Lors d’un entretien accordé mercredi à Addis-Abeba, le ministre djiboutien des Affaires étrangères Mahmoud Ali Youssouf, candidat au poste de président de la Commission de l’Union africaine (UA), a tiré la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire préoccupante dans plusieurs pays du continent. Il a notamment évoqué les problèmes de gouvernance qui minent certains États africains, citant les récents coups d’État militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger, ainsi que le conflit dévastateur qui ravage le Soudan depuis près de 20 mois.
Un continent en proie à de multiples défis
«Le continent connaît beaucoup de difficultés en ce moment avec des changements anticonstitutionnels, des crises politiques (…) dans certains pays, des conflits ouverts comme au Soudan, des tensions entre un certain nombre d’États», a déploré Mahmoud Ali Youssouf. Selon lui, ces problèmes de gouvernance constituent un frein majeur au développement économique de l’Afrique et à la mise en place d’une zone de libre-échange à l’échelle continentale.
La paix et la sécurité comme priorités
Face à ces défis, le chef de la diplomatie djiboutienne estime que la future Commission de l’UA devra placer la paix et la sécurité au cœur de ses priorités. Il a notamment insisté sur la nécessité de lutter contre les mouvements djihadistes qui sévissent au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, deux régions particulièrement touchées par l’instabilité et les violences.
Je crois qu’il y a un problème de gouvernance dans ces pays-là.
Mahmoud Ali Youssouf, ministre djiboutien des Affaires étrangères
L’Afrique face à l’administration Trump
Interrogé sur le retour au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis, Mahmoud Ali Youssouf a adopté une position pragmatique, affirmant que «l’Afrique jugera sur la politique qui sera avancée par la nouvelle administration, sans avoir de préjugés». Il faut dire que lors de son premier mandat, le milliardaire républicain avait multiplié les déclarations polémiques à l’égard du continent, évoquant notamment des «pays de merde» et confondant la Namibie avec un pays imaginaire.
Une Afrique qui s’affirme sur la scène internationale
Malgré ces challenges, le ministre djiboutien s’est voulu optimiste quant à l’avenir du continent : «Je suis optimiste parce que l’Afrique est en train de prendre sa place sur la scène internationale». Il a notamment salué la présence de l’UA au sein du G20 et la volonté de créer deux sièges permanents au Conseil de sécurité de l’ONU pour des pays africains.
Une élection cruciale pour l’avenir de l’UA
Pour succéder au Tchadien Moussa Faki Mahamat à la tête de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf sera opposé au vétéran de l’opposition kényane Raila Odinga et au Malgache Richard Randriamandrato. L’élection, qui aura lieu en février prochain lors du sommet de l’organisation continentale, se fera par vote secret à la majorité des deux tiers des États membres ayant le droit de vote. Un scrutin crucial qui déterminera la capacité de l’UA à relever les nombreux défis auxquels fait face le continent africain.