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Soudan du Sud : Juba au Bord d’une Nouvelle Guerre Civile

À Juba, les tirs réveillent la peur d’une guerre civile. Les habitants fuient, l’accord de paix vacille : que va-t-il se passer ensuite ?

Imaginez-vous réveillé par des grondements sourds, des éclats d’artillerie qui déchirent le silence de l’aube. C’est la réalité qu’ont vécue les habitants de Juba, la capitale du Soudan du Sud, ce mercredi. La peur s’est installée, ravivant des souvenirs encore frais d’un conflit qui a déjà englouti des centaines de milliers de vies. Que se passe-t-il dans ce jeune pays où la paix semble toujours hors de portée ?

Une Capitale sous Tension

Depuis plusieurs semaines, des affrontements opposent les forces loyales au président et celles soutenant le vice-président. Mais cette fois, les combats ont atteint les portes de Juba. Les habitants, déjà marqués par une guerre civile dévastatrice entre 2013 et 2018, craignent le pire. « Tout le monde est en panique », confie un économiste local à une source proche des événements.

La situation s’est envenimée rapidement. Mardi, des frappes ont visé une base militaire proche de la capitale, selon des déclarations de l’opposition. Puis, mercredi, dès 4 heures du matin, des tirs d’artillerie lourde ont retenti près de Rajaf, une zone stratégique non loin de Juba. Des témoins racontent avoir entendu des détonations au sud-est, là où un centre d’entraînement militaire est implanté.

« J’ai l’impression qu’on replonge dans la guerre alors qu’on aspire à la paix. »

– Une habitante de Juba

Un Passé qui Hante

Entre 2013 et 2018, le Soudan du Sud a été déchiré par une guerre civile brutale. Près de **400 000 morts** et **quatre millions de déplacés** : les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ce conflit opposait déjà les mêmes protagonistes : les forces du président et celles du vice-président. L’accord de paix signé en 2018, censé mettre fin aux hostilités, prévoyait un partage du pouvoir et l’intégration des armées rivales dans une force unifiée. Mais aujourd’hui, cet accord semble vaciller.

Les habitants de Juba ne peuvent s’empêcher de revivre ces années sombres. « Nos dirigeants doivent choisir le dialogue, pas les armes », insiste une voix locale. Pourtant, les combats aux abords de la capitale montrent que la violence reste la réponse privilégiée par certains.

Une Journée sous Haute Tension

Mercredi matin, la panique a gagné les rues de Juba. Une agricultrice de Rajaf raconte avoir entendu des tirs de fusil tout près de chez elle. « On a fui notre ferme en courant », dit-elle, ajoutant que des militaires ont ordonné aux enfants de quitter l’école. « On n’a nulle part où aller si ça empire », déplore-t-elle.

Pendant quelques heures, la ville a retenu son souffle. Le personnel humanitaire a reçu l’ordre de rester en place. Mais en milieu de journée, une accalmie s’est installée. Les commerces ont rouvert dans le quartier de Gudele, et la vie a repris son cours, timidement. Des camions militaires ont toutefois été aperçus roulant vers l’ouest, signe que la menace persiste.

Un Accord de Paix en Péril

L’accord de 2018 devait être une lueur d’espoir. Parmi ses mesures phares, la création des **Forces nationales unifiées**, un corps censé réunir les soldats des deux camps. Mais cette unification reste largement inappliquée. Les centres d’entraînement, comme celui au sud-est de Juba, sont devenus des cibles rather than des symboles de réconciliation.

« Honnêtement, cet accord est presque mort », soupire un humanitaire basé à Nairobi, familier de la situation. Il redoute que ces violences ne soient qu’un avant-goût de ce qui pourrait arriver dans les prochains jours ou semaines. Les tensions actuelles mettent en lumière l’échec d’une paix fragile, jamais vraiment consolidée.

La Population Prise en Otage

À Juba, l’angoisse est palpable. Les habitants, encore traumatisés par le passé, vivent dans l’attente d’un nouveau drame. « Les gens sont tendus, ils s’attendent à ce que les combats éclatent d’un moment à l’autre », observe un travailleur humanitaire. Certains ont déjà commencé à prendre des mesures drastiques.

  • Des familles envoient leurs proches en Ouganda pour les mettre à l’abri.
  • Les écoles ferment temporairement face à l’insécurité croissante.
  • Les habitants stockent des provisions, craignant un siège ou une escalade.

Pour beaucoup, cette situation est insupportable. Une mère de famille explique : « On veut juste vivre normalement, sans avoir peur chaque jour. » Mais la réalité est bien différente dans ce pays où l’instabilité semble être la norme.

Les Enjeux d’une Crise Annoncée

Pourquoi le Soudan du Sud peine-t-il autant à sortir de ce cycle de violence ? Les racines du problème sont profondes. Le pays, indépendant depuis 2011, est marqué par des luttes de pouvoir, des rivalités ethniques et une économie fragile. L’accord de paix n’a pas réussi à désarmer les factions ni à instaurer une confiance mutuelle entre les leaders.

Les récents affrontements près de Juba montrent que les deux camps sont prêts à en découdre. L’opposition accuse les forces présidentielles d’attaques ciblées, tandis que le gouvernement reste silencieux sur ses intentions. Entre-temps, la population civile est la première victime de cette escalade.

Vers un Avenir Incertain

Que réserve l’avenir au Soudan du Sud ? Pour l’instant, personne n’ose se prononcer avec certitude. Les humanitaires sur place oscillent entre espoir et résignation. « Si rien ne change, on risque une nouvelle catastrophe », prévient une source proche des opérations d’aide.

Les habitants, eux, tentent de s’adapter. À Gudele, les marchés reprennent vie, mais les regards restent méfiants. Chaque bruit suspect ravive la peur. Et pendant ce temps, les camions militaires continuent de circuler, rappelant que la paix est encore bien loin.

Que Peut Faire la Communauté Internationale ?

Face à cette crise, les regards se tournent vers l’extérieur. Mais les précédentes interventions n’ont pas toujours porté leurs fruits. Sanctions, médiations, aide humanitaire : les efforts se sont succédé sans jamais stabiliser durablement le pays. Aujourd’hui, le défi est immense.

Année Événement Conséquences
2011 Indépendance Espoir d’un nouveau départ
2013-2018 Guerre civile 400 000 morts, millions de déplacés
2018 Accord de paix Fragile espoir de stabilité
2025 Nouvelle escalade Incertitude et peur

Le Soudan du Sud est à un tournant. La communauté internationale doit-elle renforcer sa pression sur les leaders ? Ou laisser le pays trouver seul sa voie, au risque d’un nouvel embrasement ? Les réponses tardent à venir.

Une Lueur d’Espoir ?

Malgré tout, certains refusent de baisser les bras. À Juba, des voix s’élèvent pour réclamer la paix. « On mérite mieux que ça », lance une habitante. Ces appels, bien que fragiles, témoignent d’une résilience incroyable face à l’adversité.

Le chemin vers la stabilité sera long et semé d’embûches. Mais tant que des gens continuent d’y croire, l’espoir n’est pas totalement éteint. Reste à savoir si les dirigeants écouteront enfin ces cris du cœur.

Le Soudan du Sud oscille entre guerre et paix, un équilibre précaire qui tient le monde en haleine.

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