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Pourquoi l’Or et l’Argent S’Effondrent Après la Nomination Fed de Trump

L'or perd brutalement 11,58% et l'argent s'effondre de 32% en une séance après l'annonce surprise de Donald Trump sur son choix pour diriger la Fed. Pourquoi ce revirement brutal rassure-t-il autant les marchés ? La réponse pourrait tout changer pour les métaux précieux...

Imaginez une semaine où l’or atteint des sommets historiques inégalés, porté par une vague d’inquiétudes planétaires, pour ensuite s’effondrer de plus de 11 % en une seule séance. Ajoutez à cela une chute encore plus spectaculaire de l’argent, perdant près du tiers de sa valeur en quelques heures. C’est exactement ce qui s’est produit vendredi, suite à une annonce inattendue venue tout droit de la Maison Blanche.

Les métaux précieux, souvent considérés comme des refuges ultimes en période d’incertitude, ont subi une correction d’une violence rare. Derrière ce mouvement brutal se cache un élément clé : la confiance renouvelée dans l’institution la plus puissante du système monétaire mondial, la Réserve fédérale américaine.

Une chute historique déclenchée par une nomination

Les cours de l’or et de l’argent ont connu une ascension fulgurante ces derniers jours. Les investisseurs, inquiets face à diverses menaces économiques et géopolitiques, s’étaient rués sur ces actifs tangibles. Puis, en l’espace de quelques heures vendredi, tout a basculé.

L’or a perdu 11,58 % pour s’établir autour de 4 752 dollars l’once vers la fin de la séance européenne. Quant à l’argent, la correction a été encore plus sévère avec une dégringolade de 32 % jusqu’à environ 78,67 dollars l’once. Ces chiffres impressionnants traduisent une réaction immédiate et massive des marchés.

Le choix de Kevin Warsh change la donne

Donald Trump a officialisé son intention de nommer Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale. Ancien gouverneur de la Fed, cet économiste est perçu comme un profil sérieux et expérimenté. Cette décision a immédiatement été interprétée comme un signal positif par les opérateurs de marché.

Contrairement à d’autres noms qui circulaient auparavant, Kevin Warsh est vu comme quelqu’un qui respecte profondément l’indépendance de la banque centrale. Cette qualité essentielle a rassuré les investisseurs qui craignaient une politisation excessive de l’institution monétaire américaine.

« Les marchés estiment qu’un candidat plus conventionnel, qui ne soit pas un simple instrument de Trump, est un frein à la spéculation sur l’or, car elle pourrait restaurer la confiance dans l’indépendance institutionnelle de la Fed. »

Cette analyse d’un spécialiste des marchés résume parfaitement le sentiment dominant vendredi. La perspective d’une Fed qui conserve son autonomie a suffi à faire s’évaporer une partie de la prime de risque qui gonflait artificiellement les cours des métaux précieux.

Les autres candidats écartés renforcent le soulagement

Parmi les profils qui avaient été évoqués ces derniers jours figuraient des personnalités perçues comme moins indépendantes ou moins expérimentées. Leur mise à l’écart a contribué à apaiser les craintes d’une mainmise directe du pouvoir exécutif sur la politique monétaire.

Les investisseurs redoutaient en effet une ère où les décisions de taux seraient davantage dictées par des considérations politiques que par des impératifs économiques. Le choix finalement annoncé a donc agi comme un puissant antidote à ces appréhensions.

Un dollar plus fort accentue la pression baissière

L’annonce a également provoqué un rebond marqué du dollar américain. Or, comme les métaux précieux sont libellés en dollars, une devise plus forte rend mécaniquement ces actifs plus chers pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies. Ce facteur technique a amplifié la correction observée.

Le renforcement du billet vert s’explique par la dissipation des craintes d’une Fed trop accommodante ou sous influence politique. Un retour à une certaine orthodoxie monétaire est généralement perçu comme positif pour la monnaie américaine.

Les raisons profondes du rallye précédent

Avant ce retournement spectaculaire, l’or et l’argent avaient connu une progression impressionnante. Depuis le début de l’année, l’or avait gagné près de 30 % tandis que l’argent affichait une hausse proche de 70 %. Plusieurs facteurs expliquaient cet engouement.

Inquiétudes sur l’indépendance de la Fed

Depuis plusieurs mois, des pressions répétées ont été exercées sur la Réserve fédérale pour qu’elle abaisse davantage ses taux directeurs. Ces interventions publiques ont semé le doute quant à la capacité de l’institution à prendre des décisions indépendantes et objectives.

Dans ce contexte, l’or, traditionnellement perçu comme une assurance contre les dérives monétaires, avait trouvé un terrain particulièrement fertile. Les investisseurs achetaient massivement le métal jaune pour se prémunir contre un possible affaiblissement des garde-fous institutionnels.

Autres facteurs de soutien structurel

Au-delà des incertitudes autour de la Fed, plusieurs éléments fondamentaux soutenaient les métaux précieux :

  • Les menaces de hausses tarifaires généralisées
  • Les tensions persistantes au Moyen-Orient et en Amérique latine
  • Les interrogations croissantes sur la soutenabilité de la dette publique mondiale
  • Une demande industrielle soutenue, notamment pour l’argent dans le secteur solaire et électronique

Ces différents moteurs avaient propulsé les cours à des niveaux records la veille même de l’annonce présidentielle. L’or avait touché 5 595 dollars l’once et l’argent 121,65 dollars, des sommets historiques.

Un contexte de forte volatilité

Cette ascension rapide s’est accompagnée d’une volatilité extrême. Les mouvements de prix brutaux ont poussé de nombreux investisseurs à réduire leur exposition pour limiter les risques de pertes importantes en cas de retournement soudain.

La violence de la correction de vendredi s’explique en partie par ce phénomène : de nombreux acteurs attendaient simplement un catalyseur pour concrétiser leurs profits après une hausse aussi rapide.

Kevin Warsh : un profil rassurant mais nuancé

Ancien gouverneur de la Fed, Kevin Warsh est généralement décrit comme un défenseur convaincu de l’indépendance de la banque centrale. Cette réputation constitue l’élément central qui a permis aux marchés de retrouver un certain calme vendredi.

Cependant, son positionnement n’est pas totalement dépourvu d’ambiguïté. S’il était autrefois perçu comme favorable à une politique monétaire plus restrictive, il a récemment exprimé un soutien à une baisse des taux directeurs. Certains analystes y voient une évolution tactique destinée à faciliter sa nomination.

« Warsh est un fervent défenseur de l’indépendance de la Fed ; les craintes de son érosion devraient donc s’estomper. »

Cette citation d’un expert renommé illustre bien le soulagement dominant. Même si des interrogations subsistent sur l’orientation future de la politique monétaire sous sa direction, l’essentiel semble acquis : la Fed devrait conserver une large autonomie décisionnelle.

Comparaison avec les autres profils envisagés

Les deux autres noms qui circulaient ces derniers jours étaient perçus bien différemment. Ils étaient considérés comme moins expérimentés dans la conduite de la politique monétaire et potentiellement plus sensibles aux desiderata de l’exécutif. Leur éviction a donc renforcé l’effet positif de l’annonce finale.

Prises de bénéfices massives et dynamique de marché

Au-delà de l’impact fondamental de la nomination, la violence de la correction s’explique aussi par des facteurs techniques et psychologiques. Après une hausse aussi rapide et importante, les positions longues étaient très nombreuses.

La moindre occasion de réaliser des profits substantiels a déclenché une vague massive de ventes. Ce phénomène de prises de bénéfices s’est trouvé amplifié par la soudaineté et la clarté du signal envoyé par la Maison Blanche.

La difficulté de gérer des positions dans un marché volatil

La rapidité des mouvements a rendu complexe l’exécution efficace des ordres. Dans un tel environnement, de nombreux investisseurs institutionnels préfèrent réduire leur exposition plutôt que de risquer des pertes incontrôlables en cas de poursuite du mouvement baissier.

Cette dynamique explique pourquoi la correction a été bien plus prononcée que ce qu’aurait pu laisser présager le seul changement de perception fondamentale.

Perspectives pour les métaux précieux

Malgré la violence de la correction de vendredi, plusieurs observateurs estiment que les fondamentaux de long terme restent solides pour l’or et, dans une moindre mesure, pour l’argent.

L’or conserve de solides arguments

Les incertitudes géopolitiques, les menaces commerciales, les interrogations sur les niveaux d’endettement mondial et les doutes persistants sur la soutenabilité de certaines politiques économiques continuent de plaider en faveur du métal jaune comme valeur refuge.

De nombreux analystes considèrent donc que la baisse actuelle pourrait représenter une opportunité d’achat pour les investisseurs ayant une vision de long terme, une fois la poussière retombée et la volatilité apaisée.

L’argent plus vulnérable à certains changements

La situation apparaît plus contrastée pour l’argent. Si le métal conserve un rôle de valeur refuge, sa forte composante industrielle le rend plus sensible aux évolutions de la conjoncture économique mondiale.

Certains observateurs notent par ailleurs que l’argent devient de plus en plus coûteux pour les fabricants de panneaux solaires, ce qui pourrait les inciter à se tourner vers des matériaux alternatifs. Cette tendance, si elle se confirmait, pourrait peser sur la demande industrielle et donc sur le cours du métal blanc.

Les métaux industriels également touchés

Le mouvement baissier n’a pas épargné les autres métaux. Le cuivre, souvent considéré comme un baromètre de la santé économique mondiale, a également nettement reculé vendredi. Ce mouvement généralisé des métaux suggère que la baisse des métaux précieux s’inscrit dans un contexte plus large de retour à une certaine aversion au risque sur les matières premières.

Conclusion : entre soulagement et incertitudes persistantes

La violente correction subie par l’or et l’argent vendredi illustre la sensibilité extrême des marchés à toute évolution susceptible de modifier la perception de l’indépendance de la Réserve fédérale. Le choix de Kevin Warsh a agi comme un puissant facteur de stabilisation, dissipant les craintes d’une politisation excessive de la politique monétaire américaine.

Cette réaction brutale rappelle également que les marchés financiers fonctionnent souvent par anticipation et excès. Après avoir intégré des scénarios pessimistes extrêmes, ils peuvent sur-réagir à toute nouvelle information qui va dans le sens opposé.

Pour autant, les fondamentaux de long terme qui avaient soutenu la hausse précédente n’ont pas disparu du jour au lendemain. Les incertitudes géopolitiques, commerciales et budgétaires restent bien présentes. La correction actuelle pourrait donc n’être qu’une pause dans un marché qui restera probablement très volatil dans les mois à venir.

Les investisseurs devront naviguer avec prudence entre ces différentes forces contradictoires. D’un côté, un retour apparent à une certaine orthodoxie institutionnelle ; de l’autre, des risques systémiques qui n’ont pas disparu. Le métal jaune conservera sans doute son statut de valeur refuge privilégiée, mais le chemin jusqu’aux prochains sommets pourrait être semé d’embûches et de fortes secousses.

Une chose est sûre : l’annonce de vendredi a brutalement rappelé aux marchés que la politique monétaire reste l’un des principaux moteurs des prix des actifs financiers, y compris ceux traditionnellement considérés comme des refuges contre les errements des banques centrales.

À suivre de très près dans les prochaines semaines, alors que le processus de nomination suivra son cours et que les marchés continueront d’évaluer les véritables intentions et la marge de manœuvre du futur président de la Fed.

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