C’est une onde de choc qui traverse actuellement le milieu de l’équitation. La Fédération équestre internationale (FEI) vient d’annoncer la suspension pour un an de Charlotte Dujardin, l’une des plus grandes cavalières de l’histoire, triple championne olympique de dressage. Son tort ? Avoir « fouetté excessivement » un cheval lors d’une séance d’entraînement filmée il y a quatre ans. Un acte de maltraitance isolé mais qui pourrait bien ternir durablement sa brillante carrière.
Une vidéo accablante fournie par un mystérieux lanceur d’alerte
Tout a commencé le 22 juillet dernier quand la FEI a reçu une vidéo compromettante, transmise par un avocat représentant un plaignant anonyme. Sur ces images, on y voit distinctement Charlotte Dujardin en train de « fouetter excessivement » un cheval lors d’une séance en 2020, dans une écurie privée. Face à ces preuves accablantes, la cavalière de 39 ans est immédiatement suspendue à titre provisoire, en attendant les conclusions de l’enquête de la fédération.
Ce qui s’est passé ne me correspond pas et ne reflète pas la façon dont j’entraîne mes chevaux ou dont j’entraîne mes élèves, mais il n’y a pas d’excuse. J’ai profondément honte et j’aurais dû donner un meilleur exemple à ce moment-là.
Charlotte Dujardin, dans un communiqué
Vers une retraite anticipée pour la reine du dressage ?
Consciente de la gravité de son geste, même ponctuel, Charlotte Dujardin prend les devants dès sa suspension provisoire. Redoutant une sanction exemplaire à moins d’un an des JO de Paris, où elle pouvait prétendre au titre de sportive britannique la plus décorée de l’histoire, elle annonce immédiatement son retrait de la compétition. Le rêve de décrocher un 7ème podium olympique s’envole. À 39 ans, la reine du dressage pourrait ainsi être contrainte à une retraite anticipée.
Sanction définitive : un an de suspension et 10 000€ d’amende
Au terme de son enquête, la FEI a finalement tranché et fixé la sanction de Charlotte Dujardin : un an de suspension, soit jusqu’au 23 juillet 2025, ainsi qu’une amende de 10 000 francs suisses (environ 10 700€). Un verdict sévère pour un acte certes condamnable mais isolé dans sa carrière. Dujardin, qui a pleinement coopéré avec les instances, n’a en effet fait l’objet d’aucune autre plainte pour maltraitance. Certains y voient une sanction avant tout exemplaire et dissuasive.
L’équitation, un sport sous surveillance
Cette affaire remet une nouvelle fois en lumière la question sensible du bien-être animal dans les sports équestres. Ces dernières années, les autorités équestres et olympiques ont considérablement durci leur position face aux soupçons de maltraitance. Un contrôle renforcé qui s’inscrit dans un contexte de pression croissante des associations de défense des animaux, certaines réclamant même la suppression pure et simple des épreuves équestres aux JO. L’équitation, sport qui ne se pratique qu’en symbiose avec l’animal, se retrouve plus que jamais sous haute surveillance.
En attendant, c’est une immense championne qui se voit brutalement stoppée dans son époustouflante trajectoire. Une sortie par la petite porte pour celle qui a régné pendant plus d’une décennie sur le dressage mondial, décrochant les titres olympiques en 2012 et 2016. Même si ce geste condamnable ne doit pas faire oublier sa fabuleuse carrière et ses trois médailles d’or, deux d’argent et une de bronze glanées sous les anneaux. L’histoire retiendra qu’elle aura fini par se brûler les ailes, rattrapée in extremis par ce sport qu’elle a façonné et qui entend désormais se racheter une conduite exemplaire. Quitte à sanctionner ses plus illustres ambassadeurs.