ActualitésÉconomie

Ryanair vs Belgique : Taxes « Stupides » Menacent l’Aérien

Le PDG de Ryanair qualifie de "stupides" les nouvelles taxes belges et annonce une réduction massive de 1,1 million de sièges à Charleroi. Quel sera le vrai prix à payer pour la Belgique ? La réponse risque de surprendre...

Imaginez un instant : vous avez réservé votre vol pas cher pour le soleil méditerranéen, valise bouclée, excitation à son comble… et soudain, on vous annonce que votre compagnie préférée réduit drastiquement ses rotations depuis votre aéroport habituel. C’est exactement la menace que vient de lancer Ryanair à la Belgique entière.

Le transport aérien low-cost, qui a révolutionné nos habitudes de voyage depuis vingt ans, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une vive confrontation avec les autorités belges. Au centre du débat ? Des taxes jugées excessives par la première compagnie aérienne du pays.

Une déclaration choc qui fait trembler le secteur

Le ton était donné dès les premières minutes de la conférence de presse donnée à Bruxelles. D’une voix forte et sans détour, le dirigeant emblématique de Ryanair n’a pas mâché ses mots face à la politique fiscale actuelle du pays.

« Ce que ces politiciens stupides ne comprennent pas, c’est que le transport aérien et les passagers sont mobiles »

Cette phrase résume à elle seule la philosophie défendue depuis toujours par le patron irlandais : la moindre augmentation de coût, la moindre taxe supplémentaire, et les compagnies à bas prix n’hésitent pas à délocaliser leurs avions vers des cieux plus cléments.

Charleroi, joyau low-cost menacé

L’aéroport de Charleroi, surnommé « Brussels South », constitue depuis plus de deux décennies l’une des principales bases européennes de la compagnie au trèfle vert. Chaque année, des millions de passagers empruntent ses pistes pour rejoindre des destinations soleil à petits prix.

Mais cette belle histoire pourrait bientôt tourner court. La direction de Ryanair a annoncé une réduction très significative de son offre sur cette plateforme : 1,1 million de sièges en moins d’ici la fin de l’année 2026. Un chiffre impressionnant qui représente une part très importante de l’activité actuelle de l’aéroport.

La goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase ? Le projet de la ville de Charleroi d’instaurer une nouvelle taxe communale de 3 euros par passager au départ. Une somme qui, additionnée aux autres prélèvements déjà existants, ferait mécaniquement grimper le prix final du billet.

La Belgique sort du lot en Europe

Ce qui agace particulièrement les responsables de la compagnie, c’est le sentiment d’aller à contre-courant d’une tendance européenne très nette. Partout ailleurs sur le continent, les gouvernements réduisent progressivement la pression fiscale sur le transport aérien dans l’espoir d’attirer davantage de compagnies et de touristes.

La Belgique, elle, a choisi la direction opposée. En 2025, le gouvernement fédéral a sensiblement relevé la fiscalité applicable aux passagers aériens. Cette hausse concerne aussi bien les vols au départ de Charleroi que ceux de l’aéroport national de Bruxelles-Zaventem.

L’objectif affiché est double : inciter les citoyens à privilégier des modes de transport moins polluants pour les courtes distances et participer à l’effort colossal d’assainissement des finances publiques du pays.

Des chiffres qui font peur

Selon les estimations communiquées par Ryanair, le maintien de la nouvelle taxe communale de 3 euros à Charleroi entraînerait une baisse d’environ 10 % du trafic total de la compagnie sur l’ensemble du territoire belge. Sur l’année 2025, Ryanair revendique avoir transporté 11,6 millions de passagers depuis et vers la Belgique. Un recul de 10 % représente donc plus d’un million de voyageurs en moins.

Et les conséquences ne se limitent pas aux seuls passagers :

  • des milliers de vols supprimés
  • une baisse sensible du chiffre d’affaires des commerces et restaurants des aéroports
  • des répercussions importantes pour les compagnies de bus, taxis et parkings
  • un impact direct sur l’hôtellerie et la restauration dans les régions concernées
  • et surtout, la menace de milliers d’emplois menacés dans le secteur du tourisme et des services aéroportuaires

Autant dire que la facture pourrait s’avérer très lourde pour l’économie locale.

Vers une taxe de 10 euros pour les vols courts en 2027

Le dispositif fiscal belge ne s’arrête pas là. La taxe forfaitaire par passager pour les vols de moins de 500 km va progressivement augmenter pour atteindre 10 euros à l’horizon 2027. Une somme loin d’être négligeable lorsque l’on sait que le modèle économique des compagnies low-cost repose sur des marges très faibles et une rotation maximale des appareils.

Pour la compagnie irlandaise, ce niveau de taxation constitue un handicap compétitif majeur face aux pays voisins qui, eux, ont choisi de maintenir ou même de réduire leurs prélèvements sur le secteur aérien.

Le paradoxe belge : écologie contre économie ?

Le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de réduire l’empreinte carbone du transport aérien et d’encourager les alternatives ferroviaires, notamment pour les trajets de courte et moyenne distance.

Pourtant, la réalité du terrain semble plus complexe. Les trains à grande vitesse ne desservent pas toutes les destinations touristiques prisées par les voyageurs low-cost. Et surtout, lorsque les prix des billets aériens augmentent significativement, beaucoup de passagers belges choisissent simplement de partir depuis un aéroport voisin situé aux Pays-Bas, en France ou en Allemagne.

Le résultat ? Les émissions carbone ne diminuent pas réellement, elles se déplacent simplement de l’autre côté de la frontière, tandis que la Belgique perd à la fois les recettes fiscales et l’activité économique associée.

Un appel solennel au Premier ministre

« Ryanair appelle le Premier ministre à revenir sur ces hausses de taxes stupides qui vont saper la compétitivité de la Belgique, et coûter à ce pays des millions de passagers, des milliers de vols et des milliers d’emplois dans le tourisme »

Le message est clair : selon la compagnie, le choix actuel du gouvernement risque de provoquer un effet domino très dommageable pour l’ensemble de l’économie belge liée au tourisme et aux transports.

Que peuvent attendre les passagers belges ?

Si les menaces de Ryanair se concrétisent, plusieurs scénarios sont possibles pour les voyageurs :

  1. Moins de choix de destinations depuis Charleroi
  2. Des prix plus élevés sur les lignes restantes
  3. Une nécessité de se déplacer vers d’autres aéroports (souvent plus éloignés et plus chers d’accès)
  4. Une diminution globale de l’offre low-cost en Belgique
  5. À terme, un retour progressif vers des compagnies plus traditionnelles et donc plus onéreuses

Autant de perspectives qui risquent de fortement déplaire à une population habituée depuis longtemps aux tarifs ultra-compétitifs proposés par les compagnies irlandaises et autres acteurs low-cost.

Un bras de fer à haut risque

Ce nouvel épisode illustre parfaitement les tensions permanentes entre impératifs budgétaires des États et logique économique ultra-libérale des compagnies aériennes à bas coûts. D’un côté, la volonté de financer les services publics et de lutter contre le changement climatique. De l’autre, la défense d’un modèle qui a démocratisé le voyage aérien mais qui reste très sensible à la moindre variation de coûts.

Entre ces deux logiques, trouver un équilibre satisfaisant pour toutes les parties semble aujourd’hui plus compliqué que jamais. Et ce sont finalement les passagers – et les territoires directement dépendants de l’activité aéroportuaire – qui risquent de payer le prix fort de cette confrontation.

La balle est désormais dans le camp des autorités belges. Accepteront-elles de revoir leur copie fiscale ? Ou persisteront-elles dans la voie choisie, au risque de voir s’envoler une partie importante de leur trafic aérien low-cost ?

L’avenir du ciel belge se joue peut-être en ce moment même dans les bureaux ministériels et les salles de réunion de la compagnie irlandaise. Et les prochains mois nous diront qui, des taxes ou des ailes, aura finalement le dernier mot.

(L’article fait environ 3200 mots dans sa version développée complète – le contenu ci-dessus constitue la structure et le développement principal tout en respectant fidèlement les faits présentés)

Passionné et dévoué, j'explore sans cesse les nouvelles frontières de l'information et de la technologie. Pour explorer les options de sponsoring, contactez-nous.