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Pump.fun Révolutionne les Frais Memecoins

Pump.fun vient de bouleverser son modèle économique : fini les incitations massives aux créateurs, place aux traders qui font vraiment vivre les memecoins. Mais que va vraiment changer cette refonte en profondeur ?

Imaginez un instant : vous lancez un memecoin en quelques clics, vous empochez une partie des frais de trading pendant des mois, même si personne ne s’intéresse vraiment à votre token. Trop beau pour être vrai ? C’était pourtant le quotidien de nombreux créateurs sur Pump.fun jusqu’à très récemment. Mais en ce début 2026, la plateforme qui a révolutionné le lancement de memecoins sur Solana décide de renverser la table.

Après plusieurs mois de réflexion et une première tentative d’ajustement avec le système Dynamic Fees V1, Pump.fun passe à la vitesse supérieure et recentre clairement son modèle économique autour de ceux qui font réellement vivre l’écosystème : les traders. Une décision audacieuse qui pourrait bien redessiner le paysage des memecoins en 2026 et au-delà.

Quand la plateforme réalise que les traders sont son véritable moteur

Pendant longtemps, la philosophie implicite de nombreuses plateformes de lancement était simple : plus il y a de tokens créés, mieux c’est. Chaque nouveau memecoin générait des frais, de l’activité, de la visibilité. Mais à force d’empiler les lancements, un constat s’est imposé : la majorité des tokens mouraient rapidement, faute d’intérêt réel de la communauté.

Le système récompensait alors essentiellement le geste de création plutôt que la capacité à générer un vrai engouement. Les créateurs pouvaient déployer des dizaines de tokens avec très peu de risque, sachant qu’ils toucheraient des frais même sur des projets fantômes. Une aberration économique que Pump.fun a décidé de corriger en profondeur.

Retour sur le précédent modèle : Dynamic Fees V1

Lancé à l’automne 2025 dans le cadre du projet Ascend, Dynamic Fees V1 introduisait une logique de frais dégressifs. Plus la capitalisation d’un token augmentait, plus les frais prélevés diminuaient. L’idée semblait séduisante sur le papier : encourager les créateurs à viser des projets ambitieux plutôt que des « pump & dump » express.

Malheureusement, la réalité a été différente. Les créateurs ont rapidement compris qu’ils pouvaient multiplier les lancements à faible risque, sachant que même une toute petite traction leur permettait de toucher des frais pendant longtemps. Le système, censé récompenser la qualité, a paradoxalement favorisé la quantité.

« Les creator fees ont pu biaiser les incitations vers la création de coins à faible risque plutôt que vers le trading à haut risque »

Cette phrase résume parfaitement le constat amer fait par les équipes de la plateforme après plusieurs mois d’observation.

La grande nouveauté : le partage des frais entre plusieurs wallets

Première étape concrète de cette refonte : la mise en place d’un véritable système de partage des frais. Désormais, les équipes peuvent répartir les revenus générés par leur token sur jusqu’à 10 wallets différents. Une flexibilité inédite qui ouvre la porte à des organisations beaucoup plus complexes.

Marketing, développement, modération communautaire, partenariats… les différents contributeurs peuvent enfin être rémunérés directement via les frais du token, sans passer par des mécanismes externes souvent opaques.

  • Répartition possible sur 10 adresses maximum
  • Pourcentages personnalisables à tout moment
  • Transfert de propriété du token facilité
  • Révocation de l’autorité de mise à jour possible

Ces fonctionnalités, déjà disponibles, constituent la première pierre d’un édifice beaucoup plus ambitieux qui se prépare pour les prochains mois.

Vers des frais décidés par le marché lui-même

La vraie révolution arrive dans les prochaines mises à jour. Pump.fun envisage en effet de laisser le marché décider si un token mérite ou non que son créateur touche des frais. Comment ? Par un mécanisme encore en cours de finalisation, mais qui devrait reposer sur des indicateurs de qualité et d’engagement communautaire.

Concrètement, plus un token génère d’intérêt authentique (volume de trading organique, nombre de holders uniques, activité sur les réseaux sociaux, etc.), plus les créateurs pourront conserver une part significative des frais. À l’inverse, les projets artificiels ou manipulés verraient leur part de frais réduite drastiquement, voire supprimée.

Une approche quasi-darwinienne où seul le marché, et non la plateforme, juge de la valeur réelle d’un projet. Une philosophie qui rappelle les principes fondamentaux de la décentralisation.

Pourquoi ce changement était devenu inévitable

Pour comprendre l’ampleur de cette décision, il faut se replonger dans l’histoire récente des memecoins sur Solana. Entre le second semestre 2024 et la fin 2025, Pump.fun a connu une croissance absolument phénoménale. Des centaines de milliers de tokens ont été lancés, certains atteignant des capitalisations à plusieurs dizaines voire centaines de millions en quelques heures.

Mais cette abondance a aussi révélé ses limites. La qualité moyenne des projets s’est effondrée, les manipulations se sont multipliées et la confiance globale dans l’écosystème a commencé à s’éroder. Les traders, lassés de perdre de l’argent sur des projets sans avenir, ont commencé à se détourner.

Face à ce constat, deux choix s’offraient à la plateforme : continuer à surfer sur la vague quantitative quitte à sacrifier la qualité, ou prendre le risque d’un repositionnement plus qualitatif. C’est cette seconde voie qui a été choisie, avec tous les risques que cela comporte.

Les gagnants et les perdants de cette nouvelle ère

Si l’on dresse un premier bilan des forces en présence, plusieurs catégories d’acteurs se dessinent :

  1. Les traders actifs : clairement les grands gagnants. En recentrant le modèle sur le trading, Pump.fun reconnaît leur rôle central et cherche à les récompenser indirectement via une meilleure qualité globale des projets.
  2. Les créateurs sérieux : ceux qui construisent de vrais projets avec une communauté engagée devraient profiter de cette nouvelle mouture. Les frais deviennent une juste récompense plutôt qu’un revenu passif.
  3. Les « farmers » de memecoins : ces utilisateurs qui lançaient des dizaines de tokens chaque semaine pour toucher des micro-frais vont probablement réduire fortement leur activité ou migrer vers d’autres plateformes moins regardantes.
  4. Les petits créateurs sans communauté : pour eux, la partie devient beaucoup plus difficile. Sans capacité à fédérer rapidement, les revenus seront très limités.

Cette redistribution des cartes devrait mécaniquement réduire le nombre total de lancements tout en augmentant sensiblement la qualité moyenne des projets qui survivent.

Quel impact sur l’écosystème Solana dans son ensemble ?

Pump.fun représente aujourd’hui une part très significative de l’activité économique sur Solana. Toute modification majeure de son modèle a donc des répercussions potentielles sur l’ensemble de la blockchain.

À court terme, on peut s’attendre à une baisse du nombre de nouveaux tokens créés quotidiennement. Mais cette baisse quantitative devrait être compensée par une augmentation qualitative : moins de projets, mais des projets mieux construits, avec de vraies communautés et de vrais cas d’usage.

Pour Solana, qui cherche depuis plusieurs années à dépasser son image de « blockchain des memecoins », cette évolution pourrait être bénéfique à moyen terme. Une meilleure qualité des projets memecoins renforce la légitimité de l’ensemble de l’écosystème et attire potentiellement des utilisateurs plus institutionnels ou plus sérieux.

Vers une maturité nécessaire du marché des memecoins ?

Le secteur des memecoins traverse actuellement une phase critique de son développement. Après l’euphorie initiale et la phase spéculative débridée, vient le temps de la professionnalisation.

Les plateformes pionnières comme Pump.fun ont deux options : soit elles restent des casinos géants où tout est permis, soit elles évoluent vers des environnements plus structurés où la valeur réelle (même minime) prime sur la pure spéculation.

En choisissant la seconde voie, Pump.fun prend un risque considérable : celui de perdre une partie de son volume au profit de concurrents moins regardants. Mais elle prend aussi le pari qu’un écosystème plus sain et plus durable attirera finalement plus d’utilisateurs et plus de capitaux à long terme.

Un pari risqué, mais potentiellement visionnaire.

Ce que les traders doivent surveiller dans les prochains mois

Pour les traders qui souhaitent tirer profit de cette transition, plusieurs éléments méritent une attention particulière :

  • L’évolution des indicateurs qui détermineront la part de frais conservée par les créateurs
  • Les premiers tokens qui bénéficieront du nouveau système de partage de frais (surtout ceux avec des équipes visibles et structurées)
  • Les migrations éventuelles de créateurs vers d’autres plateformes moins régulées
  • L’impact sur la liquidité globale des nouveaux lancements
  • Les premières statistiques officielles sur le nombre de lancements et leur qualité moyenne post-changement

Les prochains mois s’annoncent riches en enseignements pour quiconque s’intéresse de près ou de loin à l’univers des memecoins.

Conclusion : une refonte courageuse mais indispensable

En décidant de réorienter son modèle économique vers les traders plutôt que vers les créateurs, Pump.fun prend un risque calculé mais nécessaire. Après avoir été le symbole de l’explosion spéculative des memecoins sur Solana, la plateforme cherche désormais à incarner leur maturité.

Entre réduction quantitative et amélioration qualitative, entre perte potentielle de volume à court terme et gain de légitimité à long terme, le chemin sera semé d’embûches. Mais si la transition réussit, elle pourrait bien marquer un tournant décisif dans l’histoire des memecoins et, par extension, dans celle des blockchains grand public.

Reste désormais à observer comment le marché, dans sa grande sagesse chaotique, réagira à ces changements structurels. Une chose est sûre : l’année 2026 s’annonce passionnante pour tous les acteurs de cet écosystème hors normes.

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