Imaginez une finale de Coupe d’Afrique des Nations qui commence comme un duel de titans et qui finit par ressembler à un scénario hollywoodien improbable. Le 18 janvier 2026, le stade flambant neuf du Maroc accueillait la dernière marche vers le sacre continental. D’un côté, les Lions de l’Atlas, portés par l’énergie d’un pays hôte en fusion. De l’autre, les Lions de la Teranga, armés d’une expérience et d’un mental d’acier. Ce qui s’est passé ce soir-là restera gravé dans les mémoires comme l’une des finales les plus folles et controversées de l’histoire récente du football africain.
Une finale sous le signe de l’intensité et des rebondissements
Dès le coup d’envoi, l’atmosphère était électrique. Le public marocain, acquis à la cause des Lions de l’Atlas, transformait chaque duel en véritable combat de gladiateurs. Les Sénégalais, eux, répondaient par une organisation défensive presque parfaite, attendant le bon moment pour placer leurs contres tranchants.
La première mi-temps fut un véritable bras de fer tactique. Peu d’occasions franches, beaucoup de percussion, d’engagement et de duels musclés. Les gardiens, tous deux très concentrés, n’ont quasiment pas été mis en danger. Le score était logique : 0-0 à la pause.
Le tournant de la seconde période
À la reprise, les Marocains décident d’accélérer. Le jeu devient plus vertical, plus agressif. Bilal El Khannouss, véritable métronome du milieu, commence à distiller des ballons d’une précision chirurgicale. À la 58e minute, il lance une flèche dans la profondeur qui oblige le gardien sénégalais à une parade exceptionnelle.
Face à cette montée en puissance, le sélectionneur sénégalais réagit rapidement. Premier changement : entrée de Mbaye, un dynamiteur de couloir connu pour ses accélérations foudroyantes. Quelques minutes plus tard, c’est au tour d’un autre joker de faire son apparition. L’entrée fait du bien, le bloc sénégalais respire à nouveau.
Le but refusé qui fait basculer les esprits
À la 72e minute, le tournant que personne n’attendait. Sur un centre millimétré, Boulaye Dia contrôle et frappe. Le ballon franchit la ligne… mais l’arbitre signale immédiatement une faute préalable. Les protestations sénégalaises sont vives, les images télévisées semblent pourtant donner raison aux Lions de la Teranga. Le but est refusé. La tension monte d’un cran.
« C’était un but valable, on le sait tous. Mais dans ces moments-là, il faut garder la tête froide. »
Un joueur sénégalais anonyme après la rencontre
Le match devient de plus en plus haché. Les fautes s’enchaînent, les cartons jaunes pleuvent. Les deux équipes se rendent coup pour coup, mais aucune ne parvient à faire la différence dans le temps réglementaire.
Le penalty VAR qui déclenche la tempête
À la 87e minute, le moment qui va faire basculer la finale. Diaz s’écroule dans la surface après un contact avec un défenseur marocain. L’arbitre laisse jouer… puis la VAR l’appelle. Après visionnage, penalty pour le Sénégal. Le stade explose, entre sifflets nourris et cris de joie.
Et là, se produit l’impensable. Dans un geste de protestation collective quasi historique, la quasi-totalité des joueurs sénégalais quittent la pelouse pour exprimer leur ras-le-bol face à l’arbitrage. Seul Sadio Mané reste planté au milieu du terrain, bras croisés, regard fixe vers le banc marocain. Une image forte, symbole d’une frustration accumulée.
« On ne peut pas accepter que l’arbitrage décide d’une finale de cette manière. On voulait montrer qu’on en avait marre. »
— Un membre du staff technique sénégalais
Après de longues minutes de confusion, les Sénégalais regagnent finalement le terrain. Mané, resté seul pendant tout ce temps, est ovationné par ses coéquipiers. Mais surprise : le tireur désigné pour le penalty refuse de le transformer. Le match se poursuit. Direction les prolongations.
Les prolongations : l’apothéose sénégalaise
Les trente minutes supplémentaires commencent sur un rythme effréné. Les deux équipes sont fatiguées mais donnent tout. À la 96e minute, Pape Gueye, entré en jeu en seconde période, réalise une action d’école : contrôle orienté, crochet, frappe enroulée… Le ballon termine sa course dans la lucarne. 1-0 pour le Sénégal !
Le but libère les Lions de la Teranga. Les Marocains poussent, créent plusieurs situations chaudes, mais le dernier rempart sénégalais sort des arrêts réflexes incroyables.
Le coup du sort pour les Lions de l’Atlas
Pire encore pour le Maroc : à la 103e minute, Igamane, déjà averti, commet une faute évitable. Deuxième carton jaune, expulsion. Le pays hôte termine la rencontre à dix. Le match est quasiment plié.
Malgré une dernière opportunité énorme à la 108e minute, les Marocains ne parviendront jamais à égaliser. Le coup de sifflet final retentit. Le Sénégal est champion d’Afrique pour la deuxième fois de son histoire.
La polémique enfle : le geste de Mané et l’abandon du terrain
Si le sacre sénégalais est mérité sur le terrain, l’après-match est dominé par une seule question : les Lions de la Teranga ont-ils risqué la victoire pour un geste symbolique ?
Les règlements de la Confédération Africaine de Football sont très clairs : quitter volontairement le terrain ou refuser de reprendre le jeu constitue une infraction majeure pouvant aller jusqu’au forfait. Dans ce cas précis, les joueurs ont quitté la pelouse pendant plusieurs minutes.
« Quitter le terrain lors d’une finale, même pour protester, est assimilé à un forfait selon nos textes. Nous étudions actuellement la situation. »
Extrait du règlement disciplinaire CAF
Le lendemain, le président de la FIFA n’a pas mâché ses mots. Dans un communiqué très ferme, il a condamné « le comportement de certains joueurs sénégalais et de membres du staff technique », qualifiant les scènes de « déplorables » et appelant à ce qu’elles « ne se reproduisent jamais ».
Ce que cette finale nous dit sur le football africain actuel
Au-delà de l’aspect purement sportif, cette finale restera comme un révélateur des tensions qui traversent le football africain contemporain : arbitrage sous pression, utilisation parfois contestée de la VAR, rapport de force entre pays organisateur et équipes invitées, gestion des émotions dans les moments extrêmes.
Elle pose aussi la question de la place des légendes. Sadio Mané, en restant seul sur la pelouse, a offert une image forte, presque mythique. Celle d’un capitaine qui refuse de plier, même face à l’adversité, même face à l’injustice perçue.
Les héros et les figures marquantes de cette finale
- Pape Gueye : l’homme du match avec son but magnifique en prolongation
- Sadio Mané : symbole de la révolte et de la résistance sénégalaise
- Bilal El Khannouss : le meilleur Marocain sur le plan technique
- Le gardien sénégalais : plusieurs parades décisives en fin de match
- L’arbitre central : au cœur de toutes les critiques et controverses
Chacun de ces acteurs aura sa place dans le récit de cette finale hors normes.
Et maintenant ? Vers une réforme de l’arbitrage en Afrique ?
Le débat est lancé. De nombreux observateurs appellent à une meilleure formation des arbitres africains, à une communication plus transparente sur l’utilisation de la VAR, et à une meilleure gestion des émotions collectives dans les moments-clés.
D’autres estiment au contraire qu’il faut durcir les sanctions envers les comportements collectifs de contestation qui mettent en danger l’intégrité même du match.
Une chose est sûre : cette finale CAN 2025 ne laissera personne indifférent. Elle continuera de faire parler d’elle pendant de très longs mois, voire des années.
Le football africain a montré une nouvelle fois qu’il savait produire du spectacle, de l’émotion brute et des moments historiques… parfois au prix d’une polémique géante.
Et vous, quel souvenir garderez-vous de cette finale Sénégal-Maroc ? Le sacre mérité des Lions de la Teranga ? L’action solitaire de Sadio Mané ? Le penalty fantôme ? Ou la victoire au forceps dans une ambiance de fin du monde ?
Une chose est certaine : le continent a vibré, et le football mondial n’oubliera pas de sitôt ce 18 janvier 2026.









