Vendredi soir dernier, lors de la première journée de Champions Cup, le manager du Stade Rochelais Ronan O’Gara a laissé parler son tempérament volcanique sur le banc de touche. Installé au milieu des tribunes du Recreation Ground de Bath, le bouillant Irlandais n’a pas hésité à ponctuer ses consignes de quelques jurons bien sentis, ce qui n’a pas manqué de choquer certains supporteurs anglais assis à proximité.
Malgré un succès étriqué mais crucial de son équipe (20-24), Ronan O’Gara a donc dû faire profil bas après la rencontre et s’excuser pour son langage indélicat. « Ils se sont plaints parce que le langage de notre staff n’était pas approprié, a-t-il reconnu. J’étais dans ma bulle. Si mes paroles n’étaient pas appropriées, je m’en excuse. »
Un tempérament de feu difficile à contenir
L’ancien demi d’ouverture du Munster et du XV du Trèfle est réputé pour son caractère bien trempé. Depuis le début de sa reconversion sur les bancs de touche, il a souvent fait parler de lui pour ses coups de gueule et ses déclarations au vitriol. Un tempérament explosif qu’il a parfois du mal à contenir dans le feu de l’action.
Parfois, on perd un peu le contrôle, mais honnêtement, c’était une soirée assez calme pour moi…
Ronan O’Gara
Signe que les habitudes ont la vie dure, l’intéressé a lui-même admis qu’il s’agissait pourtant « d’une soirée assez calme » selon ses propres standards. On imagine donc sans peine que ses débordements verbaux peuvent atteindre des sommets lorsqu’il est vraiment sous pression !
Un défi de tous les instants
Depuis qu’il a pris les rênes du Stade Rochelais en 2019, Ronan O’Gara tente de conjuguer sa passion et son exigence avec davantage de retenue dans son attitude. Un véritable défi pour ce compétiteur dans l’âme qui vit chaque match intensément.
L’an dernier, après le formidable doublé Champions Cup-Top 14 réalisé par ses troupes, il avouait d’ailleurs avoir mûri dans sa communication :
J’ai beaucoup appris sur moi-même. Je reste entier et naturel mais j’arrive davantage à me contrôler. C’est un équilibre à trouver. Je veux être fidèle à mes valeurs et mes émotions tout en adoptant une attitude plus posée.
Ronan O’Gara, juin 2022
Son mauvais anglais, autre source de malentendus
L’irlandais tente aussi de faire des efforts avec la langue de Shakespeare, lui qui a reconnu par le passé « massacrer la langue anglaise quand je suis énervé ». Un handicap qui peut parfois aggraver ses écarts de langage et compliquer sa relation avec le public et les médias.
Conscient de ses lacunes, il s’est récemment engagé à progresser :
Je vais prendre des cours d’anglais trois fois par semaine cet été. C’est important d’être bien compris de tous. Je veux continuer à m’améliorer dans ma communication.
Nul doute qu’à l’avenir, les « F*** » et les « F****** » qui émaillent son discours seront mieux tolérés s’ils sont prononcés dans un anglais plus châtié. Les supporters de Bath apprécieront sûrement !