La première dame brésilienne Rosangela « Janja » Da Silva a créé la stupeur lors du G20 Social qui s’est tenu samedi à Rio de Janeiro. Pendant son intervention sur la désinformation lors d’un atelier, elle s’en est prise violemment à Elon Musk, le sulfureux propriétaire de Twitter, en lui lançant un tonitruant « Fuck you, Elon Musk ! » qui a laissé l’assemblée pantoise.
Une saillie inattendue qui en dit long sur les tensions
Cet éclat pour le moins inattendu de la part d’une première dame, qui plus est lors d’un événement officiel comme le G20, témoigne de la dégradation des relations entre le gouvernement brésilien et le milliardaire américain. Mme Da Silva, épouse du président Lula, a clairement affiché son hostilité envers celui qu’elle voit comme une menace pour la démocratie brésilienne.
Twitter, champ de bataille politique au Brésil
Depuis son rachat par Elon Musk fin 2022, Twitter (rebaptisé X) est devenu un véritable champ de bataille politique au Brésil. La plateforme, très utilisée dans le pays avec plus de 20 millions d’utilisateurs, a été accusée de favoriser la désinformation et les théories complotistes, notamment de la part des partisans de l’ex-président d’extrême droite Jair Bolsonaro.
Un bras de fer judiciaire entre Musk et les autorités brésiliennes
Face à cette situation, la justice brésilienne, par la voix du juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, a ordonné à plusieurs reprises le blocage de Twitter pour non-respect de la législation sur les contenus haineux et la désinformation. Un bras de fer qui a duré plusieurs mois, Elon Musk accusant le magistrat d’être un « dictateur » pratiquant la « censure ». Twitter a finalement dû se plier aux injonctions en supprimant de nombreux comptes et en nommant un représentant légal dans le pays.
Ils vont perdre la prochaine élection.
Elon Musk, en réponse à l’attaque de Rosangela Da Silva
Un incident qui risque d’envenimer les relations diplomatiques
Si Elon Musk a réagi avec dérision sur son propre réseau social, estimant que cet incident allait coûter les prochaines élections au clan Lula, cet épisode risque néanmoins de compliquer encore un peu plus les relations entre le Brésil et les États-Unis. En nommant le milliardaire à la tête d’une commission sur l’efficacité gouvernementale, le président Donald Trump lui a en effet conféré un statut quasi-officiel.
Une maladresse regrettable pour le gouvernement Lula ?
De leur côté, les partisans de Jair Bolsonaro ont sauté sur l’occasion pour fustiger l’attitude de la première dame, y voyant le signe d’une « incitation à la haine » de la part du pouvoir en place. Même dans le camp présidentiel, certaines voix se sont élevées en coulisses pour regretter cette sortie, craignant des retombées négatives sur le plan diplomatique et économique, comme le rapporte une source proche du Palais présidentiel.
- Un « Fuck you » qui fait grand bruit et crée la polémique
- Twitter/X, un réseau social très influent et clivant au Brésil
- Des relations de plus en plus tendues entre Musk et le gouvernement brésilien
- Des conséquences diplomatiques potentiellement lourdes
Cet incident en apparence anodin pourrait donc avoir des répercussions plus larges qu’il n’y paraît. Il cristallise en tout cas le dilemme des réseaux sociaux : espace de liberté d’expression ou vecteur de désinformation massive ? Une question brûlante au Brésil comme dans de nombreuses démocraties malmenées par les tensions et la radicalisation.