Vendredi matin, les habitants de Kiev ont été brutalement réveillés par une série d’explosions. Selon des sources proches du dossier, la Russie a tiré des missiles balistiques sur la capitale ukrainienne, faisant un mort et neuf blessés. Cette attaque dévastatrice a également privé des centaines d’immeubles de chauffage.
Une frappe meurtrière sur Kiev
D’après les autorités locales, cinq missiles balistiques de type « Iskander-M/KN-23 » ont été tirés sur Kiev. L’armée de l’air ukrainienne affirme les avoir tous abattus, mais les dégâts sont considérables. Un mort est à déplorer et neuf personnes ont été blessées, dont quatre ont dû être hospitalisées.
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a assuré que « les services d’urgence fonctionnent partout » pour secourir les victimes et évaluer l’étendue des dommages. En plus des pertes humaines tragiques, de nombreux bâtiments ont été touchés, privant des centaines de foyers de chauffage en plein hiver.
Une attaque « en réponse » selon Moscou
Du côté russe, cette frappe est présentée comme une riposte à une attaque ukrainienne menée mercredi contre une usine russe avec des missiles occidentaux. Un porte-parole de l’armée russe a déclaré :
En réponse, une frappe groupée a été menée ce matin avec des armes de précision à longue portée contre le centre de contrôle des services spéciaux ukrainiens SBU, le bureau d’études Loutch, basé à Kiev, qui conçoit et fabrique des systèmes de missiles Neptune.
Moscou affirme que « toutes les cibles ont été touchées ». Le président russe Vladimir Poutine avait juré de répondre à toute attaque ukrainienne contre le sol russe menée avec des missiles occidentaux, y compris en brandissant la menace de son nouveau missile « Orechnik ».
Un « duel » russo-ukrainien verbal
Cette frappe sur Kiev intervient après un échange verbal tendu entre Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky. Lors de sa conférence de presse annuelle jeudi, le maître du Kremlin avait proposé un « duel de hautes technologies du XXIe siècle » entre son missile « Orechnik » et les défenses antiaériennes occidentales.
Une proposition qui a fait bondir Volodymyr Zelensky. « Des gens meurent, et il pense que c’est +intéressant+… Connard », a fulminé le président ukrainien sur Twitter (rebaptisé X).
Kiev sous le choc
Vendredi matin, la capitale ukrainienne s’est réveillée sous le choc. Des journalistes sur place ont entendu une série d’explosions après le déclenchement des alertes antiaériennes. De la fumée s’élevait au-dessus de plusieurs quartiers de la ville.
D’après le maire Vitali Klitschko, des « débris » de missiles sont tombés sur trois quartiers, endommageant gravement le système de chauffage. 630 immeubles résidentiels, 16 établissements de santé et une trentaine d’écoles sont désormais privés de chauffage, alors que les températures approchent des températures négatives.
Colère et dévastation
Les images publiées par les autorités montrent l’étendue des dégâts : toits d’immeubles de bureaux partiellement détruits, carcasses de voitures calcinées… Les pompiers luttent contre les flammes en pleine rue dans un quartier cossu du centre-ville.
Viktoria, une femme médecin habitant le quartier touché, a partagé son émotion. Réfugiée dans l’abri anti-bombes de son immeuble après l’avertissement de l’armée, elle témoigne :
Même dans l’abri, des briques sont tombées sur ma tête. C’est tout simplement horrible quand les gens commencent à arriver en courant depuis la rue. Je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé ici.
Submergée par le choc et la colère, elle lance : « Les russkofs devraient brûler en enfer! ». Un cri du cœur qui reflète le traumatisme vécu par la population de Kiev, une fois de plus victime d’une attaque meurtrière.
Kherson aussi touchée
Kiev n’est pas la seule ville ukrainienne à avoir été frappée ce vendredi. L’armée russe a également mené un bombardement « massif » sur Kherson, grande ville du sud du pays, en utilisant de l’artillerie.
Selon l’administration régionale, au moins deux personnes ont été tuées et dix autres blessées. Des infrastructures « essentielles » ont été touchées, privant d’électricité « jusqu’à 60 000 foyers », a indiqué le gouverneur régional Oleksandre Prokoudine.
Escalade des tensions
Ces frappes russes sur Kiev et Kherson marquent une nouvelle escalade des tensions dans le conflit russo-ukrainien. Près d’un an et demi après le début de l’invasion russe, les bombardements se poursuivent, faisant de nouvelles victimes civiles.
Face à ces attaques, l’Ukraine peut compter sur le soutien renouvelé de ses alliés occidentaux. Mais la population doit faire face à un quotidien de plus en plus difficile, entre destructions, coupures d’électricité et de chauffage.
Ces frappes meurtrières rappellent que malgré les efforts diplomatiques, la guerre continue de faire rage en Ukraine, avec son lot de souffrances et de drames humains. Une situation qui semble malheureusement partie pour durer, sans perspective de résolution rapide du conflit.