La précarité croissante des retraités russes face à l’inflation persistante
Depuis plusieurs années, l’économie russe traverse une période marquée par des bouleversements profonds. Les dépenses massives liées au conflit en cours ont permis d’éviter un effondrement total, mais elles ont aussi généré une pression inflationniste qui pèse lourdement sur les ménages, en particulier les plus vulnérables. Les retraités, dont les pensions fixes ne suivent pas toujours le rythme des hausses de prix, se retrouvent en première ligne de cette crise silencieuse.
Dans une soupe populaire de la deuxième ville du pays, l’affluence ne cesse d’augmenter. Des retraités y viennent non seulement pour un repas, mais pour deux, parfois trois par jour. L’endroit est devenu un refuge essentiel, où la solidarité se mêle à la nécessité. L’ambiance joyeuse contraste avec la dureté des circonstances qui poussent ces personnes à franchir la porte jour après jour.
Témoignages poignants de retraités en difficulté
Une ancienne ingénieure de 77 ans raconte sans détour sa situation quotidienne. Elle explique qu’elle n’a plus mis les pieds dans un supermarché depuis trois longues années. L’argent manque cruellement, rendant inutile toute tentative d’achat. Sa voix reste résolue, mais le poids des années et des privations transparaît.
Je ne suis pas allée dans un magasin depuis trois ans parce que je n’ai pas d’argent. Ça ne sert à rien d’y aller.
Une ancienne pédiatre du même âge partage un constat similaire. Sa pension mensuelle s’élève à environ 26 400 roubles, soit à peu près 290 euros. Avec cette somme, elle couvre à grand-peine les factures essentielles et les médicaments indispensables. Il ne reste presque rien pour l’alimentation ou les imprévus. Elle attribue en partie cette hausse à la récente augmentation de la TVA.
Les problèmes de santé aggravent la situation. À cet âge, les pathologies chroniques sont courantes, et les traitements onéreux. « On a juste assez pour payer les factures et les médicaments. Il ne reste presque rien pour autre chose », confie-t-elle avec une pointe d’amertume.
Une ancienne chirurgienne confrontée aux choix impossibles
Une retraitée de 66 ans, ancienne chirurgienne, décrit le dilemme permanent. Malgré une carrière dédiée aux autres, elle peine aujourd’hui à boucler ses fins de mois. Chaque visite à la pharmacie devient un calcul douloureux, où le choix entre médicaments et repas se pose cruellement.
Quand vous allez à la pharmacie, vous commencez à vous demander si vous pourrez acheter quelque chose pour le déjeuner.
Ces récits personnels illustrent un drame collectif. Les pensions, même ajustées, ne compensent pas l’érosion rapide du pouvoir d’achat. Les retraités, piliers d’une génération qui a connu d’autres époques, se voient contraints à une dépendance nouvelle.
L’explosion des prix depuis le début du conflit
Le coût de la vie a explosé dans les grandes villes russes au cours des quatre années suivant 2022. Les prix ont augmenté de près de 45 % cumulés, sur fond de dépenses publiques exceptionnelles. Cette inflation touche particulièrement l’alimentation et les soins.
Bien que l’inflation ait ralenti en 2025 à environ 5,6 %, les effets cumulés persistent. La Banque centrale prévoit un retour à 4 % seulement en 2027. Entre-temps, les retraités subissent les conséquences immédiates.
Ralentissement économique et signes d’essoufflement
La croissance a chuté à 1 % en 2025, contre 4,3 % auparavant. Ce ralentissement marque les limites d’un modèle dopé par les dépenses militaires. Les taux d’intérêt élevés freinent l’inflation mais pèsent sur l’activité générale.
Pour les retraités, cela signifie moins de marge et plus de précarité. Certains acceptent la situation comme inévitable en temps de guerre, exprimant soutien aux soldats. D’autres ressentent surtout l’injustice de voir leur quotidien se dégrader.
Solidarité dans les soupes populaires
Ces lieux offrent repas, chaleur humaine et musique. Ils deviennent des espaces de résilience collective. Pourtant, leur affluence croissante alerte sur l’ampleur du problème. La charité compense temporairement, mais ne résout pas les causes profondes.
Les retraités russes font preuve d’une force remarquable. Leurs témoignages appellent à une prise de conscience plus large sur les coûts sociaux des crises prolongées. Leur dignité face à l’adversité reste intacte, malgré tout.
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