommes armés ont récemment pris pour cible un centre de soins et les bureaux de Save the Children dans la zone de Walgak, dans l’État de Jonglei. Les assaillants ont incendié les installations et pillé le contenu, détruisant ainsi des infrastructures cruciales pour la population locale.

Cette agression a directement impacté des centaines d’enfants et de familles qui dépendaient de ces services pour des soins de santé primaires et une assistance vitale. Face à cette situation intenable et à la répétition de tels incidents, l’organisation a pris la décision lourde de suspendre indéfiniment ses opérations dans la région et de retirer ses équipes sur place.

Nous n’avons eu d’autre choix que de suspendre indéfiniment nos opérations à Walgak à la suite d’attaques répétées. Lorsque des installations humanitaires sont attaquées, ce sont les civils, et notamment les enfants, qui en subissent les conséquences.

Chris Nyamandi, directeur de Save the Children au Soudan du Sud

Cette déclaration met en lumière l’absurdité tragique de la situation : les efforts pour protéger et soigner les plus fragiles deviennent eux-mêmes des cibles. Les ressources humanitaires doivent être protégées, insistent les acteurs sur le terrain, car sans elles, la vulnérabilité des populations explose.

Autres incidents graves contre les acteurs humanitaires

Le cas de Save the Children n’est malheureusement pas isolé. Dans la même période, un hôpital géré par Médecins Sans Frontières (MSF) à Lankien, toujours dans le Jonglei, a été touché par une attaque aérienne attribuée aux forces gouvernementales durant la nuit. L’entrepôt principal a été détruit, entraînant la perte de la majorité des fournitures médicales essentielles.

Un membre du personnel a été légèrement blessé, mais les conséquences pour la communauté sont bien plus larges : sans ces stocks, les soins deviennent impossibles dans une zone déjà extrêmement isolée. Le même jour, un autre centre de santé de MSF à Pieri a été pillé par des assaillants non identifiés, le rendant inutilisable pour les habitants.

Ces attaques successives illustrent un schéma alarmant où les infrastructures de santé, protégées par le droit international humanitaire, sont délibérément visées ou prises dans des feux croisés, aggravant une crise déjà profonde.

Suspension des opérations du Programme alimentaire mondial

Le Programme alimentaire mondial (PAM) n’a pas été épargné. Dans une zone voisine de l’État du Haut-Nil, un convoi fluvial transportant 1 500 tonnes d’aide a subi une attaque et a été pillé. En conséquence, le PAM a annoncé la suspension de ses activités dans une partie du nord du Soudan du Sud jusqu’à ce que la sécurité soit assurée.

Cette mesure affecte directement l’accès à la nourriture pour des populations qui dépendent entièrement de l’aide extérieure dans un pays où la pauvreté et l’insécurité alimentaire sont endémiques. Les convois humanitaires, souvent les seuls moyens d’acheminer des vivres dans des régions inaccessibles, deviennent des cibles vulnérables.

Un bilan humain dramatique dans le Jonglei

Selon un rapport récent des Nations unies, au moins 280 000 personnes ont été déplacées dans l’État de Jonglei en raison de l’intensification des violences. Ces déplacements massifs surviennent dans un contexte où les communautés sont déjà fragilisées par des années de guerre civile, de pauvreté extrême et de corruption systémique.

Les civils fuient les combats, les bombardements aériens et les pillages, se retrouvant sans abri, sans nourriture et sans accès aux soins. Les enfants, en particulier, sont exposés à des risques accrus de malnutrition, de maladies et de violences. Chaque interruption d’aide humanitaire amplifie ces menaces.

  • Déplacements forcés de plus de 280 000 personnes dans le Jonglei.
  • Attaques répétées sur des centres de santé et bureaux humanitaires.
  • Suspension d’opérations par plusieurs organisations internationales.
  • Perte d’accès à des soins essentiels pour des centaines d’enfants et familles.
  • Pillage de convois alimentaires vitaux dans des régions voisines.

Ces éléments soulignent l’urgence d’une protection effective des acteurs humanitaires et des civils. Sans cela, la spirale de la violence risque de plonger davantage la région dans le chaos.

Le contexte historique et structurel du conflit

Depuis son indépendance en 2011, le Soudan du Sud n’a connu que peu de périodes de paix durable. La guerre civile qui a éclaté peu après la création du pays a opposé les forces gouvernementales à divers groupes armés, souvent sur des lignes ethniques et politiques. Malgré des accords de paix signés, les tensions persistent et resurgissent régulièrement.

Le Jonglei, vaste et isolé, est particulièrement touché en raison de sa position stratégique et des rivalités locales. Les ressources limitées, combinées à une corruption massive, rendent la reconstruction et le développement presque impossibles. Les populations paient le prix fort de ces échecs politiques.

Dans ce cadre, les organisations humanitaires jouent un rôle irremplaçable, mais elles opèrent dans un environnement de plus en plus hostile. Les attaques contre elles ne sont pas seulement des actes isolés ; elles reflètent un effondrement du respect des règles internationales.

Les impacts sur les enfants et les familles

Les enfants constituent la couche la plus fragile de cette crise. Privés de soins médicaux, exposés à la malnutrition et aux déplacements forcés, ils voient leur avenir compromis. Les centres de santé fermés signifient des vaccins non administrés, des accouchements sans assistance et des maladies traitées trop tard.

Les familles, déjà épuisées par des années d’instabilité, doivent maintenant fuir sans ressources. Les camps de déplacés sont surchargés, et les services de base y sont insuffisants. Chaque jour sans aide aggrave les souffrances.

Ces actes sont inacceptables et doivent cesser. Les ressources humanitaires doivent être protégées.

Chris Nyamandi, directeur de Save the Children au Soudan du Sud

Cette appel résonne comme un cri d’alarme. Protéger l’aide, c’est sauver des vies directement menacées par la violence et ses conséquences indirectes.

Vers une réponse internationale urgente ?

Face à cette dégradation, la communauté internationale est appelée à réagir. Les appels à la cessation des hostilités et à la protection des civils et humanitaires se multiplient. Pourtant, sans pression concrète sur les parties en conflit, le cycle risque de se perpétuer.

Le Soudan du Sud illustre tragiquement comment un jeune pays peut sombrer dans une instabilité prolongée. Les enfants d’aujourd’hui grandissent dans un environnement où la violence est omniprésente, et où l’espoir d’une vie meilleure s’amenuise jour après jour.

La suspension des activités de Save the Children à Walgak n’est qu’un symptôme d’un mal plus profond. Tant que les attaques contre l’aide persistent, la reconstruction reste un mirage. Il est impératif que les responsables politiques et militaires comprennent que cibler les humanitaires équivaut à condamner des populations entières.

Dans les semaines à venir, l’évolution de la situation dans le Jonglei sera scrutée de près. Chaque jour compte pour éviter une catastrophe humanitaire de plus grande ampleur. Les voix des acteurs sur le terrain doivent être entendues, et les actes doivent suivre les paroles.

Le Soudan du Sud mérite mieux que ce cycle infernal. Les enfants du Jonglei méritent la paix et l’accès à un avenir digne. Pour l’instant, la réalité est cruelle, mais l’espoir ne doit pas s’éteindre complètement.

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