Quand un réalisateur rencontre une actrice, cela peut donner naissance à des étincelles. C’est le cas de l’alchimie qui unit Guillaume Nicloux à Sandrine Kiberlain pour son nouveau film biographique Sarah Bernhardt, la Divine. Il faut dire que l’actrice, révélée par Les Patriotes d’Éric Rochant en 1994, n’a cessé depuis d’éblouir par la justesse et la puissance de son jeu, du drame intimiste au film choral. Avec ce rôle de la légendaire tragédienne, elle s’offre un écrin à sa démesure.
Sandrine Kiberlain, de la fraîcheur à la maturité
En près de trente ans de carrière, Sandrine Kiberlain a su se réinventer sans cesse, passant avec aisance de la comédie romantique (Mademoiselle Chambon) au film social (En guerre), du film d’auteur exigeant (Violette) à l’humour absurde et poétique façon Podalydès (Adieu Berthe). Une agilité qui force le respect, tout en préservant son capital sympathie auprès du public. Son César de la meilleure actrice pour 9 mois ferme en 2014 a marqué la reconnaissance de ce talent protéiforme.
L’évidence d’un rôle
Pourtant, en découvrant le scénario de Sarah Bernhardt, la Divine, Sandrine Kiberlain a eu un coup de cœur immédiat. Comme une évidence. Elle confie :
Pour moi, son nom évoquait une personnalité un peu poussiéreuse mais grandiose, une tragédienne dotée d’un vibrato sans fin. En me sentant capable de porter un rôle avec une palette aussi large, Guillaume m’a donné confiance.
Un enthousiasme partagé par le réalisateur, qui ne voyait qu’elle pour incarner la flamboyante Sarah Bernhardt, véritable monstre sacré du théâtre de la Belle Époque, adulée dans le monde entier. Une icône dont la fantaisie, la fougue et les excès ne pouvaient que stimuler le jeu tout en nuances de Sandrine Kiberlain.
Un duo complice
La complicité entre Sandrine Kiberlain et Guillaume Nicloux a fait le reste. Soutenue par son partenaire Laurent Lafitte, l’actrice a pu laisser libre cours à son inventivité pour redonner vie à la légende. De sa voix à son rire en passant par sa gestuelle, elle s’est approprié le personnage, faisant corps avec lui.
Une performance d’autant plus admirable que le film se concentre sur deux épisodes clés de la vie de la diva : sa consécration en 1896 et la perte de sa jambe en 1915. Deux moments de vérité, où se révèlent à la fois son génie et sa fragilité, sa démesure et son humanité. Un véritable défi pour une actrice, relevé haut la main par Sandrine Kiberlain.
Vers un nouveau César ?
Époustouflante de vérité et d’intensité, Sandrine Kiberlain signe avec ce rôle une interprétation magistrale qui pourrait bien lui valoir une nouvelle statuette. Même si la modestie légendaire de l’actrice l’empêche de se projeter, nul doute que son incarnation de la Divine fera date. Et prouvera une fois encore l’étendue de son talent.
Alors que le film sortira prochainement sur les écrans, la critique est déjà conquise. Pour Sandrine Kiberlain, ce rôle marque une étape clé dans une filmographie déjà riche et éclectique. En se glissant dans les fastes et les tourments d’une autre époque, elle prouve sa capacité à se métamorphoser, à surprendre encore et toujours. Une actrice qui, décidément, n’a pas fini de nous éblouir.
Une influence durable
Au-delà de la prouesse d’actrice, ce film devrait contribuer à raviver la mémoire de Sarah Bernhardt, cette figure fascinante et pionnière qui a posé les bases du vedettariat moderne. À travers le talent et la sensibilité de Sandrine Kiberlain, c’est toute une époque qui ressurgit, avec ses audaces, ses excès, sa créativité bouillonnante.
Un bel hommage en somme, porté par une actrice au sommet de son art. Et un film qui s’annonce d’ores et déjà comme l’un des événements cinématographiques de l’année. Sandrine Kiberlain y trouvera sans nul doute l’un des rôles les plus marquants de sa carrière. Celui qui consacre définitivement son statut de grande actrice, dans la lignée de ses glorieuses aînées.