Un fonctionnaire de police au cœur d’une série d’agressions effroyables
Imaginez une jeune fille de 17 ans attendant son bus scolaire par un froid matin d’hiver. Le jour n’est pas encore levé, la route est déserte, et soudain une voiture s’arrête. Un homme cagoulé en descend, armé d’un couteau, et force l’adolescente à monter. Ce qui suit est un cauchemar : transportée dans un bois isolé, elle subit un viol avant de réussir à s’échapper. Près d’un an plus tard, les enquêteurs arrêtent l’auteur présumé : un policier expérimenté du commissariat local.
Cette histoire n’est pas une fiction. Elle s’est déroulée dans la commune de Nersac, près d’Angoulême, et elle n’est que le point de départ d’une série d’actes violents qui ont terrorisé plusieurs femmes. L’homme en question, âgé de 45 ans, père de famille divorcé, a fini par reconnaître les faits après avoir initialement nié. Son profil détonne : ancien membre d’unités spécialisées, formateur en techniques d’intervention et moniteur de tir, il connaissait parfaitement les rouages des enquêtes policières.
Le déroulement glaçant des faits
Tout commence le 31 janvier 2025. La victime, une lycéenne, se trouve à l’arrêt de bus sur la route de Pombreton à Nersac. L’agresseur, visage dissimulé, menace avec une arme blanche et l’oblige à monter dans son véhicule. Direction un chemin boisé isolé. Là, il commet des actes sexuels forcés avant de la libérer. La jeune fille, traumatisée, parvient à alerter son entourage et les autorités.
Malgré les investigations, l’enquête piétine pendant des mois. L’agresseur semble avoir pris soin de brouiller les pistes… jusqu’à ce que sa prudence s’effrite. À partir de novembre 2025, les faits s’enchaînent à un rythme accéléré. Les victimes, toutes des femmes seules le matin tôt, décrivent un mode opératoire similaire : une voiture qui s’approche, une vitre qui baisse, une menace proférée d’une voix froide – souvent « Monte ou je te bute » – et une tentative de les faire monter de force.
Parmi les cas recensés : une agression le 19 novembre 2025 à Nersac sur une sexagénaire, puis d’autres tentatives à Saint-Michel le 26 décembre 2025, à Angoulême le 1er janvier 2026, à Gond-Pontouvre le 5 janvier 2026. Les âges des victimes varient : 18, 19, 53 ans… et enfin, le 6 janvier 2026, une femme de 60 ans qui promenait son chien parvient à se défendre avec un canif et à faire fuir son agresseur. Ce dernier épisode fournit des indices décisifs.
« Le fait que ce soit un policier, c’est encore pire. On ne peut plus avoir confiance en personne, en rien. »
Témoignage d’une victime
Les enquêteurs, aidés par la vidéosurveillance, la géolocalisation téléphonique et des analyses ADN, établissent rapidement le lien entre ces affaires. Confronté aux preuves accablantes, notamment son propre profil génétique relevé sur la scène du viol initial, l’homme passe aux aveux complets.
Un profil paradoxal et une escalade fulgurante
Ce qui rend cette affaire particulièrement troublante, c’est le parcours du mis en cause. Âgé de 45 ans, il a exercé dans des unités d’intervention comme la BAC, où il a acquis une expertise en sécurité et en combat. Passionné de sports de combat, il pratiquait le MMA à un niveau quasi professionnel et enseignait les techniques d’intervention au sein même du commissariat. Moniteur de tir, il avait accès aux armes de service dans le cadre de sa formation.
Pourtant, rien dans son apparence ou son comportement quotidien ne laissait présager une telle dérive. Des proches du milieu sportif notent qu’il a « totalement vrillé » au cours de l’année écoulée. La fréquence des agressions augmente de manière exponentielle : mensuelle au départ, puis presque quotidienne dans les jours précédant son interpellation le 13 janvier 2026.
Les spécialistes de la criminologie soulignent une absence totale de prudence malgré sa connaissance intime des méthodes d’enquête. Cette impulsivité suggère une perte de contrôle liée à des pulsions irrépressibles. Son arrestation pourrait inciter d’autres potentielles victimes à se manifester, tant le mode opératoire semble rodé et répétitif.
Les conséquences sur les victimes et la communauté
Les impacts psychologiques sur les victimes sont profonds et durables. La jeune fille de 17 ans a subi un enlèvement, une séquestration et un viol sous la menace d’une arme – des faits qualifiés criminels. Les autres femmes, bien qu’ayant échappé au pire, vivent avec la peur et le traumatisme d’avoir été ciblées de manière si violente.
Dans les petites communes comme Nersac, l’émotion est palpable. Les habitants expriment à la fois du soulagement – l’agresseur est sous les verrous – et une stupeur immense. Comment un représentant de l’ordre a-t-il pu commettre de tels actes ? La confiance envers les forces de l’ordre s’en trouve ébranlée localement, même si l’affaire reste exceptionnelle.
- Une montée en puissance des pulsions observable sur plusieurs mois
- Des victimes de tous âges, souvent isolées le matin tôt
- Un mode opératoire répétitif : menace armée, tentative de forcer à monter en voiture
- Une identification facilitée par des traces ADN et télématiques
La dernière victime, une sexagénaire courageuse, a réussi à se défendre physiquement. Son témoignage détaillé a été déterminant pour boucler le dossier. Elle décrit le choc moral et physique persistant, soulignant que « le préjudice ne s’en va jamais ».
Une affaire qui interroge la sécurité publique et la déontologie
Au-delà du cas individuel, cette histoire pose des questions plus larges. Comment un fonctionnaire formé à la protection peut-il basculer dans une telle violence ? L’accès aux armes et aux savoir-faire policiers a-t-il joué un rôle dans son sentiment d’impunité initial ?
Les autorités ont réagi rapidement une fois les preuves réunies : mise en examen pour enlèvement, séquestration pour faciliter un crime, agression sexuelle avec arme, viol avec arme, et tentatives d’enlèvement multiples. La détention provisoire a été requise et obtenue. L’enquête se poursuit pour écarter toute autre victime potentielle.
Dans une société où la sécurité repose sur la confiance mutuelle, ce genre de dérive frappe durement. Elle rappelle que personne n’est à l’abri de dérives humaines, même parmi ceux chargés de nous protéger. Elle souligne aussi l’importance cruciale des enquêtes minutieuses, des preuves scientifiques et du courage des victimes pour faire éclater la vérité.
Alors que l’homme est désormais incarcéré, les victimes entament un long chemin de reconstruction. La communauté, choquée, espère que justice sera rendue pleinement. Cette affaire, par son caractère exceptionnel et révoltant, marque durablement les esprits dans la région et au-delà.
Les mois à venir révéleront peut-être d’autres éléments. Pour l’instant, le silence des victimes et la sidération générale dominent. Une chose est sûre : derrière chaque agression se cache un traumatisme qui ne s’efface pas facilement. Et quand l’agresseur porte l’uniforme, la blessure collective est encore plus profonde.









