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Robinhood : Chute de 38 % des Revenus Crypto au T4

Les revenus crypto de Robinhood ont chuté brutalement de 38 % au dernier trimestre, plombés par un marché crypto morose. Le titre a plongé en after-hours… mais une autre activité explose en 2026. Laquelle ?

Imaginez une plateforme qui a démocratisé le trading pour des millions de jeunes investisseurs, devenue presque synonyme de l’essor crypto de 2020-2021. Aujourd’hui, cette même entreprise publie des résultats trimestriels qui font grincer des dents les actionnaires les plus fidèles. La chute de 38 % des revenus issus des cryptomonnaies au quatrième trimestre n’est pas seulement un chiffre : c’est le symptôme d’un marché qui refuse obstinément de repartir.

Pourtant, derrière cette mauvaise nouvelle se cache une transformation silencieuse mais profonde. Tandis que les volumes crypto s’effritent, d’autres moteurs de croissance tournent à plein régime. La question que tout le monde se pose est simple : Robinhood peut-il vraiment s’affranchir de sa dépendance historique aux cryptos sans perdre son ADN de plateforme audacieuse et accessible ?

Un quatrième trimestre sous tension pour Robinhood

Les chiffres publiés récemment ont surpris les observateurs les plus optimistes. Le chiffre d’affaires total du quatrième trimestre s’est établi aux alentours de 1,28 milliard de dollars, en hausse de 27 % sur un an, mais en deçà des attentes des analystes qui tablaient plutôt sur 1,32 à 1,35 milliard. Une différence qui peut paraître modeste… jusqu’à ce qu’elle fasse plonger le cours en séance après-bourse de 7 à 8 %.

Ce décalage s’explique principalement par deux leviers traditionnellement très puissants chez Robinhood : les cryptomonnaies et les options. Les deux ont déçu. Mais c’est surtout le premier qui inquiète, car il révèle une tendance de fond plus préoccupante.

Crypto : -38 % en un an, la fin d’une ère ?

Les revenus générés par le trading de cryptomonnaies ont fondu de 38 % pour atteindre environ 221 millions de dollars, loin des 248 millions anticipés par le consensus. Ce plongeon n’est pas isolé : il s’inscrit dans une normalisation progressive de la contribution des actifs numériques au chiffre d’affaires global de la plateforme.

Il y a encore deux ans, les cryptos pouvaient représenter plus de 20 % des revenus totaux lors des périodes d’euphorie. Aujourd’hui, elles tendent vers une part structurelle proche de 10 %. Cette diminution progressive n’est pas forcément une mauvaise nouvelle en soi : elle signifie que Robinhood devient moins otage des cycles violents du marché crypto.

« Même un hiver crypto comparable à celui de 2022-2023, avec une chute de 50 % des volumes, ne ferait désormais baisser le résultat global que d’environ 10 %. C’est douloureux, mais gérable. »

Cette phrase résume bien la nouvelle philosophie stratégique : réduire la sensibilité aux soubresauts du Bitcoin et de ses cousins numériques tout en conservant une exposition suffisante pour profiter des prochaines vagues haussières.

Bitcoin et Ethereum toujours en difficulté

Le contexte macro n’aide pas. Bitcoin oscille autour de 66 500 $, Ethereum sous les 2 000 $ et Solana dans une zone de 80 $ marquée par une volatilité élevée mais sans réelle direction haussière soutenue. Les volumes 24 heures restent corrects (42 milliards pour BTC, 20-21 milliards pour ETH), mais ils traduisent surtout une forme de digestion après les sommets de l’automne précédent.

Les investisseurs retail, cœur de cible historique de Robinhood, semblent avoir ralenti leur rythme d’achat. La peur d’un nouveau bear market prolongé, combinée à des taux d’intérêt toujours élevés et à une aversion au risque généralisée, explique en grande partie ce repli.

Les options : le véritable moteur caché

Pendant que les cryptos toussaient, les options ont continué de battre des records. Les revenus liés au trading d’options ont atteint environ 314 millions de dollars au T4, là encore en léger retrait par rapport aux attentes, mais avec des volumes qui restent historiquement très élevés en ce début d’année 2026.

Robinhood est devenue l’une des plateformes préférées des traders retail d’options grâce à une interface fluide, zéro commission et surtout un flux d’ordres très liquide. Ce segment est désormais considéré par beaucoup d’analystes comme le vrai cœur de métier de la société.

Les volumes d’options enregistrés depuis janvier 2026 sont décrits comme « records » par plusieurs sources proches du dossier. Ce dynamisme contraste fortement avec la léthargie du marché crypto et constitue le principal argument haussier des analystes qui maintiennent leur avis positif malgré la déception du T4.

La montée en puissance des marchés de prédiction

Autre axe stratégique majeur mis en avant par la direction : les marchés de prédiction et les contrats sur événements. Paris sportifs, résultats électoraux, indicateurs macroéconomiques… tous ces thèmes attirent une nouvelle vague de traders à la recherche de paris non corrélés aux actifs traditionnels.

La direction parle ouvertement d’un « super-cycle des marchés de prédiction ». L’idée est séduisante : offrir aux utilisateurs une exposition à des événements du monde réel tout en générant des frais de transaction très similaires à ceux du trading classique.

Ce pivot stratégique vise à diversifier les sources de revenus et à diminuer la dépendance aux cycles crypto. Si cette catégorie décolle réellement, elle pourrait devenir un troisième pilier aussi important que les options et les cryptos à leur apogée.

Une valorisation qui pose question

Malgré ces éléments rassurants, le titre reste cher. Après avoir perdu environ 40 % depuis son pic d’octobre, il continue de s’échanger à un multiple élevé par rapport à ses bénéfices et à ses flux de trésorerie. Pour beaucoup d’observateurs, la sanction boursière du jour est logique : une action qui se paie cher ne pardonne pas facilement un miss sur le chiffre d’affaires.

Cela dit, plusieurs maisons de courtage maintiennent un avis positif. Elles mettent en avant la diversification croissante, une gestion jugée plus efficace qu’autrefois et surtout la capacité à capter le flux retail sur plusieurs classes d’actifs à la fois.

Que retenir pour les investisseurs et les utilisateurs ?

Pour les traders qui utilisent Robinhood au quotidien, le message est clair : la plateforme ne va pas disparaître du paysage crypto, mais elle ne sera plus le vecteur principal d’exposition pour beaucoup d’entre eux. Les spreads et la liquidité restent compétitifs, mais l’excitation des années folles 2020-2021 semble révolue.

Pour les actionnaires, la période actuelle est délicate. Le titre reste très sensible aux flux d’actualités et aux résultats trimestriels. Tant que les volumes crypto ne reprendront pas durablement, chaque publication comportera son lot de volatilité.

  • Les cryptos ne représentent plus que ~10 % du mix revenus (contre >20 % auparavant)
  • Les options sont devenues le principal moteur de croissance
  • Les marchés de prédiction pourraient devenir un troisième pilier majeur
  • La sensibilité globale aux cycles crypto a fortement diminué
  • La valorisation reste élevée malgré le repli récent

Cette évolution est à double tranchant : elle rend Robinhood plus résiliente aux crises crypto, mais elle la prive aussi d’une partie du potentiel explosif qui faisait rêver les investisseurs il y a quelques années.

Vers un modèle hybride plus mature

Robinhood n’est plus seulement « l’application crypto pour millennials ». Elle est en train de devenir une plateforme multi-actifs qui mise sur l’expérience utilisateur simplifiée et sur la capture de flux retail dans des univers très différents : options complexes, contrats d’événements, cryptos, actions fractionnées, etc.

Cette maturité forcée par le marché est-elle une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Tout dépend de la perspective. Pour ceux qui cherchaient un pur play crypto à effet de levier, Robinhood perd de son intérêt spéculatif. Pour ceux qui veulent une application capable de suivre l’appétit pour le risque sous toutes ses formes, elle devient au contraire plus pertinente que jamais.

Le chemin reste long et semé d’embûches. Mais une chose est sûre : l’entreprise ne compte pas se contenter de subir passivement les cycles du Bitcoin. Elle cherche activement à redéfinir sa place dans l’écosystème financier retail. Reste à savoir si Wall Street lui accordera le temps et la patience nécessaires pour y parvenir.

Le prochain trimestre sera scruté avec encore plus d’attention. La capacité à maintenir des volumes d’options records tout en faisant décoller les marchés de prédiction constituera le véritable test de crédibilité de cette nouvelle stratégie. En attendant, les cryptos continuent de faire grise mine… et Robinhood apprend à vivre sans elles.

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