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Scandale : Un Livre Islamique Appelle à la Violence

Un ancien recueil de textes islamiques appelle ouvertement à lapider les homosexuels et maudit juifs et chrétiens. Disponible via le pass culture et en vente libre, il crée un scandale national. La Fnac le retire, mais sur Amazon... il devient numéro 1 des ventes dans sa catégorie. Comment expliquer ce succès paradoxal ?

Imaginez un ouvrage religieux ancien, rédigé au XIVe siècle, qui préconise explicitement la lapidation des homosexuels et profère des malédictions contre les juifs et les chrétiens. Ce livre était, jusqu’à récemment, disponible à la commande sur l’un des plus grands sites de vente culturels en France, et même éligible au pass culture destiné aux jeunes. Cette situation a provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux et a rapidement forcé les distributeurs à réagir.

Un recueil médiéval au cœur d’une polémique contemporaine

Le livre en question s’intitule Péchés et guérison, une compilation de textes écrits par un imam sunnite du Moyen Âge. Il rassemble des prescriptions et des commentaires théologiques qui, lus aujourd’hui, choquent par leur violence et leur intolérance. Des passages appellent clairement à des châtiments corporels extrêmes contre les personnes homosexuelles et contiennent des formules hostiles envers les autres religions monothéistes.

Ces textes, issus d’une époque où les normes sociales et juridiques étaient radicalement différentes, se retrouvent soudain propulsés sous les projecteurs de l’actualité française en ce début d’année 2026. Leur présence sur des plateformes grand public soulève des questions profondes sur la liberté de diffusion des écrits religieux, les limites de la tolérance et la responsabilité des vendeurs de contenus culturels.

Des citations qui choquent l’opinion publique

Parmi les extraits qui ont circulé massivement sur les réseaux figuraient des phrases particulièrement crues. L’une d’elles affirme que l’exécution de la personne passive dans un acte homosexuel serait préférable à l’acte lui-même. Une autre compare l’homosexualité à un crime pire que le meurtre.

Un passage évoque même la méthode précise du châtiment : précipiter la personne du haut d’un édifice élevé avant de la lapider. D’autres textes prophétisent la victoire finale du Messie sur les juifs et les chrétiens, ou lancent des imprécations directes contre ces communautés.

Ces formulations, héritées d’un contexte historique lointain, heurtent de plein fouet les valeurs contemporaines de respect et d’égalité.

La diffusion virale de ces citations a transformé un simple livre en symbole d’un débat beaucoup plus large sur la compatibilité entre certains héritages théologiques et les principes républicains.

Une disponibilité qui interroge

Jusqu’au début janvier 2026, cet ouvrage était proposé à la vente en ligne par une grande enseigne culturelle française. Plus troublant encore, il apparaissait comme éligible au dispositif du pass culture, ce crédit accordé aux jeunes pour accéder à des biens culturels. Cette situation a été dénoncée publiquement par des associations et des personnalités engagées contre l’homophobie.

Interrogée, l’enseigne a précisé que le livre n’était pas disponible en magasin physique, mais sa présence sur le site internet suffisait à alimenter la polémique. Quelques heures après les premières alertes médiatiques, l’ouvrage a été rendu « indisponible » en ligne.

Cette réactivité tardive illustre les difficultés des distributeurs à anticiper les controverses liées à des textes anciens ou spécialisés. Faut-il tout proposer sous prétexte de liberté éditoriale, ou existe-t-il des garde-fous nécessaires lorsque le contenu incite manifestement à la haine ?

L’effet Streisand : un succès commercial inattendu

Paradoxalement, la tentative de retrait partiel a eu l’effet inverse de celui escompté. Sur une autre grande plateforme de vente en ligne, le livre s’est hissé à la première place des ventes dans la catégorie dédiée à l’islam. Ce phénomène, souvent appelé « effet Streisand », montre comment une polémique peut booster la visibilité et les ventes d’un produit controversé.

Ce succès commercial soulève des interrogations sur les motivations des acheteurs. S’agit-il d’une curiosité morbide suscitée par le scandale ? D’un soutien idéologique à ces textes ? Ou simplement d’une volonté de se forger une opinion personnelle face à la censure perçue ?

Quoi qu’il en soit, ce classement en tête des ventes démontre que la controverse, loin d’étouffer le sujet, l’a au contraire amplifié auprès d’un public potentiellement intéressé par ces écrits.

Contexte historique des textes en cause

Pour comprendre ces passages, il est nécessaire de les replacer dans leur époque. Au XIVe siècle, dans de nombreuses traditions religieuses – pas seulement musulmanes – les normes morales et les sanctions pénales étaient extrêmement sévères. Les châtiments corporels, y compris la lapidation, étaient pratiqués dans plusieurs civilisations.

Ces textes reflètent une vision théologique rigoriste qui cherche à définir le péché et les moyens de s’en purifier. Le titre même, Péchés et guérison, indique une démarche spirituelle centrée sur la repentance et le retour à une pratique orthodoxe.

Cependant, leur republication et diffusion modernes, sans commentaire critique approfondi, pose problème. Beaucoup estiment qu’un tel ouvrage devrait être accompagné d’un appareil scientifique expliquant le contexte, afin d’éviter toute lecture littérale dangereuse.

Les réactions dans la société française

La polémique a rapidement dépassé les réseaux sociaux pour investir le débat public. Des associations LGBT+ ont dénoncé une banalisation de l’homophobie sous couvert de tradition religieuse. Des organisations de défense des droits humains ont appelé à une vigilance accrue sur les contenus accessibles via des dispositifs publics comme le pass culture.

De l’autre côté, certains défendent le principe de liberté académique et éditoriale. Ils arguent qu’interdire ou retirer des textes anciens reviendrait à censurer l’histoire des idées, même les plus sombres.

Ce clivage reflète une tension récurrente en France : comment concilier laïcité, liberté d’expression et lutte contre les discours de haine ?

Le rôle des plateformes de vente

Les grands distributeurs culturels se retrouvent une nouvelle fois au centre des critiques. Leur catalogue immense inclut des milliers de références spécialisées, souvent importées ou éditées à petite échelle. Le contrôle éditorial a priori est matériellement impossible.

Néanmoins, la rapidité de réaction face aux signalements apparaît comme un enjeu majeur. Dans ce cas précis, le retrait intervenu quelques heures après les premières alertes montre une certaine réactivité, mais aussi les limites d’une modération uniquement réactive.

D’autres plateformes, elles, n’ont pas modifié la disponibilité de l’ouvrage, contribuant ainsi à son succès commercial inattendu.

Vers une réflexion plus large sur les textes religieux

Cette affaire invite à une réflexion dépassant le seul livre incriminé. De nombreux textes sacrés ou théologiques, toutes religions confondues, contiennent des passages violents ou discriminants si lus littéralement. La Bible, le Talmud, les hadiths : tous comportent des éléments problématiques au regard des standards modernes.

La différence réside souvent dans la manière dont ces textes sont interprétés et enseignés aujourd’hui. Les courants majoritaires tendent à les contextualiser historiquement ou à les relire à la lumière des valeurs contemporaines.

Mais la persistance de lectures littéralistes, minoritaires mais actives, maintient ces débats vivaces dans l’espace public.

Conclusion : entre liberté et responsabilité

Cette controverse autour d’un recueil médiéval illustre parfaitement les dilemmes de nos sociétés ouvertes. D’un côté, la liberté de diffuser des textes anciens fait partie du patrimoine intellectuel humain. De l’autre, leur accessibilité sans filtre peut contribuer à propager des idées dangereuses.

Le retrait partiel d’une plateforme et le succès fulgurant sur une autre montrent que ces questions ne se règlent pas par de simples mesures techniques. Elles exigent un débat serein sur l’éducation, l’interprétation des textes et les limites de la tolérance face à l’intolérance.

En définitive, cet épisode rappelle que la confrontation aux idées extrêmes, même héritées du passé, reste un défi permanent pour nos démocraties.


(Note : cet article vise à informer sur une polémique récente et ne prend position ni pour ni contre les textes évoqués. Il cherche uniquement à relater les faits et les débats qu’ils suscitent.)

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