En marge du sommet du G20 qui se tient actuellement à Rio de Janeiro au Brésil, les ministres des Affaires étrangères chinois et russe, Wang Yi et Sergueï Lavrov, ont eu une rencontre bilatérale lundi. Au cœur de leurs discussions : la guerre en Ukraine et les tensions dans la péninsule coréenne, deux dossiers brûlants sur lesquels Pékin et Moscou tentent d’accorder leurs violons.
La Chine réaffirme son soutien stratégique à la Russie
Selon les informations rapportées par la télévision d’État chinoise CCTV, Wang Yi a déclaré lors de cette entrevue que « la Chine est disposée à travailler avec la partie russe pour renforcer encore la coopération et l’alignement stratégique ». Une manière pour Pékin de réaffirmer son soutien à Moscou, dans un contexte où de nombreux pays occidentaux accusent la Chine d’apporter une aide tacite à la Russie dans le conflit ukrainien, malgré sa position officielle de neutralité.
Le rapprochement entre la Chine et la Russie ces dernières années, sur les plans diplomatique, économique et militaire, s’est en effet accentué depuis le début de la guerre en Ukraine en février 2022. Une proximité incarnée par la relation personnelle jugée « amicale » entre les présidents Xi Jinping et Vladimir Poutine.
L’épineuse question de l’aide nord-coréenne à la Russie
Cependant, la décision récente de la Corée du Nord d’envoyer des troupes en Russie, laissant présager un possible déploiement en Ukraine, semble mettre Pékin dans une position inconfortable. D’après certains experts, la Chine redouterait les conséquences de cet accord militaire entre Moscou et Pyongyang sur la sécurité en Asie de l’Est.
La Chine, qui est historiquement le principal allié et soutien économique du régime nord-coréen, n’a pour l’instant pas commenté officiellement cette décision. Néanmoins, le président Xi a prévenu la semaine dernière son homologue américain Joe Biden que la Chine défendrait ses « intérêts fondamentaux » dans la péninsule coréenne.
« La Chine ne permet pas ni ne permettra qu’un conflit et des troubles se produisent dans la péninsule coréenne. Mais elle ne restera pas non plus les bras croisés lorsque sa sécurité stratégique sera menacée »
– Xi Jinping au président américain Joe Biden, selon l’agence Chine Nouvelle.
Quel équilibre pour Pékin entre Moscou et Pyongyang ?
Cette rencontre entre les chefs de la diplomatie chinoise et russe intervient donc à un moment charnière, où la Chine semble devoir composer avec les intérêts parfois divergents de ses deux alliés clés. D’un côté, Pékin souhaite maintenir son partenariat stratégique renforcé avec Moscou face aux pressions occidentales. De l’autre, elle doit gérer les ambitions militaires de la Corée du Nord qui pourraient déstabiliser son environnement régional.
Jusqu’où la Chine est-elle prête à soutenir la Russie dans la crise ukrainienne sans compromettre ses intérêts en Asie de l’Est ? Comment va-t-elle se positionner face à l’éventuel engagement de troupes nord-coréennes aux côtés de Moscou ? Les prochaines semaines pourraient apporter des éléments de réponses, alors que les regards restent braqués sur l’évolution des relations dans ce triangle diplomatique Pékin-Moscou-Pyongyang.